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03/08-Aventures au Maroc - Djekler

 
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Les Animateurs
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MessagePosté le: 02 Avr 2008, 08:44    Sujet du message: 03/08-Aventures au Maroc - Djekler Répondre en citant

 
 
 

Djeckler défie le Désert ...
 
 
Prélude.
 
C'est mon troisieme voyage au maroc, une fois en troupeau (voyage fumette d'étude), une fois avec quelque amis et celle qui allait devenir ma femme...A chaque fois, j'ai été impressionné par les routes, par les paysages.
A chaque fois je me suis juré de revenir ici en moto.
J'ai même décidé depuis longtemps quelles routes je voulais prendre, où je voulais aller...
Et puis mariage, femme pas trés moto, enfant, ça semblait de plus en plus difficile.
 
Sept 2007: ma douce, d'origine marocaine me fait savoir qu'elle souhaite amener la petite là bas pour une sorte de pélerinage, genre de truc pas prêt de m'interresser....par contre ça me laisse une quinzaine de jours tranquilles pour orgniser mon trip, voir plus si je prends de la marge...
Pendant de longs mois je ne fais rien que rêver en consultant des sites, des blogs, mais à part commander des valises pour la machines, rien de concrêt. J'en parle chez les bitumeurs, quelques personnes semblent interessées mais rien de ferme.....
 
Vu que je suis seul en jeu, je m'organise comme je veux, c'est a dire pas du tout.
 
Je commanderai des valises pour la machine 10 jours avant, j'aurai mon passeport la veille de mon depart!
J'ai pas prévu de budget, les valises m'ont couté les yeux de la tete: +de 600€, il va falloir les revendre dés mon retour.
J'ai pas réussi à reporter tous mes échéances professionelles, il va falloir rentrer vite.......
 
Mais c'est pas grave.
Ce dont j'ai besoin c'est de me vider la tete, faire de la route, beaucoup de route et voir des paysages. Beaucoup aussi.
J'ai aussi besoin de me prouver que je peux partir comme ça seul, longtemps, loin...
 
Vous n'aurez pas de photo de ville: j'en ai pas visité ou juste de passage.
Peu d'anecdotes autres que celles liées directement à la route et la moto, peu de rencontres.
 
Je n'ai ramené aucun souvenir, et je n'ai pris mon appareil photo que pour ce compte rendu...
 
C'est tout sauf un voyage culturel, certains d'entre vous trouveront ça bourrin, absurde, gachi de temps et d'argent.
 
Il n'y a pas de conclusion, pas de morale,
 
 
mais....
 
 
moi....
 
 
J'ai bien pris mon pied!
 
 
 
 
 
Jour 1: Mardi 26 - Issy-les-Moulineaux - Tours 250km

J'ai déposé les femmes de ma vie hier matin à Roissy, et j'entends encore les PAPA! de  la petite qui s'éloigne dans les bras de sa mère vers la salle d'embarquement.
A l'heure qu'il est elles découvrent l'appartement familiale que mes beaux parents viennent d'acquérir à Kenitra.

J'ai prévu de partir aujourd'hui à l'aube.....Il est donc 19h quand je pointe devant ma meule, valises chargées.
Tout la journée n'a été qu'une course contre la montre: ranger l'appart, lancer les lessives, et les étendre, partir changer l'inforad récemment acheté mais en panne, chercher des sur-bottes en cas de pluie, décider au dernier moment de partir avec un écran de casque neuf, sortir le max de fric au distrib,  fouiller à la cave pour y remonter réchaud au gaz, duvet, et tente, recharger l'appareil photo numérique à bloc, vider sa mémoire, vider le frigo..merde, l'aventure , j'en avais franchement une autre vision.

Par défi, je fais mon sac un peu au hasard en emportant presque n'importe quoi.
 
La nuit va bientôt tomber, je m'en fous je roulerai jusqu'à 1 heure du mat, je trouverai un formule1 ou similaire à l'endroit ou je serai. De toute façon je n'ai pas de carte de France ni d'Espagne, ni de gps, je sais juste qu'il me faut prendre la A10 jusqu'en Espagne, après on verra bien.
Je fixe un matelas de camping sur l'une des valises,  j'enfile les gants et ma veste, et je regarde la moto. je trouve qu'elle a une allure bizarre, quelque chose qui lui manque.......La selle passager!
 
Bien sur je l'ai oubliée à Paris. La semaine dernière j'ai passé une grosse soirée, moto rentrée dans mes bureaux pour y faire un peu de soudure pour connecter une prise USB  et des cosses au faisceau électrique afin d'y recevoir l'Inforad  et surtout installer les supports de valises que je venais de recevoir.
J'ai déposé la selle dans un coin, elle y est toujours. Si je pars sans, je peux aussi laisser le casque et le blouson supplémentaire..vider complètement le top case quoi, et faire une croix sur la petite virée prévue avec ma douce...
J'imagine sa tête: va falloir aller chercher cette putain de selle.

C'est la premiere fois que je roule avec les deux valises chargées. Avec le top case qui réhausse le centre de gravité et la pointe des pieds qui touchent à peine la route, j'ai franchement pas envie de me taper 15km de periph à une heure d'affluence.
Périph, récupération de la selle, je prends la A6 puis la A10, il est 20h passé.
J'espère que c'est la fin des contretemps, j'ai la satisfaction de voir l'Inforad se mettre en route et m'éviter peut-ètre déja des pertes de point.
Je pense toujours rouler jusqu'à 1h...mais vers 22h j'arrive sur une longue file de véhicules arrétés impossible à remonter.
Autoroute bloquée, un semi remorque est en feu d'aprés la merco derriere moi qui écoute autoroute FM.
Béquille centrale, je deballe quelques affaires pour vérifier si mon montage USB branché sur la batterie fonctionne: téléphone comme lecteur MP3 se mettent bien en charge, tant mieux, j'avais pas de solution de rechange!

Allongé sur la moto, la tete dans le casque et les pieds sur le guidon...je pionce un peu plus d'une heure avant d'entendre les moteurs redemarrer devant moi.

Super bonne journée de voyage, je suis à Tours vers 00h30, j'ai fait 250km. je me trouve un Étape hôtel, gare la moto devant la fenêtre de ma chambre, U et alarme, je ne prends que le strict nécessaire et ce qui est précieux. je vérifie les cadenas des valises, j'ai vérifié ce matin qu'une tentative d'ouverture des valises declenche bien l'alarme.
 
 
 
 
Jour 2 :Mercredi 27 fevrier Tours- Valladolid 980km (1230km)
 
Aujourd'hui faut assurer...........mais j'ai oublié de mettre mon réveil.
Je pars donc vers 9h30 10h après un gros petit déj. Le rechargement de la moto m'a aussi pris des plombes. Évidemment je déclenche l'alarme, je l'utilise si peu en temps normal que ça m'arrivera un jour sur trois pendant tout mon périple.
Surprise désagréable: à partir de 160kmh, pour peu que la chaussée soit légèrement inégale, la moto pars en louvoiement. Touratech prévenait du phénomène lorsque j'ai acheté les valises.

Re-surprise désagréable, toujours à cause des valises, ma consommation à fait un bon phénoménal: je ne fais plus que 250km avec un plein au lieu des 350/400 habituels. Mais j'ai perdu trop de temps, je ne peux pas ralentir car je ne m'autorise plus qu'une nuit avant le Maroc: reste 2jours pleins pour faire 1750km . Ma journée ne sera rythmée que par les pleins.
J'ai mal au cul, les jambes s'engourdissent et je m'emmerde.

J'inaugure un truc que je n'avais jamais fais: intra-auriculaires profondément enfoncés dans les oreilles, j'écoute mon baladeur. Ma playliste est le seul truc que j'ai passé du temps à préparer. J'ai rempli mon baladeur tout neuf d'emmissions podcastées depuis un mois sur Franceinter,et sur francecul, des conférences diverses de l'udtls, des pieces de théatre et une 20aines d'albums divers pas trop speeds.
L'avantage c'est qu'en intra ça joue le role de bouchons d'oreilles, du coup je ne suis même pas obligé de monter le volume trés fort. Et c'est tant mieux car j'ai un MP3 avec touches sensitives...donc non manipulable avec des gants: Boulet one day, boulet for ever.
playlist: Morcheeba, air, dizzy gillespi / Emissions: rendez vous avec X, Metropolitain...

Poitier -Angouleme - Bordeaux- Bayonne - 550km....

Merde, avant l'Espagne faut que je trouve un distrib de ma banque. J'ai décidé de n'emporter que du liquide pour l'Espagne et le Maroc pour éviter des frais de change de 9€ par utilisation de CB. 300€/jour avec ce que j'ai sortie hier, j'aurai 600€ pour mon voyage, je ne sais si c'est beaucoup ou peu, et j'ai pas franchement envie d'y reflechir. Et pourtant du temps pour la réflexion c'est pas trop ça qui me manque...Je passe la frontière à Hendaye vers 16 heures.
 
C'est la premiere fois de ma vie que je met les pieds en Espagne! Je réalise que je ne sais même pas dire ni bonjour ni au revoir, ni oui ni non!
Plus grave, je ne sais pas ou je vais: dans mon esprit l'Espagne c'est un carré irrégulier de 10cm par 15 sur la carte du monde punaisée dans mes toilettes.
Je matte rapidement une carte dans une station service et je note les villes grossièrement situées sur une droite Côte Basque/Gibraltar.
Demerdes toi avec ça.

Décéption: l'autoroute est limitée à 120, soulagement (?), je vais trés vite la perdre en suivant les indications que j'ai noté à la station service.
Je suis trompé par le fait que les nationales ont un nom qui commence par un A...et qu'elles portent plusieurs noms simultanément je suis donc sur la A124 A2124 BU-750 et je roule plein sud si je me fie au soleil.

Un vrai boyscout, l'aventure facile.

18h: je quitte le pays Basque pour la Castille je ne vois plus le soleil, des nuages noirs s'ammoncellent à l'horizon. 30mn plus tard il pleut. Saleté. La nuit tombe et j'ai juste le temps de m'équiper sous un pont.
21h: je pensais arriver au moins à Madrid, je commence à me demander ou dormir.
je porte depuis mon depart un pantalon moto acheté chez Hein Gerick samedi dernier (modele femme vue les gabarits allemands) C'est la premiere fois que je porte un pantalon moto et j'ai jamais été aussi bien sur une moto! au sec, au chaud, protections bien integrées. Comment ais-je pu rouler en treillis ou pince toutes ces années?
22h: le traitement anti-buée de ma visière neuve réagi bizarrement, additionnée à l'averse, je n'y vois plus qu'à 1 seconde devant moi. Je m'arrète 5 fois en 5km pour tenter de nettoyer l'écran. Je prends finalement 15 minutes pour virer completement la protection en l'essuyant doucement avec mon t.shirt de la veille.
 
Les deux petits phares longue porté additionels me lachent: il y avait un faux contact depuis toujours lorsque je braquais complètement à gauche, les fils ont du se sectionner à la tête de fourche. Je devait bien réparer ce truc là mais depuis deux ans que ça tenait, j'avais eu un coup de flemme. Et puis je ne pensais pas en avoir besoin puisque il n'était pas question de rouler de nuit...

23h30: Valladolil. (1230km)
Je tourne 1h30 dans les faubourgs pour trouver un hotel qui ne soit ni trop cher, ni complet. Pas question de sortir la tente, son étanchéité ne tiendra pas 2 heures. Sous des trombes d'eaux je devine l'enseigne d'un formule1: génial, je ne merite pas mieux.

Le formule1 en france c'est un distributeur de clef avec CB et 5 minutes pour rentrer dans sa chambre. Là, il me faut 1h30 pour obtenir mon pass d'accés de la part de l'employée qui a décidé d'enregistrer un car entier de scolaires venus visiter la ville.
Je goute doucement dans le hall. Mes rangers sont trempées, les surbottes n'ayant tenu l'étanchéité que deux ou trois heures. Mes gants d'hiver sont aussi gorgés d'eau pour la premiere fois de leur vie.
J'ai 2 mm d'eau au fond d'une des valises: la faute à un trou de 3 mm que j'ai percé par erreur de dessin lorsque j'ai assemblé les supports.
Dernière réjouissance, les radiateurs des F1 sont disposés au plafond. En modifiant un cintre et avec un peu de fil éléctrique, j'y suspends comme je peux mes grolles, mes surgrolles et mes gants.
Moto garée sur le parking juste devant l'entrée, antivol + alarme, je ne prends que mon sac de vètements et ma sacoche de réservoir. J'espeèe qu'il pleut trop pour les voleurs espagnols.

Marre.
Mais pas fatigué.
 
 
 
 
3eme jour: jeudi 28: Valladolil Algesiras 780km (1980km)

Départ sans douche ni dejeuner. Y a rien dans ce formule1 à part des distributeurs automatiques de confiserie. On verra plus tard.
Le temps est incertain, ciel de traine mais il ne pleut plus pour l'instant.
La route est agréable, bonne nationale qui longe sur des centaines de km le chantier de la futur autoroute. Gigantesques camions de carriere, gigantesques silhouettes de taureaux et le soleil finit par revenir.
J'évite Madrid et prend la direction Grenade puis coupe un peu vers l'ouest vers Seville. je quitte la Castille pour l'Andalousie. 15/25° ça commence à sentir les vacances, quelques motos espagnoles.
Playlist: Morcheba, Aretha Franklin, emissions: le masque et la plume, les nuits magnétiques, des papous dans la tête...

Je me demande sans cesse ce que je suis en train de faire à cramer de l'essence comme ça , le trajet est tellement long et j'aurai si peu de temps au Maroc...
Je me demande aussi ce que je vais pouvoir raconter sur cette première partie du voyage...

Premiere photo station essence à Seville, 17h...histoire de garder une memoire de l'etat de ma moto au depart, j'espere que j'aurai pas à comparer avec une photo de fin de voyage dans un autre état.
 

Le trajet Seville - Algesiras au soleil déclinant est une fuite vers les vacances, les palmiers aidant, j'ai l'impression d'être en californie...
 
Algesiras 19h,  km1980
Je trace direct sur le port, je me prends une grande calque dans le casque sur la rocade qui descend vers l'embarcadère. des parkings géants, des dizaines de grues géantes. C'est pas un grand port mais c'est la porte de l'Afrique.     
 
 
Je suis le parcours fleché pour le Maroc.
Avant même de m'arreter deux mecs me bloquent la route, me disent où me garer et viennent me harceler pour m'accompagner au bureau de vente des billets.
Le hic: pour l'un c'est à droite à 100 mètre, pour l'autre c'est en ville.
Ils me tirent carrement chacun d'un coté. J'en dégage un facilement, l'autre s'accroche.....
 
J'ai 800km dans les pattes, déja pratiquement une journée de retard faut pas me faire chier. Il me jure même que pour moi le billet sera gratuit (promoçionnes exeptionales).
En ville comme sur le port il y a peut-être une 50aine de boutiques de ventes de billets.

J'appelle ma belle mère qui fait regulièrement le trajet en auto pour lui demander conseil sur la meilleure façon d'embarquer: Elle me déconseille de débarquer au maroc ce soir si je ne sais ou dormir, Tanger n'étant pas une ville trés acceuillante pour le touriste naïf...
 
 
Retour en ville, je me trouve un hotel en face de l'embarcadère: 36€. je gare la moto sur un parking surveillé au pied de l'hotel: 15€ la nuit, no comment.

Douche, change. petite photo depuis la fenêtre. C'est en faisant le point sur ces deux jours que je me rends compte que je n'ai rien mangé et rien bu depuis Paris, soit 48h!
Le port d'Agesiras est rempli de vendeurs de kebabs ou assimilés. Je jette mon devolu sur celui qui me parait le plus propre....
Retour à l'hotel, abrutissement télé et dodo vers 22h...
23h, mes voisins baisent. Si les halettements et les cris de madame sont discrets, c'est leur lit qui l'est beaucoup moins et m'a reveillé. Excitant et drôle ...
1h: du mat, ils remettent ça, je grogne en me retournant dans ma couv.
4h: rebelotte, je rallume la télé en echaffaudant des théories sur le caractère aphrodisiaque des chambres d'hotels
6h: no comment...
 
 
 
 
4 eme jour: Vendredi 29 fevrier: Algesiras-Ceuta-Tetouan-Chaouen-Fes 400km. (2380km)
(a partir d'ici les kilométrages sont aproximatifs)
 
C'est une année bissextile mais je ne le sais pas: je crois donc qu'on est le 1er mars.. Je mets de l'ordre dans mes affaires, décide de planquer une réserve de 100€ avec ma carte d'identité un chéquier ma carte bleu pro et les doubles des clefs de la moto dans un petit paquet scéllé qui tiendra dans la doublure du topcase.

Panique: impossible de mettre la main sur la carte grise! Sans elle impossible de franchir la frontière! Oubliée à Paris, je me maudis, je sue de stress, vide mon sac et ma sacoche de réservoir par terre, étale tout, avant de la retrouver là ou je l'avais soigneusement planquée deux jours auparavant...
 
Retour sur l'embarcadeèe. Pas de rabatteur ce matin. Je file dans les bureaux du port et demande le prochain depart: 10h pas pour tanger mais pour Ceuta, enclave espagnole en terre marocaine. 32euros.
J'ai le temps de me prendre un sandwich et une bouteille d'eau en faisant la queue devant le bateau. Autour de moi une dizaine d'autos espagnoles, une belge, deux anglaises un camping-car d'allemands.
Je complète le niveau d'huile, goute le soleil et la douceur du matin.
 
Bateau presque vide, moto sanglée au sol sur deux crochers...
 
Bye bye l'europe....
 
15 minutes + tards coucou l'afrique!
 
Traversée sans problème, si ce n'est que le bateau n'est qu'une boite étanche dont on ne peut sortir...pas de portes, pas de pont...déception, photos prises a travers les vitres..
 
12h: arrivée à Ceuta. Je n'y traine pas, et file direct vers la frontière. 15 minutes pour remplir tous les papiers relatifs à mon séjour et c'est la grande corniche qui longe la méditerranée sur 15km vers Tétouan.
 
La lumiere, la physionomie des gens, des piétons partout le long des routes, la poussière, et surtout les odeurs, denses, somptueuses, appétissantes comme répugnantes: je suis bien de retour au Maroc!
 
Tétouan: entrée de la ville, le supermarché Marjane est rempli de camping-cars tout juste débarqués du bateau: les péquins, non contents de partir avec leur petit confort se rassurent en restant groupés dans une zone qu'ils considèrent comme amicale.

Premier plein à Tetouan: le 95 est à 1€ je fais la queue et quand arrive mon tour, un motard de la police royale me coupe la route et me prends ma place.
M'en fout.
Lorsqu'il a fini, un deuxieme arrive et fait de même. Chiotte. Puis un 3 ieme, 4 ieme.
J'ose rien dire, d'ailleur même en France je ne dirais rien, lâche comme je suis devant les uniformes.
Je me retourne: je suis devant un commissariat et les schtroumpfs locaux sont en train de sortir toutes leurs motos du garage, une quinzaine de 650gs et de 1100rt visiblement toutes pour faire le plein ! Un client marocain en 4X4 sort de sa caisse et viens m'appostropher
-Te laisse pas faire, c'est ton tour, vas-y c'est des (gros mot arabe que je ne connais pas!)
Ca tombe bien le motard suivant n'est pas assez rapide, je me place et ouvre mon réservoir. Du bas de sa 1100rt assez rouillée je sent qu'il est vexé mais ne dis rien. Il regarde hostensiblement ailleurs, mais matte la GS dés que je fait mine de m'interresser à mon remplissage...
 
Premiere station au maroc: j'essaie de photographier les flics, peine perdue,
ils m'observent, je me rabat sur le totem....

Premier change, je prends une banque au hasard, change 110€: j'ai l'impression d'être aux Emirats Arabes Unis, tout est en marbre, le costard du banquier est amidonné, la guichetière qui me sert foulard sur la tête ose à peine me regarder, elle est pourtant tout sourires, elle tremble un peu en me tendant mes billets..
Devant la banque je retrouve la meule entourée de gosses silencieux et admiratifs...et je m'aperçois que j'avais oublié les clefs de contact dessus!!!
 
Depart pour ChefChaouen:
Routes impecs, trés peu de circulation, quelques campings cars européens, (on est pas trop loin des ports) et je fais un premier bilan de ce qui roule ici, et qui s'avèrera identique dans tous le pays visité:
 
- Une immense majorité de Mercedes des années 80-90, ce sont les taxis collectifs, on y rentre à 8 (2 à la place du mort + 5 derrière + chauffeur): suspensions et moteurs sont en bon état, ça racle pas, ça fume pas, et même chargé à 8, ça roule vite, même en cote
- Minibus ou petits camions Mercedes ou similaire (année 80-90)
- Gros camions divers, chargés comme pas possible ça aurait mérité des photos.
- Quelques voitures particulières, beaucoup de Loganes et de coréennes, quelques 4X4 un peu anciens ...bref, et malgré le nombre important d'attelages ânes ou chevaux, rien a voir avec ce que j'ai vu comme épaves roulantes par exemple au Sénégal.
 
L'état des routes.....les photos parleront mieux que moi.
 
 
 
Route et Paysage magnifique, autour de 100-120km/h j'enroule,  Je commence enfin a RESPIRER, je me detends, j'ai la banane, je chante dans mon casque et m'arrête de plus en plus pour quelques photos...je crois que je touche enfin à la finalité de mon voyage, tout seul dans un pays que je connais mal, une région que je ne connais pas du tout, ne pas savoir ou je vais mager ni dormir: le bonheur!
 
 
ChefChaouen (Chaouen) - arret rapide car j'ai décidé de traverser le rif en une journée: il parait que c'est magnifique, ça a l'air vrai je testerai la prochaine fois.
30 à 50% des agriculteurs vivent du kif: tous les jeunes que je croiserai au bord de la route m'en proposeront d'un signe éloquant...
 
 
Chaouen..
 
 
Officiellement 50% des champs sont plantés de beuh.....lesquels?
j'en verrai pas un seul plant, a part ceux qui me sont proposés sur le bord de la route...
 
Aprés avoir traversé tout le rif du nord au sud, J'arrive vers 20h à Fes .

Me suis fait arnaquer par un faux guide de 24 ans...et encore , j'ai négocié 1 heure le montant de l'arnaque.
Moto sur un parking exterieur gardé par deux jeunes de 16 et 18 ans max, qui réclament 20dirham (1€80) pour la nuit payable d'avance.
En réalité ils n'ont aucun droit sur cette place boueuse appelée "parking" je matte les plaques d'immatriculation: que des locaux, je constate que les deux lascars ont un lit de camps au milieu des caisses: ils ont l'air sérieux lorsqu'ils me jurent qu'ils passent la nuit à surveiller.
Mais demain c'est une autre bande qui prends le relais, et c'est pour ça qu'il va falloir payer d'avance...ambiance...je laisse finalement la moto là en leur promettant de repasser dans une demi heure, puis en pleine nuit.
Je ne connais pas encore bien les billets, je déteste sortir une liasse de billet de ma poche sans me rendre compte de ce que ça représente, sans savoir la couleur de celui dont j'ai besoin..A peine j'ai payé qu'un flic en civil pas cool du tout vient leur soutirer sa part de mes 20 dirhams. Mais au fond, que des flics, même pourris, encadrent le service, ça me rassure un peu.

Dormi chez l'habitant (une tante de mon faux guide) 150 dirham: 13 euros, soit aussi cher que dans une petite pension. Refus de diner chez eux, je dégage le guide qui veux "m'inviter" dans le meilleur resto de la ville et souhaite m'accompagner partout "pour assurer ma protection" et pars me balader de nuit dans la medina.
Je me fait faire un sandwich à base d'aliments sans risques (pain, olives, vache qui rit, oeufs durs), achète un litre d'eau, un lait caillé (pourquoi on a pas ça chez nous?) et des patisseries dans un bouiboui...j'observe les bouchers qui, dans leurs étals non refrigérés, égorgent, plument et préparent des poulets juste devant des dizaines de chats salivants. Derrière les bouchers, sur des étagères, des dizaines de poulets attendent leur tour, visiblement pas stréssés.
C'est vraiment con un poulet.
Les cigarettes se vendent à l'unité, des petites boutiques d'électriciens réparent des télés de 30 ans d'âge tout en proposant des portables dernier cris.
Trés peu de femmes, ou alors trés jeunes, tous les touristes sont regroupés sur une microplace de la médina, dans 5 ou 6 petits restau avec terrasses. Ils sont cernés par des boutiques de souvenirs...

Je suis a une journée de route de l'Europe mais je m'en sens tellement plus loin!

J'ai bu mon litre d'eau en 30 minutes, j'ai encore soif: purée, j'avais encore ni bu ni mangé depuis mon reveil à Algesiras!
Crampes sur crampes, mes muscles me feront payer toute la nuit mon régime de chameau.
 
 
 
 
5eme jour Samedi 1 mars: Fes Kenitra. 400km (2780km)

Reveil, petit dej copieux servi par la maitresse de maison: oranges pressées (purée pourquoi on a pas les mêmes oranges chez nous?) café, thé à la menthe, gateaux orientaux, pain arabe tout chaud, galettes...et j'en oublie, tout ça devant une télé allumée plein pot.
J'appelle ma femme, on a prévu de se voir un ou deux jours maxi, son emploi du temps ici étant chargé et incompatible avec mon envie de rouler: pas le choix ça sera demain dimanche ou jamais.
Départ donc pour Kenitra.
La moto est toujours là, les nouveaux gardiens du parkings sont franchement plus sympas que ceux d'hier, ils m'aident à déplacer un scoot qui s'est garé trop prés pour que je redresse ma moto.  Je discute une demi-heure du Maroc et de la France, de ma moto avec le gardien tout en la chargeant.
Le sale flic est toujours là, il observe à une dizaine de mètres si je donne des sous au gardien: celui-ci voit que je l'ai remarqué, rigole :
 
- Ne me donne rien j'ai pas envie de donner sa part à cet "armal" (âne).
Ca tombe bien j'avais pas envie de payer deux fois le même service...

Je quitte Fes avec soulagement. Ville d'escrocs: c'est comme ça qu'on la présente dans le Lonely Planet..que j'ai emporté mais pas daigné ouvrir hier.

Kenitra c'est la banlieu de Rabah, je décide donc de passer par la capitale que je connais déja un peu. C'est une ville assez impersonnelle, moderne, sans caractère, et du coup les habitants y ont l'air un peu perdu. C'est pour ça que j'aime cette ville. Et puis je veux revoir la grande mosquée que j'avais visité lorsqu'elle était en chantier..
Mais entre Fes et Rabah, à part Meknes il n'y a rien d'extraordinaire: c'est un peu la vallée du Rhône. Du coup je décide "d'essayer" l'autoroute. Trop chère pour les marocains (3.5€), elle est pratiquement vide.
Et c'est dans ce néant que les autorités marocaines ont décidé de poster leur jumelles. Vitesse limitée à 120, je trace sans soucis à un petit 140, casque ouvert, il fait 25°. Appels de phares d'un camion sur l'autre voie..... Je ralenti...avec raison, les pandorres sont planquées 2 km plus loin dans les buissons entre les deux voies.
20km plus loin, rebelotte, je calme le jeu.

Je jure sur Hallah que j'étais à 110 maxi lorsqu'un flic TOUT SEUL et A PIED s'est mis en travers de l'autoroute, en me faisant signe de m'arreter.
J'obtempère, cligno, coupe le contact en vérifiant que le cligno fontionne encore (il est arrivé à un ami qu'on lui reproche une absence de cligno alors qu'il avait arrété son moteur).
- Bonjour monsieur: papiers svp:
Je sort CG, permis et passeport, seul la carte grise l'intérresse, quoique pas tant que ça puisqu'il ne vérifie pas la plaque...
-Vous savez que vous rouliez à 140?
- Pas possible
- Et bien pourtant monsieur, c'est la vérité
- Non monsieur l'agent, j'ai bien remarqué qu'il y avait des contrôles partout et j'ai fait trés attention car j'ai pas d'argent pour un PV.
- Vous rouliez à 140.
- Mais vous avez même pas de jumelles!
- Pas besoin j'ai l'habitude maintenant, l'amende c'est...(il reflechi) 200 dirham.(18€)
- Quoi? 200dirham? c'est tout ce que j'ai, si je vous donne 200, je ne pourrai plus quitter votre autoroute tellement elle est chère !
- Alors combien vous voulez donner ? (!!!)
- Il y a un probleme là, c'est pas à moi de décider combien , c'est à la loi, et la loi c'est vous qui devez la faire respecter: qu'est-ce qu'elle prévoit la loi pour 110km/h pas détectés car absence de radars? (en même temps je fais semblant de fouiller mes poches).
Il a l'air de plus en plus géné et change de conversation:
- Combien elle fait votre moto?
- Moi: ??????????
- De cm3?
- Ah! 1200.
- Et ça monte à combien?
- Je ne sais pas j'ai jamais essayé...150, peut etre 170?
Il me rends mes papiers:
- Bon allez allez, ça va comme ça, circulez.
 
En fait il a repéré un nouveau véhicule, pendant tout le contrôle il n'en n'est pas passé un seul ni dans un sens, ni dans l'autre. Je démarre et fais 100m, regarde dans mon rétro, il a arrété une Merco. Je stoppe, descends de la moto, choppe mon appareil photo clic! souvenir...
 
Le flic tout seul, perdu sur l'autoroute a trouvé une victime peut etre plus cooperative..
 
L'autoroute marocaine, c'est assez special, il y a pas beaucoup de voitures, mais il n'est pas rare d'y trouver des pietons, voir même des moutons en bords de voie.
D'immenses équipes d'entretiens s'occupent de débroussailler le terre plein central..à la faucille ou à la main. Ils sont tous en fluo bien moderne mais n'ont pas d'outils. Pas d'outils mais visiblement la main d'oeuvre est pas chère.
 
Petite flanerie à Rabah, j'ai quelques heures à perdre...
 
Je quitte Rabah aprés 1h30 de flanerie à moto pour Kenitra (30km) ou je tourne un peu pour trouver l'immeuble de ma belle famille: un immeuble neuf en façe d'un tribunal, un peu léger comme indice mais ça suffira. Mon beauf, 24 ans m'appelle dans la rue il est en train de surveiller le larbin qui lave à l'éponge dans la rue poussiéreuse l'Audi de sa soeur (mais pas ma femme, hein? nous on a pas les moyens de Glotton).

Je me pose, j'apprends que tout le monde est ...à Rabah. On choppe l'auto et j'y retourne. Ma femme et ma fille sortent du hammam. Pour cette dernière, 18 mois c'est la premiere fois, elle a juste le temps de dire PAPA avec un grand sourire et s'endors dans mon cou. Je viens de me taper 2500km, c'est limite vexant.

Nuit dans un appart famillial,
J'aurai toujours du mal à comprendre le sens du mot famille chez les marocains. En fait tout ceux qui sont assez proches deviennent "de la famille". Ainsi je deviens l'oncle de la nounou d'un (vrai) neveux. Par extension, la mère de cette nounou sera ma tante ou ma cousine selon son age, idem avec la femme qui veille sur l'appartement lorsque mes vrais beaux parents sont chez eux à Aiguilles...
La baraque est pleine de "tantes" et de "cousines" qui n'ont aucun lien de parentée avec ma femme et que je ne reverrai certainement jamais. J'interprete ça comme une manière rapide et efficace de marquer les limites entre les hommes et les femmes qui sont amenés à se cotoyer par la force des choses. Toujours est il que ça va m'arranger puisque j'apprends que j'ai un "oncle" qui a un voisin dont le frère est électricien auto: parfait pour aller faire ressouder les cables des phares longue portée.
Comme une "cousine" et mon beauf veulent faire un petit tour, nous voilà donc à trois sur la moto, sans casque ni blouson,  a chercher l'adresse du bouclard qu'on finira par trouver. Je comprends pourquoi certains motards et scoutards me faisaient des signes en me montrant leur tête avec un grand sourire: visiblement ici, le casque n'est pas obligatoire, ou alors on en a un pour deux. Toujours est-il qu'aucun flic faisant la circulation ne nous causera le moindre soucis, la gazelle étant tellement grosse par rapport aux standards deux roues circulant ici que tout le monde doit croire qu'elle est prévue pour trois...
 
Vous remarquerez au feu arriere qu'on a même pas pris le soin
de couper le contact pour intervenir sur le faisceau.....
 
Reparation du faisceau electrique, travail propre, 15minutes, 20dirham (1.8euro) Bon, faut pas demander de cosses ni de gaine thermorétractable, c'est de la soudure.
Un manchon scotché empécher la pliure...
 
 
 
 
6eme jour: Dimanche 2 fevrier: Kenitra Meknes en duo 250km (3030km)

Kenitra Meknes par départementale, roulé que la matinée.

Je vous ai parlé des contrôles de police?
Y en a partout, de deux sortes:
- Avec jumelles, rares (mais moins qu'en France) mais sans blocage.
- Avec arrêt obligatoire, herses en travers de la route pour te crever les pneus si tu ne respectes pas la chicane, et 3/4 flics. Tu ralentis jusqu'à l'arrêt en cherchant le regard du pandorre le plus proche, en général à 4/5 km/h il te fait signe de passer. Contrôle pour rien, en tout cas sur toutes les routes que j'ai emprunté, pas une seule fois on m'a demandé quoique ce soit...
 
Meknes,  aprés midi touristique....et tourista! Bizarre je fais en général gaffe à ce que je mange et j'ai l'estomac blindé..
Du coup passé la journée dans le centre historique, jamais trés loin des chiottes publiques - 9cts, A la turque, mais super propres. Prévoir son rouleau de PQ.
Meknes c'est le contraire de FES: personne ne viens t'emmerder, y a pas un touriste, que des locaux et ça bouge bien la nuit, une grosse ville de province magnifique, un souk réel et immense ou les marocains viennent faire leurs courses, tous les prix sont super abordables, souvent affichés, le soir les habitants viennent prendre des grillades en famille sur les places, c'est définitivement ma ville préférée, 10 fois plus calme et autenthique que Marrakech.....
 
Visite de la ville en moto et à pied, le gros regret  du voyage :
ne pas y etre resté plus d'une journée.
 
Ma moto au pied des rempars, le calme absolu.
 
Vot' serviteur à table, 2 fevrier, un petit pull..
 
 
 
 

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Dernière édition par Les Animateurs le 02 Avr 2008, 13:59; édité 10 fois
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MessagePosté le: 02 Avr 2008, 08:47    Sujet du message: Répondre en citant

 
 
7eme jour: Lundi 3 mars: MEKNES-AZROU-MIDELT-ER RACHIDIA-ERFOUD-MERZOUGA 630km (3650km)

Je fais le décompte des jours qu'il me reste.
Je dois être le 7 à Paris. Le desert est à une trés grosse journée de moto, soit deux allez retour
Pour retourner à Tanger, puis en Espagne, il me faudra, une journée de plus sachant que j'aurai 1300 bornes dans les jambes, puis encore deux jours de traversée Espagne/France.
Ca veut dire une chose: le desert c'est allez/retour, et pas le droit de trainer.
A l'origne j'avais imaginé faire une boucle en recoupant à nouveau l'atlas en direction de Marrakech et remonter par la cote...
Mais c'etait ça ou ne pas voir ma petite famille. Et si ça ne posait pas de probleme à ma douce, j'aurai laissé une drole d'impression à ma belle famille...

Je laisse ma femme à Meknes, et pars vers 9h...en cherchant une heure la route qui part vers le sud. Ma jauge me donne encore 15km d'autonomie. A peine trouvée, panne d'essence: pas fiable la jauge. Chance, je suis à 500m d'une station. Je pousse la baleine devant les lyceens, l'air détaché, même pas honte. Pas de bol, pour la premiere fois je tombe sur une station qui n'a que du plombé!
Repoussette, 300 mètres: ouf!  23 litres dans la station suivante...

MEKNES AZROU: la route est bonne, trés bonne, mais pas trés belle...
Azrou (1250m, 25°, j'ai de la chance) est une ville incroyable, nichée au pied d'une forêt de sapins, elle a oublié d'être marocaine: toits à deux pentes, tuiles classiques rouges, chalets, pavillons occidentaux, rues trés propres on se croirait dans une petite ville de Savoie..
Sortie d'AZROU: j'attaque les lacets et je monte encore.

Trés belle, trés roulante. Grands lacets, je prends de l'altitude petit à petit dans la foret, je double la première moto que je vois en dehors des villes: une 125 conduite par un jeune marocain, petit signe timide de sa part, jeux de jambe de la mienne. 120/140kmh, il commence à faire un peu meilleur avec l'altitude.
Je commence à me dire que je roule trop vite compte tenu de la visibilité et de la possibilité de tomber nez a nez avec un camion en panne un atelage ou un troupeau de moutons. Je ralenti donc vers un petit 90/110: bonne inspiration car 10 secondes plus tard...c'est un SINGE qui est assis au milieu de la route. C'est la première fois de ma vie que je vois un singe en liberté, je pile et me gare sur le bas coté, le temps de sortir l'appareil photo.
Purée! l'animal se rapproche de moi, il est gros comme un petit clebs. Je ne suis pas rassuré..cliclac je remet mets gants lorsque le jeune motard me rejoint et s'arette à mes coté.
- Salam
- Salam
- C'est la premiere fois que je vois un singe sauvage!
- Oui ils sont nombreux, faut faire attention.
- Il a pas peur!
- Non, il attends qu'on lui donne à manger....
- A ouai, pas si sauvage...
- Tu va ou?
- Je cherche le desert, et toi?
- Erachiddia (200km de montagne en 125, pas de blouson,  pas de gants)
On est à la sortie d'un virage Je surveille régulièrement mon retro: merde un deuxieme animal arrive en courant, plus gros!
- houlla!..., tu m'excuse, j'ai encore 450km à faire aujourd'hui....
 
le temps de sortir mon appareil photo, il est venu prés de moi...
tout en surveillant la moto qui me rejoint...
 
Sortie de la forêt sur un haut plateau, il n'y a plus un arbre, on doit être à plus de 2000m, la température à chuté à 7 ou 10°. Régulièrement, des panneaux annoncent des refuge contre la neige. Mais pas un flocon à l'horizon. Le paysage me botte de plus en plus...bonne visibilité, la vitesse de pointe tape plus haut mais comme je degaine de plus en plus l'appareil photo, la moyenne s'en rescent.
M'en fous on verra bien où on arrivera lorsqu'on arrivera.
 
Moyen atlas, altitude moyenne 2000m.....je prends le liseret blanc à l'horizon
pour des nuages: c'est le haut atlas qu'il va me falloir traverser...
 
 
Forcement les marocains n'ont pas compris l'interêt de faire
quelques virages dans ce genre de paysage...
 
Descente du plateau...
 
Descente du plateau, nul en géographie, j'imagine que je viens de terminer la traversée de l'Atlas. L'horizon est tres, trés loin. Devant moi s'étend une plaine gigantesque. Quelques nuages blancs loins loins.........Ben non, en s'approchant je constate que ce ne sont pas des nuages mais des montagnes enneigées que j'ai là! A + de 50km de distance la chaine montagneuse parait énorme, infranchissable.
Il est 16 heures, ça a l'air complètement eneigé, je caille d'avance.
 
Les nuages transformés en...montagnes. Sachant que je suis déja à plus de 1700m,
je prends un peu peur.. 
 
 
Je stoppe pour une photo du truc, bois un peu d'eau,  me retourne sur la moto,
 
Y a un truc qui accroche mon oeil.....
 
 

La catastrophe!
 
Mon roulement de roue perd son huile. Le pneu est couvert d'huile noire.
Si ça se trouve ça fait des heures que je roule comme ça, dans la montée d'Azrou j'aurais pu me tuer...
Je me prends une grande claque dans la geule: j'ai foiré mon rêve j'arriverai jamais au Sahara.
Je tourne en rond, imagine laisser la bécane ici, appeler mon assistance, l'attendre, minimum deux jours, est ce que j'aurai assez pour faire l'avance du rappatriement? Je suis au milieu de nul part.
Au sud, il n'y a plus de grande ville, au nord, Fes est à +de 400km, il me reste au bas mot 350km pour arriver à mon but....chercher un camion plateau pour la poser et la ramener à Rabah par moi même me ferai gagner 1 jour sur l'assistance et perdre quelques dizaines d'euros..

J'ai la rage tranquille, pendant 20 minutes je ne fait que répéter "fait chier fait chier fait chier...." Je ne profite même plus du paysage: cette photo de ma route je l'ai piquée sur Google:
 

Arrivée à Midelt, je choppe trois gamins: il est ou le mecano?
j'en prend un sur la selle, les deux autres courent autour de moi.

On s'arrête devant une échoppe fermée: c'est là! déception, il y a bien une chèvre d'atelier qui traine devant mais ça m'a plutot l'air d'une boutique.
On frappe à la devanture, un mec sort, 30/35 ans max.
Je lui explique mon Problème: j'ai besoin de démonter un peu pour savoir ou se trouve la fuite, et voir si c'est pas juste un joint à resserer, si on pourrait pas dégager l'orifice par lequel on met de l'huile, planqué derrière la couronne, elle même derrière le frein à disque.....
Le type fait le tour lentement, je commence à démonter les valises, quand je vois l'état des clefs Torx bricorama qu'il sort, je lui propose direct celles de ma trousse à outils.
On démonte ce qu'on peut, c'est a dire pas grand chose sans prendre de risque. Il est super gentil, m'offre évidemment le thé, parle super bien le français et s'active en m'expliquant qu'il a bossé avec l'armée française sur les chars Leclers lors d'essais dans le desert..
 
 
Pour lui c'est rien, je peux continuer à rouler comme ça, la fuite étant trés faible mais me propose quand même une réparation complète. 
Je me laisse presque tenter lorsqu'il me propose d'ouvrir le couple conique. Mais je sais pour avoir révisé le manuel d'entretien , qu'il faut à chaque démontage changer le joint spy, chauffer l'axe à 80° pour le sortir avec un outil specifique BM... autant de pièces et d'outils qu'on aura pas. Il s'en moque, me garantie qu'il colmatera avec un bout de plastique: là je prends peur.
Je passe un coup de fil à un concessionnaire à paris, demande le chef d'atelier, lui expose mon probleme, lui decrit la fuite. On discute 10 minutes, il finit par accepter de me donner son avis a distance: selon lui je ne prends pas trop de risque, "à part" pour les projections d'huile sur le pneu... (Collec si tu lis...)

On laisse tomber la partie de mécanique, l'orifice de remplissage est inaccessible sans les bons outils: "cardan sans entretient, graissé à vie"....et donc non réparable... ils sont cons ces boches!.
On remonte tout sans avoir rien fait. Le mécano refuse que je le paie, il faut que j'insiste pour lui filer 40 dirrham, trois misérables euros qui représentent une journée de salaire moyen marocain...
 
Je suis a 300 km de mon but, il est 18heures, je matte les montagnes et la neige: pas le choix, faut savoir ce qu'on veut.
J'essuie mon cardan et mon pneu soigneusement, je repars... Je m'en fous, ça passe ou ça casse, je me sens capable d'abandonner la moto du moment qu'elle m'amène à mon but.
La route passe par une vallée qui traverse la chaine, je ne verrai pas de neige, et c'est tant mieux.
Je m'arrête tous les 30 puis 40 puis 60km pour contrôler la fuite: 2 gouttes à chaques fois: soit ça faisait des jours que ça suintait pour qu'il y ait autant d'huile sur le pneu, soit...il n'y a plus d'huile du tout dans le cardan. ...
 
Tifikra je prends un autostoppeur, lui impose un casque.
Je renonce à comprendre comment des marocains se trouvent au bord de la route, seuls, sans sac ni affaires, en tenue de ville, à 40 ou 60 km d'un village...lui est étudiant, vas a Errachidia et est vachement content que je l'ai pris. Bon SDS, je ne le sens pas du tout, ne se plaint pas du froid....
 
 
Errachidia, 20h
La descente vers cette ville presque oasis est magnifique, une longue route qui descend à flanc de montagne, si seulement j'etais seul, si seulement je flippais pas de bloquer ma roue arierre...

La nuit tombe, évidemment il veux absolument que je dorme chez lui, je m'en tire avec insistance,  et juste un passage dans un troquet pour un thé à la menthe...
 
Départ d'Errachidia, 21h il me reste 150 bornes minimum il fait completement nuit.
Je roule tranquille une vingtaine de bornes, infestés de vélos, de pietons et de cyclomoteurs. Personne n'a de lumière, ni devant ni derrière, c'est obligatoire que pour les vehicules de + de 125cm3 Je devine les piétons lorsqu'ils sont à 2 secondes de moi, voire lorsque je les dépasse. 
 
Lorsque je suis à peu prés sûr d'être seul dans la nature je m'arrête pisser.
Moteur coupé, sans phares, j'ai beau écarquiller les yeux, je ne vois même pas mes mains! pas une étoile. En France on a toujours  une lumière quelque part, ne serait-ce que les réverbérations d'un village à l'horizon. Ici, sans étoiles: walou, nada, je me marre et pars pisser au juger, en priant pour éviter un serpent ou autre animal  nocturne sympathique.
Je retrouve la moto au cliquetis que fait le moteur en refroidissant....tourne le contact pour allumer le tableau de bord..putain ce qu'ils éclairent loin les longues portées!
 
22 heures, je viens de passer Erfoud....
 
Attends! attends!, c'est quoi ce panneau que je viens de croiser? demi tour: OUHAAAA! désensablement! j'y arrive j'y arrive!
 
23h30, hummmm c'est bien du sable, là, qui vient couper la route....
Les derniers kilomètres se feront au ralenti à contourner les ensablements de la route.

Entrée à Merzouga, on n'y voit rien, pour une raison que je ne comprendrai que plus tard, les panneaux indicateurs sont pratiquement tous au sol ou souillés 3 pauvres ampoules devant la poste et un petit café.
3 Mecs sur 3 mobs se ruent sur moi dans la nuit. 
 
- Tu vas où? Tu cherches un hotel? Tu veux manger?
- On m'attends au "Ksar Sania",
- Non non, plus de ksar Sania, il a disparu le Ksar Sania.
- ?? Je les ai eue au téléphone tout à l'heure
- Pas possible ils sont morts et les autres sont partis!
Je sens l'embrouille monter:
- Bon! Toi et toi j'ai pas besoin de vous, le dernier tu me guides jusqu'au Ksar Sania, je verrai bien.
- Ok, OK
Je le suis, il sort de la route et prends une piste
- Tu viens à mon hotel!
Il se fout de ma geule?
Je m'arette.
Les deux autres nous ont suivi.
Ils s'engeulent pour m'ammener chacun chez eux.
J'insiste fermement, ma position et la taille de ma moto m'aide franchement à dominer la situation mais j'en ai plein le cul.
Je négocie:
- Toi, combien tu veux pour m'ammener au ksar Sania et pas ailleurs?
- 50 drhm
J'explose: tu me demandes 50 dirham pour faire 1km en mob alors qu'un mécano refusait 40 dirham pour 2 heures passées!!! je commence à l'insulter en arabe, en français, lui dit que j'en ai marre d'être pris pour un con, que les gens comme lui sont la honte de son pays....
- T'auras 5, non 1 dirham, et je jure que t'aura pas plus car tu tente de m'escroquer et si t'es pas content tu te casses.
Il ferme sa geule, les deux autres se tirent 20 mètres plus loin...

On repart, il fini par me laisser devant l'hotel au bout de 200m de piste....

Suite à une inondation qui a ravagé en 2006 tous les villages bordant l'erg (habituellement à sec) l'hotel est effectivement en ruine. Seule habite ici sa propriétaire, son fils et un gardien. Ils avaient de quoi loger 150 touristes dans des bungalows triples, il ne leur reste qu'une chambre, et je suis leur premier touriste depuis des mois: on me reçoit en famille, omelette, bière.
Vers minuit je pars me doucher, me change m'éloigne de l'hotel et pars m'allonger dans le sable. Les nuages se sont dissipés, je matte les étoiles, il fait une 20 aine de degrés....
 
 
 
 
8 eme jour: Mardi 4 février Merzouga Errachidia Azrou Meknes Kenitra 920km (4580km)

5 heure du mat: je suis réveillé par l'aurore. Je saute dans mes pompes et pars enfin, à pied,  découvrir les dunes.
 
Tu sais pas ou tu es, tu ouvre la porte de ton bungalow et t'as...çà.
(Chameaux à droite)
 
4 jours de moto non stop de Paris...quand on se leve tot et sans faire de detours
 
Un petit pas pour l'homme.................ouai, bon, ok ,
juste le pas d'un petit homme.
 

4 heures, c'est le temps que j'aurai passé tout seul à peiner dans le sable. J'espérais une journée entière minimum, mais je suis tellement content d'être arrivée ici...
 
Je pense aux bitumeurs, au periph quotidien, à mes putains de chantier, ce que ça me parait loinnnnnn............



9h: petit dej, visite du chantier de l'hôtel avec la proprio qui repart complètement à zéro, les assurances ayant refusé de l'indemniser.

Je la regarde admiratif: il y a tellement de boulot, tous les bungalows, construits en pisé, comme tout ici, ont fondu, rien n'est récupérable, le bois a pourri, même les lits sont rouillés..

10h30, 30° il faut déjà repartir, j'ai l'intention de voir le bout de la route, avant qu'elle devienne piste pour partir plus au sud.
Un peu de suintement au cardan pendant la nuit, j'essuie ça . Je me rassure: tant que ça suinte, c'est qu'il y a de l'huile...

Je tente de rouler sur la longue bande précédant les premières dunes. A priori ça a l'air roulant. Seulement à priori.
 
 

 
Pour 3 photos de la moto devant le sable, je manquerai de m'étaler une dizaine de fois. Pneus non adaptés et trop gonflés pour le sable, moto trop chargée, vitesse trop lente, absence de savoir faire....et dire que j'avais imaginé me faire une 60 aine de km comme ça....
 
11h30, je fais mon vrai demi tour, et trace de nouveau vers le nord...
 

Retour sans problème, je découvre les paysages que j'ai raté de nuit, traverse des oasis que je n'ai même pas deviné dans la nuit noire.
Beaucoup de 4X4 flambants neufs de sociétés de trecking, ici, on attend la saison touristique avec impatience. Il parait que c'est aussi infesté de quads dés les vacances d'avril...

Je remets mes écouteurs, Younblood Brass Band, Jazz divers, Velvet Underground......
J'augmente le rythme, oublie mon cardan et ajoute le plaisir de la conduite à celui du voyage.....
 
 
"Circulation difficile sur le periph ce matin, 50 km de bouchon sur la francilienne, accrochage sur la A13, il faut 2h30 pour rejoindre Paris depuis Velizy.."
 
j'ai traversé 5 ou 6 oasis comme ça en pleine nuit sans m'en douter...
 
 
le fameux cirque de...? photo panoramique redressée, en réalité vous êtes au bord d'un cratère de 20km de circonférence...
 
 
 
16h, 20° je fais une première pause auprès de mon mécano de la veille.
Café chez lui, je lui offre les deux litres d'huile de pont que j'avais acheté à Errachidia au cas ou il aurait finalement quand même fallu ouvrir le couple conique.
 
J'ai prévu de prendre une autre route, que hier, une petite départementale qui coupe vers l'ouest sur 250km plutôt que de repasser par Meknes, il me confirme que la route est en bon état. Je repère l'embranchement sur la carte et remonte sur ma selle. Je dépasse l'endroit ou j'ai découvert hier la fuite cardan et attaque la montée du haut plateau....

C'est quoi ce délire?, ce matin j'avais 30°, là ça commence serieusement à geler. Nuages. Le temps de descendre échanger le blouson et les gants d'été contre leur copain d'hivers....qu'il neige à gros flocons!

J'aurais tout eu.
 
J'attrape l'embranchement de la départementale.
Ca fait une heure que je n'ai pas croisé une auto ou un camion, la neige commence à tenir, j'ai oublié mes surbottes à Kenitra: qui pense à s'équiper pluie et neige lorsqu'il decide de partir 2 jours dans le desert?

Cette putain de départementale ne m'inspire pas confiance, le ciel est  noir, si ça se trouve il ne passera personne ici avant 2/3 jours.
Ca commence à glisser, et visiblement elle monte beaucoup plus haut que la nationale que j'ai pris hier. Je lâche l'affaire car la route rétrécie tellement que j'ai peur de ne plus pouvoir faire demi tour sans descendre faire la manoeuvre à la poussette, 230 kg les pieds sur la gadoue gluante, miammm!

Retour donc sur la nationale, je n'ai perdu qu'une demi-heure,  le temps se calme un peu, une petite pluie remplace la neige, un petit 0-5°
Bout de route seche, poignée en coin.....
Mais en me changeant tout a l'heure j'ai oublié de verrouiller la valise droite: son couvercle s'envole à 140 km/h, juste retenue par une sangle de sécurité.
Elle frappe violemment le top case.
Je me retrouve au bord de la route accroupi devant une grosse pierre servant d'enclume, frappant l'aluminium avec une autre pour tenter de redresser la tôle.
Un motard passe. BMWF650gs. Espagnol. A fond.
 
C'est pas possible qu'il ne m'ait pas vu bricoler, ma moto en warning au milieu d'une grande ligne droite sans aucune circulation. On est à plus de 2000m d'altitude, il y a pas un arbre à l'horizon, pas un buisson, pas un brin d'herbe,  rien pour me cacher,  juste un looser qui a l'air de réparer sa moto a coup de caillasses.
Pas un signe, pas un coup de freins!
Juste ... un gros enculé qui passe.

20 minutes de travail d'orfevre minutieux à coup de pierre, à moins de passer une règle sur le tranchant du couvercle, on ne peut deviner le choc.
Ca ferme, c'est étanche. Le topcase est fêlé mais ce n'est que de la déco, il  restera étanche lui aussi.
 
18h Azrou: je vise une station a essence, manque de bol, l'espagnol est là à faire le plein. il me fait un petit signe de la main. Il aura droit à un gros doigt , certe virtuel, mais j'irai faire mon plein ailleurs. Connard.
 
21H:Arrivée dans les faubourgs de Meknes, la temperature est remontée, les néons des faubourgs me confirment que je retrouve la civilisation.
Je craque complètement lorsque je passe devant des rangées de kiosques vendant des brochettes, des salades et des tagines tout chauds....Il m'est impossible de résister aux odeurs de viande grillée en barbecue.
Me voilà dans la nuit, en terrasse sur un parking de bord de route à déguster le meilleur diner de mon séjour, et même s'il me reste encore au moins deux heures de route, je goute ce moment avec tellement de bonheur que je vais y rester plus d'une heure trente, à deguster des cotelettes salades en regardant ma moto refroidir doucement dans la nuit.....Je repasse les 1200km de ses deux derniers jours dans ma tete.

Je l'ai fait.
Malgré mon inorganisation, la poisse et le manque de temps, j'ai atteint ses putains de dunes,  j'en reviens pas encore!.....
 
 
 
 
9eme jour: Mercredi 5 Mars: Kenitra - Tanger (bateau) Tarifa - El ronquillo 650km (5230km)

Arrivé vers minuit, J'ai dormi en famille et j'ai du mal à émerger. c'est pourtant aujourd'hui le grand depart vers la France.. enoorme petit dej d'abord au bistrot avec ma douce, rebelotte en famille, me connaissant je risque de ne rien manger avant 2 jours...
Refaire les sacs, toujours la plaie. Mater la météo sur euronews: .....neige attendue dans les pyrénées, 2 à 4 °et pluie sur toute la France....Ici c'est temps printanier..

Je décide de prendre le bateau à Tanger. Alors que je pourrait y etre en 2h30, je me traine par des petites routes léchant le Rif sur ma droite. Je me tâte sans cesse: et si je partais vers l'Est pour repasser par Tetouan?, et si je me refaisais une journée de Rif?.
Mais j'ai aussi envie de découvrir Tanger, le Marseille marocain.
Incessants barrages de flics. J'enroule des boucles, je tricote des détours pendant toute la journée pour arriver à Tanger vers 18h...

Embarquement sans problème, après avoir arrosé de bakchichs (2X2 euros) deux abrutis en uniformes qui imaginent m'avoir roulé alors que je me suis juste laissé faire..lassitude, et habitude.
Au niveau fric, J'ai très bien calculé mon coup: après paiement du billet (640 dirham), il me reste UN dirham en poche.
 

Traversée en catamaran espagnol, gros fauteuils, pont ouvert, grosses télés, c'est le luxe après ce que je viens de vivre ces derniers jours.
Débarquement à Tarifa aprés 35 minutes de bateau.
 
Ciao Tanger!
 
Photo sombre: vous ratez un pur bronzage type "schubert"
 
Je ne comprends pas pourquoi les passagers se précipitent sur leur caisses à l'arrivée alors qu'on est qu'une vingtaine de véhicules à tout casser...
Je comprendrai au passage de Douane: 2h30 d'attente
 
23h: depart bon dernier, à la douane on ne m'a meme pas jeté un regard ni fouillé, c'est à peine s'ils ont regardé mon passeport, quand à la moto, j'aurai pu la voler et la remplir de shit...
 
250 km jusqu'à El ronquillo
Ca caille sec en Espagne...
Je claque les dents, enfile tout ce que j'ai, met mon bonnet sous mon casque...faut dire que j'ai encore rien mangé depuis le petit dej, ça aide pas...
1h30 du mat: aprés avoir tourné de plus en plus inquiet au bord de la nationale et en scrutant tous les patelins à la recherche d'un hotel, je fini par trouver un routier - sympa  car ouvert- Dodo dans les odeurs de graillons, mais au calme total. Chauffage à fond, mais sans eau chaude....
 
 
 
 
10 eme jour: Jeudi 6 fevrier El ronquillo - Bordeaux 1104 km (6340km)
 
1104km: pas grand chose à raconter: 9h de nationale + autoroute, avec les pauses, 12h de route. j'ai largement amorti le lecteur MP3
Juste: ça caille, ça caille, ça caille, mais c'est sec.
 
 
 
 
11eme jour: Vendredi 7 fevrier Bordeaux Issy-les-Moulineaux 580 km (6900km)
 
100% autoroute: ......pardon!
 
Je tracerais bien à 170-180 mais j'ai peur de mon roulement arriere, la consommation s'est à nouveau affolée, tout comme mon Inforad qui clignote comme une guirlande tous les 5km....
ça sera 130-150 kmh, et la radio pour passer le temps...
 
Nuit tranquille, 7heures de sommeil. une petite photo sur le forum pour vous faire envie.
Pas mal au cul, pas mal au dos, j'aurai juste choppé une petite crève l'avant dernier jour en Espagne.... je vais me remettre au boulot dès samedi comme s'il ne s'était rien passé: y a pas, c'est pas mal,  une moto confortable.... 
 
 
 
 
Je vous ai prevenu en préambule, y a pas de conclusion.
 
Quoique ...
Sachez que je commence sérieusement à penser organiser une petite marocaine un de ses jours...mais un vrai truc, un où on roule, mais où on visite aussi, un où on mange et où on sait où dormir, un dont on sait combien ça va couter et combien de temps ça va durer, un truc où on fait pas d'autoroute, en partant de Setes ou de Barcelone....
Voilà, je lance l'idée, pour dans plusieurs mois, peut-être un an peut-être plus. Je laisse l'idée germer dans vos esprits, je vous laisse faire des plans, pour certains ça peut passer par un changement de moto même provisoire, mais sauf probleme de fiabilité, c'est franchement pas obligatoire.
Pour tous, ça demande un budget probablement consequent que le mien,(+/600euros, principalement essence) réduit par l'absence de confort et de culturel dans ce voyage....
Sans visites, avec des nuits chez l'habitant ou en famille,  en sautant trois repas sur quatre, c'est vrai que j'ai pas dépensé grand chose...
 
Pensez y, on en reparle un de ces jours...
 
 

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MessagePosté le: 01 Fév 2010, 15:28    Sujet du message: Répondre en citant

 


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