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Les Bitumeurs Index du Forum Les Bitumeurs

05/10-Stage avec Serge Nuques - AK, Ninou, BD

 
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MessagePosté le: 03 Juin 2010, 12:31    Sujet du message: 05/10-Stage avec Serge Nuques - AK, Ninou, BD Répondre en citant


 

En cette fin de mois de Mai,
Angle King, BD et Ninou
se retrouvaient dans le Sud Ouest pour un stage de pilotage
sur route et sur circuit avec le célèbre
Serge Nuques, alias Sergeï alias le Chevalier de Gröland
 
Ils racontent ...
 
 
 

Angle King
 
Le we dernier, j'ai mis GAZ pour Pau afin de "consommer" mon cadeau de Noël (merci Cécile). 700 km pour rallier l'hôtel a Lescar...
Évidemment j'éviterai un max l'autoroute. J'avais juste prévu celle ci pour faire Montpellier / Carcassonne. Ce qui fera d'ailleurs bien chuter ma moyenne suite a un accident de poids lourd... Décidément pas pour moi l'autoroute...
Les routes qui me mènent à Pau ne sont pas fantastiques ; beaucoup de village a traverser cassent la moyenne... Ceci dit ça a du bon pour la conso, je tomberais en réserve après 280 km parcouru ! Ça consomme pas un 1100 zrx ! (enfin c est plus tout a fait la même conso sur piste).
Je trouverai l'hôtel non sans mal (je préfère pas expliquer la bête histoire de point bleu qui se déplace et de point rouge sur le "gps" de l'iPhone..) ; je me retrouve par moment carrément dans des rues piétonnes dans Pau...Après 7 h de routes j aurais préfèré éviter le tourisme ! ;-)

J'arrive le 1er à l'hôtel (victoireeee !!!), le temps de décharger et prendre une bonne douche et Bd arrive avec son convoi... Ah au fait, que du beau temps pour rouler et 5 minutes après être arrive a l'hôtel les 1eres gouttes se font sentir... Bienvenue en pays basque ! A peine le temps de discuter avec Bd que nous voyons arriver une KTM 990 smt qui me semble familière... Ninou !!! Heureuse surprise de le retrouver la ! Cool ... Du coup je m'attends a voir débarquer Glotton mais en vain (rhha ces anglaises)..

Petite soirée sympa a Pau et petite consultation météo : hum va falloir sortir l'équipement pluie !!! M'enfin...


Le lendemain gaz pour Abitain
, petit village a une soixantaine de bornes de l'hôtel. Un motard de l'hôtel participe également au stage, en 650 v strom, on fera sa connaissance au petit dej à l'hôtel... A 4 ça devrait être facile de trouver le bled (humm...).
Par miracle, après quelques détours et demi tour, nous arrivons a l'heure a Abitain... Tout le monde est là, 3 r1 2010 trônent près du camion d'assistance... On est 14, il y a tous types de moto, à noter cependant que nous serons 3 en kawa zrx ! Hé hé... Petit debrief et .... Gaz !! Heu enfin presque... Les 2 gars en r1 n'ont pas mis leurs combi et nous les attendrons bien 10 mn... Enfin Gaz !!!
La 1ere journée est typée ballade malgré quelques facéties du sieur chevalier (avec une maîtrise impressionnante)....
Nous utiliserons la technique du tiroir , le 2e devant s'arrête a chaque intersection et reparti devant le fermeur en 1200 zrx (ca va ca va...).. Pas mal comme methode a voir pour utiliser ici (surtout quand j aurais le side je pourrais fermer par exemple)...

Nous enchaînons petites routes a chèvres (heu a vaches plutôt) et des un peu moins petites routes... Les conditions météo sont pas terribles (pluies et fort brouillard parfois)... Le rythme de Serge est plutôt cool (moins rapides qu'une sortie bitumeuse)... Une petite chute d'une nana en fz6 (pas mal de dégâts sur la moto).... Certains déjà veulent rentabiliser le stage, un gars notamment en 750 vfr remontera tout le groupe pour se placer systématiquement derrière le chevalier...
Petit arrêt resto dans un site fabuleux... Enfin d'après ce que nous dit Serge car un épais brouillard est bien présent ! Brouillard, routes étroites et viroleuses, gravillons, bosses, bouses de vaches feront que le rythme sera très tranquille... Je suis le feu de la multi12 de David... Note ami en vfr a la vision supersonique sans doute décide de nous doubler... Passe passe si tu y vois toi...alors que nous roulons au même rythme nous rattrapons notre ami parisien en 750 vfr, sans doute une frayeur ou 2 l'ayant fait ralentir...en nous voyant dans ses rétro il met gaz et... Guidon en butée droite/gauche/droite et paf une vfr par terre ! Ça glisse les bouses de vache ! On relève la moto, il tient absolument a redémarrer et alors que celle ci n'était pas trop abîmée par chute, il perd l'équilibre et boom de l'autre cote le tdf touchant un rocher... Nous repartons...
Arrivée en Espagne, les bonnes routes SÈCHES se présentent, le rythme s'accélère... 9 motos devant moi bouchonnée par un r1 2010... Je suis... Les routes sont vraiment excellentes, les motos freinent ou je le ferais pas.. Je tombe un rapport et gaaazzz, je déboîte tout ça ,... Ninou m'emboîte la roue et c'est un festival... Routes magnifiques et sèches... Je retire le pantalon de pluie, erreur stratégique pour la suite... La pluie et le brouillard reviennent...
Serge est très abordable et toujours dispo, à l'écoute...


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Dernière édition par Les Animateurs le 04 Juin 2010, 19:32; édité 4 fois
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MessagePosté le: 04 Juin 2010, 11:15    Sujet du message: Répondre en citant

Nous continuons donc notre road trip et alors que nous attaquons un col le brouillard et la pluie sont de nouveau au rdv ! Et ce coup ci j'ai vire le fute de pluie. Quelques minutes c'est immanquable : je suis trempé ! Je fais avec. Pour rentrer a Abitain les routes se font de + en + étroites avec leurs lots de graviers au milieu. Nous rallions enfin Abitain. Ninou n'a plus de jus on se fait conseiller la plus proche station et l'itinéraire le + direct pour l'hôtel hors autoroute. Gérard programme même son gps mais l'expérience du matin ne me rassure pas pour autant. On trouve la station (1.47 euro le litre!) mais après quelques errances nous atterrissons sur l'autoroute. David lance une accel', du coup gaazzz avec le zrx et hop dépose la multi12. Calé a 180 avec ma moto naked et sous la flotte (trempé pour trempé hein). Arrivés au péage Gérard se propose de payer pour nous pour gagner du temps...SAUF QUE billets et tickets humides ne font pas bon ménage avec la machine et nous voila bloqués quelques minutes... Ah on gagne du temps sur l'autoroute !!! Une fois de plus nous cherchons l'hôtel et après quelques tours et demi tour nous le trouvons enfin.

C'est dans la super golf de David que nous nous rendons a Pau pour manger. Repas mexicain (comme si les jeunes filles au pair m'avaient pas suffit) très sympa, discut diverses et variées toujours aussi sympathiques. Nous croisons les doigts pour la météo de demain ; la journée piste nous attend et ma bête de course n'attend que ça ! En plus je m'en fous je suis en pneus pluie (pilot road2) !!!;-)


Lundi, réveil de bonne heure, on a rdv a 8h15, le circuit est a 15 km mais semble difficile a trouver et il nous faut faire le plein. Et vu notre sens aigu de l'orientation... Évidemment il pleut déjà et rien ne nous fait penser que cela va se dégager.... De toutes façon mes affaires sont encore mouillées, mise a part mes bottes de pistes.
C'est parti, nous partons a l'heure prévue et trouvons une station. Alors que nous roulons depuis 5 mn Gérard qui ouvrait s'arrête ... David et moi croisons nos regards en pensant que nous sommes encore perdus! Non il avait juste oublie de mettre le fute de pluie ! Ouf !
Nous trouvons le circuit du 1er coup (Yesss!!!) et quelques stagiaires sont déjà là... Nous attendons les retardataires (les gars en r1... Les mêmes que la veille..) Serge nous recommande la prudence en vue des conditions météo.
Nous allons commencer par quelques tours de piste derrière lui mais seuls les 5 le suivant pourront voir les bonnes trajectoires. Nous travaillerons ensuite virages par virages et après les explications de Serge nous effectuerons des passages filmés devant lui. Génial la vidéo pour améliorer son pilotage. Et gros atout par rapport a d'autres stage que j'ai pu faire c'est que nous effectuons des tours de piste pour effectuer les passages dans le virage travaillé et non pas des demi tours comme j'ai pu le faire aux journées k par exemple a Dijon Prenois.
Retour au paddock et debrief de la vidéo avec ce qu'il faut corriger pour chacun de nous. David immortalise les debrief en les filmant intégralement. Serge en profite ensuite pour nous expliquer la bonne position a adopter etc.... Une chute d'une nana en 650 sv montée piste interrompra la 1ere session (sélecteur et platines casses, elle en trouvera en remplacement et sera de la partie l'après midi).
A la 2nde session mon ami en 1100 zrx chutera également, perte de l'avant au freinage, pas trop dégat si ce n'est guidon légèrement tordu il aurait pu continuer mais ne se sentait pas. Notre gars en 750 vfr, peut-être leader de ce groupe qu'il a a lui dans sa région (parisienne), se fera copieusement dépasser ce que son égo supportera assez mal... Il abandonnera le stage à la mi-journée ! ' faut dire aussi qu'il y a les debrief vidéo... Les images parlent d'elles-mêmes !

Les pilot road 2 dans ces conditions sont irréprochables ! Pas de glisse au rdv, bon feeling, vraiment de très bons pneus ! David joue de ses réglages dtc... Il semble d'ailleurs tenir son engagement "l'année de la mesure"... Les tours s'enchaînent, on commence un peu a cerner les différents niveaux, on se double (zrx powerrrr) et mise a part Ninou, le gars en 748 et l'autre en 650 versys qui roulent plus fort que moi personne ne me doublera...

Une chute du gars en er6... Rien pour le pilote mais moto en sale état, excès d'angle ou accél sur celui-ci... Dommage car il chute à la dernière session du matin et ne pourra profiter du miracle de l'après midi : la piste sèche !!!!

Repas assez vite expédié, Ninou veut remettre de l'essence, je suis a mi plein après 4 sessions et il en reste 3 je ne pense pas ceci nécessaire, idem pour David et Gérard. Erreur stratégique je tomberai en réserve à la moitie de la 2° session... On ouvre légèrement + sur le sec ! Quel bonheur !
Mêmes exercices que précédemment, toujours filmés, on aborde les freinages... Je serai gêné par les personnes que je rattrape et on se retrouve a 3/4 pour l'exercice de "la course dans la course" commentera Serge lors du debrief vidéo !:-)

La dernière session est une session libre. Je prends plaisir a déposer des bécanes bien plus récentes que ma zrx (notamment les r1 2010, hé hé, rt la bm r12r a ligne ackra) et a mi-session je relâche un peu car la fatigue commence à s'accumuler.. C'est alors que j'aperçois dans mes rétro (je sais faut pas) le retour de Bd sur sa multi12...hé hé "faisons lui le spectacle sons et lumières" pensais-je... Et scchhhraacccc le slider gauche de genou et schhrrrrraaac ccc le slider titane de ma botte droite avec sa gerbe d'étincelles... Bd appréciera le spectacle !!!

C'est la fin... Discut avec Serge toujours très dispo et sympa...

 

Le off en vrac ...

Nos galères tous les soirs pour retrouver l'hôtel malgré nos repas non arrosés...

La discussion à table avec le beau père de Serge Nuques qui t'explique que gamin il faisait des roues arrières totalement maîtrisé sur des vélos adultes femmes ... Ses vitesses de passages avec des mob ou il manquait toujours des morceaux....

Toujours dans ces discussions il explique la cascade de Serge pour un film ou on lui demande de faire une roue arriere à 215 km/h pendant qu'un avion pique sur lui à la même vitesse et le + proche possible...
 
 

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MessagePosté le: 04 Juin 2010, 11:57    Sujet du message: Répondre en citant

Ninou

Le stage offert par Serge Nuques m'intriguait depuis que j'avais découvert son existence, au hasard  d'une lecture sur un forum, peut-être ici même d'ailleurs. Les stages se déroulent normalement sur circuit, et pour moi, qui roule essentiellement sur route, l'application de ce qui s'apprend dans ces stages doit souvent être adaptée aux spécificités du roulage sur route. J'étais donc curieux de ce stage mixte par un pilote reconnu pour sa maîtrise du roulage sur route autant que sur circuit.

Ça faisait donc quelques temps que je pensais participer à un de ces stages. D'autant que Pau n'est pas si loin de Madrid, pas plus de 600 km. Lorsque j'ai su que AK allait participer à un des ces stages et qu'en plus l'Aigle Noir lui-même serait présent avec sa MTS toute neuve, ma décision fut vite prise de faire une petite surprise à nos 2 lascars que j'apprécie toujours de côtoyer. D'autant que ça faisait un bail que je n'avais pas vu BD et que AK ne viendra pas en Espagne cet été pour cause d'achat d'une horreur à 3 roues. Tant pis pour lui, il ne sait pas ce qu'il rate. Ou plutôt si, je pense qu'après ce petit week-end il en a une petite idée.

Pendant un moment j'ai pensé que Glotton aussi serait présent, ce qui aurait fait un sacré poker de bitumeurs au stage. Il était incité par AK à y aller et il a roulé avec BD un peu avant le stage. Je pensais que ces deux pourraient le convaincre de participer. Pour ma part, ne voulant pas me dévoiler et gâcher l'effet de surprise, je me suis contenté de lui demander plusieurs fois s'il allait participer au stage. Malheureusement les réparations du Speed Triple ont pris plus de temps que prévu et il se refuse catégoriquement à mettre le S4RS sur piste. Dommage, ça aurait été vraiment sympa! Mais enfin, il fut là par nos médisances et imitations variées ("Ralalalala... Mais comment vous faites pour avoir des motos aussi sales les mecs...").


En fait mon plan initial n'était pas de mettre la KTM sur piste non plus. Je pensais monter en fourgon avec la R1 pour la journée de circuit et la KTM pour la journée de route. Malheureusement un serrage de moteur intempestif sur le circuit de Valence en février a mis fin à ce plan. La R1 maintenant partie sous d'autres cieux en quête d'une deuxième vie, il me fallait changer mes plans: faire le trajet à moto et utiliser la KTM pour la route et le circuit. La KTM fait tout de manière superbe, le circuit étant le seul domaine où elle pourrait laisser à désirer, en termes de puissance et géométrie générale (position de conduite, garde au sol, suspensions longues). De plus c'est maintenant mon seul véhicule, la moto que j'utilise tous les jours. Mais bon, il n'y a pas vraiment d'autre choix et c'est donc sur ce plan là que je m'arrête. Les conversations sur le forum me permettent de savoir quel hôtel ont choisi mes deux victimes et ma réservation est bientôt faite.

On commence par la préparation de la moto les jours précédents: kit chaîne neuf avec greffe d'un pignon de sortie de boite raccourci d'une dent (suggestion de mon concessionnaire), appoint d'huile, lavage glottonesque et monte d'un jeu de Michelin Power Pure pour remplacer le Pilot Road 2 arrière hivernal et le Pilot Power avant qui en est à 14000 km depuis sa monte sur la moto après la Provençale de l'été dernier. Il était vraiment temps de le changer celui-là! À lui seul il gâchait presque tout le reste de la moto tellement il était usé.


J'hésite à monter en combi de piste seulement ou en tenue de route avec le matos de piste dans les bagages. Les prévisions météo me décident pour la deuxième solution. Le roll-bag KTM avale sans sourciller la combinaison de cuir, les bottes de piste, la combinaison de pluie, un bidon d'huile et une petite bombe de graisse à chaîne. Sa fixation sur la partie arrière de la selle est un jeu d'enfant grâce aux 4 sangles fournies. Le petit top case et les 2 valises latérales reçoivent le reste de mes affaires, notamment la doublure de gore-tex pour ma tenue de route. Je fixe le porte carte sur le réservoir et y insère mon roadbook.

Le roadbook préparé la veille passe au plus direct tout en évitant soigneusement l'autoroute, à part pour sortir de Madrid, et me promet une jolie balade de 550 km. Il s'avérera à l'arrivée que ce sont 600 km plus exactement que j'aurai à parcourir.
Comme toujours mon départ, initialement prévu à 10h30 maxi, se fait avec retard et c'est à 11h45 que je me mets en route. Il fait une vingtaine de degrés et le temps est plutôt clair, avec quelques nuages çà et là.

C'est la litanie monotone des autoroutes urbaines qui me permettra de contourner Madrid par le nord et rejoindre Guadalajara où je pourrai enfin quitter l'ennuyeux ruban autoroutier pour ne plus le rejoindre jusqu'à ma destination finale. À partir de maintenant ça n'est que de la petite route déserte. Direction Jadraque et son beau château médiéval qui vous accueille au détour d'une épingle. La campagne espagnole est superbe, d'écarlates coquelicots donnant de leur vif éclat à ce vert tableau des airs impressionnistes, voire pointillistes, et mêlant un rouge brillant au jaune, blanc, mauve, bleu et violet que contribuent une variété toujours renouvelée de fleurs printanières. À chaque détour de la route mon oeil est attiré, ici par un vert champs de blé en herbe copieusement saupoudré du rouge des coquelicots, là par un talus foisonnant de fleurs multicolores.

Je joins les villages aux villages, souvent éloignés d'une trentaine de kilomètres les uns des autres, comme un gigantesque jeu de "connecter les points". La route se fait souvent rectiligne dans les vastes plaines de la Castille qui m'amèneront aux portes de l'Aragon et de la Navarre et son désert des Bardenas Reales où j'avais rejoint Ben et Gromono pour la Quercynoise 2 il y a déjà quelques années. Mais la route est déserte, le décor enchanteur et la progression rapide. Quelques sections de virolos viennent parfois mettre à contribution les flancs des Power Pure et en toutes circonstances la KTM me comble d'aise. Quel formidable outil pour voyager, à la fois pratique et amusant. J'ai beau être chargé du roll-bag, des valises et du top case, dès que des virolos apparaissent j'ai l'impression d'être au milieu d'une petite arsouille du dimanche matin sur la spéciale locale. Ça n'est pas l'impression que donne une R1200GS chargée, toute efficace qu'elle soit.

Les températures se maintiennent entre 18º et 20º et un vent assez fort fait son apparition. Il ferait presque frisquet. Petite route après petite route, charmant village après charmant village j'arrive à Tudela que je traverse avant de m'attaquer au désert des Bardenas Reales. La route se fait plus torturée et ne tarde pas à annoncer les premiers contreforts pyrénéens. Ma porte d'entrée dans l'imposant massif sera Sos del Rey Católico et son parador médiéval. Cela fait maintenant un petit moment que les Power Pure passent la majorité de leur temps sur leurs flancs, la bande centrale ne contactant le bitume que pour le changement d'un côté sur l'autre. Et toujours le rouge des coquelicots qui accompagne ma progression dans ce cadre dont le relief commence à se relever singulièrement.

Après Sos del Rey Cátolico, c'est une charmante petite route qui m'amène au réservoir de Yesa. La route est quelque peu dégradée. C'est bosselé et il convient d'être attentif aux gravillons jonchant la plupart des virages mais la KTM s'accommode de ce genre de routes parfaitement. Les imposantes ruines de la forteresse de Ruesta surplombent le réservoir de Yesa dont les eaux turquoises apparaissent au détour d'un virage.

Je traverse la N240 qui joint Pampelune à Jaca et fonce droit au nord pour attaquer de front la chaîne pyrénéenne que je traverserai par le col de la Pierre Saint Martin, en espérant avoir meilleur temps que lors de ma précédente traversée avec Ben et Gromono. Ce fut épique cette fois-là, avec des trombes d'eau et un brouillard impénétrable. Je traverse les derniers villages espagnols avant d'attaquer le col proprement dit et de passer en France: Burgui, Roncal et Isaba.

Je m'arrête un instant avant d'aborder le col et en profite pour enfiler ma doublure de Goretex pour le cas où. Le temps change tellement vite en montagne. Il ne pleuvra pas, par chance, mais je ne regretterai pas ma décision, la température baissant à 10º au passage du col, dont les parages sont encore maculés de neige.
Je peux enfin profiter de ce col sur le sec et ne m'en prive pas. La vue est superbe et les virages nombreux et variés. Il y en a notamment un qui tourne à 270º, la route repassant au-dessus d'elle même lors de cet interminable droit dont le seul but semble être de contourner un gros tas de neige. Je branche les poignées chauffantes et je suis vraiment comme un roi perdu au milieu des pics enneigés.

Je laisse la station de ski de la Pierre Saint Martin sur ma droite et entame ma descente sur le versant français. La route n'est pas aussi bonne que sur le versant espagnol (cela semble être une généralité) mais je me divertis tout autant que lors de la montée pour rallier Arette puis Aramitz et enfin Oloron Sainte Marie. De là je décide d'aborder Pau par l'ouest car notre hôtel est situé dans la grande banlieue ouest de la capitale béarnaise et je ne veux pas me perdre dans Pau en cherchant la commune de Lescar. C'est donc directement dans Lescar que je me perdrai... Je manque d'ailleurs de me mettre au tas en prenant la sortie, apparemment fort peu utilisée et remplie de gravillons farceurs qui mène à Lescar centre. Après 600 kilomètres de routes variées avalés à bon rythme est sans encombres c'eût été fâcheux!


Je perdrai une bonne vingtaine de minutes dans Lescar mais les bonnes gens de cette commune ayant eu la bonne idée d'installer çà et là des plans de leur ville avec un gros point rouge indiquant fort amènement "vous êtes ici" je finirai par trouver l'hôtel où j'arriverai à 19h30.

Là sur le parking, outre un V-Strom 650, se trouvent la ZXR bordeaux de AK ainsi que la Golf toute neuve du BD, affublée d'une remorque sur laquelle trône la Multistrada noire. AK est là, à côté de sa moto et me regarde arriver intrigué. Je fais un rond autour de lui et sa moto, en le tançant et en donnant de coups de gaz. Ça, y est je crois qu'il m'a reconnu. BD est là aussi et c'est avec un énorme plaisir que je salue mes deux amis, quelque peu surpris de ma présence. Ils me demandent même si je viens pour faire le stage. Non, non, je suis juste venu pour dormir au Fast Hôtel de Pau-Lescar de renommée mondiale!

Nous aidons BD à décharger la MTS, tout en papotant et médisant sur les absents, rien que de très usuel entre Bitumeurs quoi. Le temps de décharger la KTM, prendre une douche et me changer et nous prenons la BDmobile pour aller nous balader un peu dans Pau et dîner. Entre-temps un groupe de motards espagnols est arrivé. Ils viennent de Bilbao et ont réservé le circuit pour le lendemain. Ils étaient déjà là 15 jours auparavant mais n'avaient pas pu tourner pour cause de déluge. Je ne sais pas s'ils pourront tourner cette fois-ci car les prévisions météo qui apparaissent sur le i-Phone d'AK sont très pessimistes.

Nous passons une agréable soirée à Pau où nous découvrons le quartier du château et prendrons notre dîner dans une brasserie où BD pourra voir finale de rugby, ce qui le consolera un peu de ne pas avoir pu manger un cassoulet royal dans le restaurant d'à côté, écarté de notre choix car n'ayant rien pour accommoder mon régime végétarien... C'est que la gastronomie gasconne fait plutôt la part belle à la viande! Une salade de chèvre chaud plus tard et il est temps de choisir un dessert. Le gâteau basque est très tentant mais je finis par imiter BD et opte pour le fromage de brebis accompagné de confiture de cerises noires, une spécialité locale.

Après cette agréable soirée où AK m'aura expliqué les subtilités de la conduite d'un side-car (qu'est-ce qu'ils sont emmerdés avec leur troisième roue!) il est temps de regagner l'hôtel et prendre un repos bien mérité avant la première journée de stage le lendemain. Après avoir visionné quelques vidéos du week-end de BD dans le Maconnais avec Glotton et avoir décidé d'un roadbook, rendez-vous à 8h pour le petit-déjeuner et décollage à 8h30 pour se rendre à Abitain, à une soixantaine de km de là, où est situé le rendez-vous pour cette première journée de stage qui se déroulera sur route.


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MessagePosté le: 04 Juin 2010, 12:13    Sujet du message: Répondre en citant

C'est un temps très menaçant qui préside au réveil, conformément aux prévisions. Pour le moment il ne pleut cependant pas. Peut-être que ça va tenir? Aurons nous cette chance? Quoiqu'il en soit la doublure de goretex est en place dans le pantalon et dans le blouson, les bottes de routes sont étanches et les gants d'hiver étanches sont dans le petit top case.

Au petit-déjeuner nous faisons la connaissance de Gérard, le propriétaire de la V-strom. Il est là pour le stage lui aussi. Nous ferons donc la route ensemble.
À 8h30 c'est le départ sous mon guidage éclairé qui nous permettra de nous perdre rapidement. Heureusement Gérard est équipé d'un GPS et nous arriverons pile poil à l'heure à Abitain, avec un arrêt essence à la clé.
 
Nous avons beau arriver à l'heure, nous sommes tout de même les derniers. Il y a là, déjà rassemblés, une douzaine de motards autour du véhicule d'assistance de Serge que conduira sa femme Rachel. Nous faisons connaissance avec Serge, très sympathique et abordable et quelques uns des motards qui vont participer à ce stage. Il y a là 3 ZRX avec celle d'AK! L'une d'entre elle appartient à un ami de Serge qui servira de fermeur pour cette journée sur route. Il ne pourrait pas avoir choisi une meilleure moto pour ce faire... c'est pas AK qui me contredira!

Il y a aussi 3 R1 2010 trônant au milieu. Il y a celle du chevalier himself et j'imagine que les 2 autres sont les motos de moniteurs travaillant avec Serge car rangées à côté de la sienne et préparées (un seul rétro sur le guidon, etc...). Mais non, en fait elles appartiennent à deux motards venus faire le stage. Vu la préparation je me dis qu'on va avoir à faire à des clients...

Il y a aussi 2 Versys, dont une jaune équipée d'un pot fort bruyant. PRRRRAAAAA! PRAAAAAA! dira souvent la Versys au cours de ces 2 journées.
Une FZ6 N appartient à la seule fille du groupe. Celle-ci est équipée d'un jean. J'ai presque envie de lui demander si c'est un jean en kevlar, j'ose espérer que si.
Il y a là aussi une R1200R, une VFR vert sombre plutôt sale (pas la saleté d'avoir roulé pour venir, mais plutôt une saleté accumulée pendant longtemps), un ER6 N appartenant à un petit jeune du Doubs et une Ducati 748.
Le beau-père de Serge est là aussi avec une FJR1300 Anniversaire (arborant la livrée de la FJ1200 d'autrefois) de démonstration.
 
Serge est curieux de la MTS de BD, qu'il surnommera Teletubby à cause de la caméra qu'il a fixé sur son casque, et qualifie la KTM d'arme absolue.
Il nous explique comment va se dérouler la balade. Nous fonctionnerons avec un ouvreur, lui, un fermeur en ZRX et le système du tiroir. À chaque changement de direction, celui qui suit Serge restera à l'intersection pour indiquer la direction à prendre et ne repartira que lorsqu'il verra arriver le fermeur. Il mentionne en passant que, suivant le rythme, on est libre de remonter le groupe. Il nous présente son beau-père en nous disant qu'il connait bien les routes et qu'on peut se servir de lui pour les trajectoires. T'as raison! Il s'avérera qu'il passe sont temps dans la voie gauche le beau-papa! Quelle horreur! Heureusement ça ne sera pas le cas de Serge!
 
Il ne pleut toujours pas et Serge espère que ça puisse passer. Quel optimiste béat ce Serge! Nous voila donc prêts à partir mais nous attendrons finalement 10 minutes de plus que les 2 mecs en R1 enfilent leurs super combardes de piste toutes neuves. Eux qui étaient arrivés à Abitain avec une heure d'avance... Le plus petit, avec la R1 blanche, passe une éternité en train de trafiquer ses bottes. Enfin nous pouvons partir et nous suivons le Chevalier sur de petites routes bosselées tant typiques du pays basque français.
 
Le rythme est plutôt très cool. Le système du tiroir se met en place facilement et je me retrouve bientôt derrière Serge, puis dernier après avoir fait mon office de tiroir. La fille en FZ6 est dernière du groupe, juste devant le fermeur et elle le reste car tout le monde la repasse après avoir fait le tiroir tant son rythme est lent, ce qui ouvre une brèche dans le groupe. Je la passe donc et recolle le reste du groupe qui suit Serge, toujours à rythme tranquille. En fait c'est durant ce roulage en solitaire pour combler l'espace entre la fille et le reste du groupe que je peux me faire un peu plaisir en ce début de balade.
 
Peu après moi c'est au tour du gars en VFR de faire le tiroir. Il passe aussi la fille et recolle au groupe mais il ne s'arrête pas là. Il commence à remonter tout le groupe. Qu'est-ce qu'il fait? Il a quelque chose à prouver? S'il y avait une cassure dans le groupe, je veux bien qu'il remonte pour aller rouler à un rythme qui lui convient mieux devant, mais là ça n'est pas le cas: tout le monde est regroupé et va au même rythme en suivant le chevalier. C'est vraiment prendre des risques et faire chier les autres pour rien. Cela me le rend de suite tout à fait antipathique et je ne peux m'empêcher de penser qu'il sera tôt ou tard remis à sa place d'une façon ou d'une autre.
 
Ce qui transparaît aussi de ces premiers kilomètres c'est que les 2 gars en R1 ne sont pas vraiment des clients. Celui en bleu ne roule pas trop mal mais celui avec la R1 blanche est à la ramasse malgré ses efforts pour déhancher. Le rythme est encore très cool, même s'il a un peu augmenté, et pourtant en l'espace de 5 virages il fera devant moi un tout droit et une sortie large.
 
De temps en temps Serge s'arrête, nous nous regroupons et il nous explique une chose ou une autre, la lecture de la route, l'importance du regard, la position sur la moto...
 
Je me retrouve dans sa roue à l'attaque d'une petite route qui commence à grimper sérieusement. C'est alors qu'il se décide à hausser le rythme. Enfin! Nous décrochons le reste du groupe et je me régale à le suivre. Chaque bout de droit est prétexte à un long wheelie pour le chevalier. Cette petite route débouche sur une belle route qui passe par un col dont le nom m'échappe (col d'Oskitxe?). À la jonction avec cette route je fais mon office de tiroir et attend le reste du groupe. Notre ami en VFR passe sans même regarder si une voiture arrive! Il ne s'est pas rendu compte qu'il débouchait sur une nouvelle route? Décidément, je pense que son stage ne va pas bien se terminer.
 
Je repars devant le fermeur et me fais plaisir sur cette belle route, mais c'est de courte durée car nous nous arrêtons bientôt à un point de vue en haut du col. La vue est très limitée par le brouillard, mais pour le moment il ne pleut toujours pas. Nous repartons bientôt et abordons une petite route qui monte à l'assaut de la montagne. Je suis dans la roue de Serge et de nouveau nous nous faisons plaisir, lui à coups de wheelies et sauts sur les dos d'âne et moi tout simplement en le suivant. Las, alors que nous montons, l'inévitable se produit: nous finissons par entrer dans un nuage et la pluie fait son apparition. Nous continuons un moment et il s'arrête dans une épingle pour expliquer au groupe comment aborder une épingle. Il n'en n'a pas le temps: un coup de fil l'informe que la fille en FZ6 est tombée.

Je profite cependant de l'arrêt pour prendre mes gants étanches, mettre la capuche imperméable sur le top case et me demander à quel moment BD va marcher dans l'énorme bouse de vache à côté de laquelle il s'est arrêté. Mais non, il contrôle le BD. L'année de la mesure!
 
Demi-tour donc pour retourner à l'endroit où est tombé la fille. La pluie ne nous quitte plus maintenant. Elle faiblit un peu en redescendant mais elle ne cessera plus jusqu'à ce nous rejoignions l'Espagne après le déjeuner. Maintenant qu'il pleut le gars en R1 blanche est encore plus à l'arrêt qu'avant le pauvre.
Nous arrivons sur les lieux de la chute. Heureusement plus de peur que de mal pour la nana mais la FZ6 est HS. Elle est chargée dans la fourgonnette d'assistance. La fille elle en est quitte pour une abrasion au genou (c'était donc une paire de jeans normale qu'elle portait) et sur le ventre, son blouson ayant remonté lors de la chute, mais elle est de bonne humeur et a le moral.
 
Nous repartons pour rejoindre le lieu du déjeuner. La pluie se fera de nouveau plus intense lorsque nous recommencerons à grimper. Je me cale dans la roue du chevalier et le suis jusqu'à l'auberge où nous mangerons, perdue dans cette montée sur cette petite route. Quel dommage qu'il pleuve et que le brouillard s'épaississe. On devine une vue absolument splendide et une magnifique terrasse nous aurait accueillis. Tant pis, nous en serons quitte pour manger à l'intérieur. Une salade avec du fromage de brebis pour moi, avec du thon pour les autres, sera suivie de pâtes à la piperade pour moi et de riz et poulet pour les autres. Le riz est d'ailleurs très bon et j'en mangerai aussi. Une crème sert de dessert pour tout le monde.
 
Pendant ce temps au dehors le brouillard s'épaissit de plus en plus et la pluie ne faiblit pas. Plus le brouillard s'épaissit et plus le gars en R1 devient livide. Il est
tellement perturbé qu'il fera même tomber sa moto à l'arrêt en repartant. Heureusement il la retient bien et il n'y pas de dégâts.
 
Pour ma part je suis reparti dans la roue de Serge et le passage vers l'Espagne sur cette petite route va être assez Dantesque vues les conditions. La route est étroite, bosselée, détrempée, pleine de bouses de vaches et de gravillons et peuplée de gros animaux en liberté... le tout dans un brouillard à couper au couteau! Le gars en R1 bleue suit un petit peu mais décroche inévitablement alors que je m'accroche à mon guide de luxe. Il recolle 2 ou 3 fois alors que nous nous arrêtons pour laisser passer des vaches ou des chevaux, mais décroche de nouveau à chaque fois. Il faut dire que c'est plutôt une route à KTM Supermoto qu'à R1, ce qui ne semble pourtant pas gêner le chevalier outre mesure.
 
Nous finissons par passer en Espagne et entamons  la descente, toujours dans des conditions aussi piègeuses. Nous nous arrêtons et attendons le reste du groupe. La R1 bleue ne tardera pas à arriver suivie du gars en 748, pas vraiment le genre de bécanes adaptées aux conditions. La versys jaune aussi arrive mais aprés ça c'est le trou. En regardant un peu vers le haut on peut voir que le groupe s'est arrêté, apparemment suite à une chute. C'est notre ami en VFR qui s'est fait remettre en place, comme il devait arriver. BD me racontera le sketch.
Dans la montée il avait passé AK et BD au milieu du brouillard puis disparu. Pas pour longtemps car il a dû se faire une frayeur et AK et BD l'ont repris, ce qui ne lui a certainement pas plu. Du coup il décide de remettre gaz... et se dirige droit vers une énorme bouse de vache. Une embardée à droite, une embardée à gauche, un embardée à droite... va-t-il sauver la situation? Non: en arrivant sur l'herbe la VFR s'écrase par terre comme une grosse bouse (c'est le cas de le dire). Franchement il y a de quoi rire, surtout que seul son amour propre, et un peu son carénage, sont blessés. Mais ce n'est pas fini, notre ami va nous faire la totale. Non content de se vautrer sur une bouse (ce qu'on appelle "add insult to injury" en anglais) il va trouver le moyen de se vautrer comme une larve de l'autre côté en redémarrant. Comme remise en place, on fait difficilement mieux. Il ne mouftera plus du reste du stage.
 
Une fois que notre ami a fini son sketch, la troupe se rassemble. Le brouillard semble vouloir se lever quelque peu. Et de fait le temps s'éclaircira au fur et à mesure que nous avançons en Espagne. Les routes seront bientôt sèches et, comme toute bonne route espagnole qui se respecte, superbes! Il y aura même des moments où il pleuvra mais où la route, on ne sait par quel miracle, restera obstinément sèche. Je dois avouer que j'ai éhontément monopolisé la roue du chevalier dans quasiment tout le roulage espagnol. Je me suis vraiment fait plaisir dans sa roue. Par moment je le poussais même au cul, mais bon, il gérait le rythme pour ne pas laisser le reste du groupe trop loin derrière et aussi parce qu'il ne doit pas vouloir que quelqu'un se vautre sur la route en essayant de le suivre.
Derrière, le mec en 748 tentait de suivre et se débrouillait plutôt pas mal mais décrochait quand Serge forçait un peu le rythme. Normal: pas de patate la 748, c'est connu!
Parfois aussi le mec avec la versys jaune venait jouer avec nous. Il roule plutôt pas mal d'ailleurs même s'il triche un peu sur quelques trajectoires.
 
De temps en temps Sergei me gratifie de ses facéties: wheelies, entrée dans les épingles en dérive de la roue arrière avec appel/contre-appel, sortie d'épingle en portant tout son poids vers l'avant pour faire patiner la roue arrière... Y a un peu de maîtrise...
 
En général lors du roulage espagnol nous nous arrêtions comme un groupe lors des changements de directions, peu nombreux, ce qui me permettait de toujours repartir dans la roue de Serge. Une fois cependant je dûs faire office de tiroir et repartir dernier. Je commence alors à remonter et tombe sur l'autre versys, la bleue. Le gars est à la ramasse et coupe complètement toutes ses trajectoires. À un moment je tente de le passer dans un virage à gauche mais je me méfie et fais bien car il coupe complètement le virage devant mon nez. Je finis par lui faire l'extérieur et les freins dans le droite/gauche suivant pour aller rejoindre AK et le reste du groupe agglutiné derrière la R1 bleue.
 
Argh! La route est superbe et ça se traîne! Mais voila, il y a là 5 ou 6 motos à passer, jamais chose aisée sur une route viroleuse. Je vois AK impatient lui aussi mais il n'a pas l'air de se décider. Alors que je m'apprête à le passer, il se décide enfin et fait parler le ZRX power. Je lui emboite la roue et sur l'espace de quelques virages nous réussissons à faire sauter le bouchon. Le mec en versys jaune nous suit aussi et c'est parti! Argh! Cet enfoiré d'AK, ça faisait longtemps qu'il m'avait pas bouchonné tiens! Je commence à préparer un dépassement lorsque nous rejoignons Serge et le reste du groupe, dont BD, arrêté sur la bas-côté. Il semble que BD se soit bien fait plaisir à suivre le chevalier.
 
Nous repartons bientôt et je reprends la roue du chevalier pour continuer ce superbe roulage sur les routes espagnoles qui nous mènera un peu au-dessus d'Isaba pour reprendre la route de la Pierre Saint Martin que j'ai empruntée la veille. À la différence de la veille, le temps ne sera pas clément aujourd´hui et plus nous nous rapprochons de la France, plus la météo se dégrade. La pluie et le brouillard ne tardent pas à refaire leur apparition et les conditions redeviennent difficiles. Comme après le déjeuner je ne lâcherai pas le feu arrière de mon guide de luxe, même si je connais un peu la route de la veille.
 
Nous arrivons bientôt à la station de ski de la Pierre Saint Martin, que nous ne voyons même pas tant le brouillard est épais, puis nous attaquons la descente. Le brouillard finira par se dissiper mais la pluie redoublera. C'est par une interminable succession de routes toutes plus petites les unes que les autres que nous finirons par revenir à Abitain alors que je suis en réserve depuis bientôt 25 kilomètres.
 
On rigole un moment avec Serge et quelques autres puis nous nous mettons en route pour rallier l'hôtel qui est encore à plus de 60 kilomètres. Il continue de pleuvoir. Je suis vraiment satisfait de mon équipemement de route car je suis totalement au sec, y compris les pieds et les mains. Nous faisons une halte à Sauveterre de Béarn pour refaire le plein, puis, incapables de trouver la nationale qui doit nous ramener à Pau, nous nous rabattons sur l'autoroute. Là, AK et BD font étalage de toute leur expertise dans cet environnement et nous voila comme 4 fous furieux à 180 sous des trombes d'eau.
 
Au passage du péage Gérard nous fait un sketch en essayant de payer pour nous 4 ensemble pour gagner du temps: nous passerons bien 3 ou 4 minutes là à bloquer le reste de la circulation pendant que la machine refuse obstinément les billets mouillés de Gérard et que les préposés au péage lui donnent des indications contradictoires. Nous finissons tout de même par nous extirper de la machine à sous et c'est lorsque nous arrivons en vue de la sortie que BD décide de nous faire une Keros et part à fond sur l'autoroute! Je commence déjà à m'esclaffer dans mon casque en l'imaginant passant la sortie à 250... mais non, c'est l'année de la mesure et le BD il contrôle à mort cette année! Il a bien vu la sortie.
 
Une fois sortis de l'autoroute, nos aventures ne s'arrêteront pas pour autant et il nous faudra un bon moment pour retrouver l'hôtel. Enfin, ça aurait pu être pire: il aurait pu pleuvoir... heu... ha merde! Il pleut!

Nous finissons tout de même par arriver à l'hôtel et tout le monde s'empressera de se délecter d'une bonne douche bien chaude, surtout mes compagnons qui ont pas mal pris l'eau, au niveau des pieds et des mains notamment. Par contre il sera impossible de faire sécher quoi que ce soit tellement l'atmosphère est humide. Voila qui ne sera pas très agréable demain matin au moment d'enfiler bottes ou gants trempés. En attendant nous profitons de la BD-mobile pour aller à Pau et dîner.
 
Le premier restaurant ouvert que nous voyons est un mexicain et nous décidons que c'est un bon choix. C'est en effet un bon choix et je me régale de guacamole et d'un burrito aux légumes avant de terminer par une part de tarte aux noix de pécan. Sur l'écran à côté de nous se déroule le match préparatoire de l'équipe de France en Tunisie. Le repas est aussi joyeux que copieux et c'est dans la bonne humeur que nous nous perdrons de nouveau pour retourner à l'hôtel.
 
Il est temps d'aller au lit car demain nous avons rendez-vous à 8h15 au circuit de Pau Arnos et il faudra faire le plein avant. J'insiste sur ce point alors que mes camarades pensent que ça n'est pas la peine. Je sais ce qu'on peut consommer sur circuit et après avoir roulé comme des calus sur l'autoroute après avoir fait le plein, je sais que cet appoint sera vital. Nous nous donnons donc rendez-vous à 7h pour le petit-déjeuner et chacun regagne sa chambre pour un repos bien mérité après une journée de roulage inoubliable.
 
 

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MessagePosté le: 04 Juin 2010, 19:09    Sujet du message: Répondre en citant

Le lundi matin commence comme le dimanche soir avait terminé: sous la pluie. Cela n'entame pourtant pas notre bonne humeur lorsque nous nous retrouvons pour le petit déjeuner à 7h.
 
Vu le temps je décide d'aller au circuit en tenue de route. Je fixe donc le roll-bag contenant mon équipement de piste sur la moto et nous décollons bientôt en direction du Carrefour local afin de faire le complément de carburant. Je mettrai près de 6 litres, une quantité non négligeable et qui pourrait s'avérer fort utile pour ne pas manquer une session de circuit aujourd'hui.

C'est Gérard qui nous guide vers le circuit et nous y mènera sans coup férir. Nous sommes à l'heure et parmi les premiers arrivés. Le temps est toujours aussi maussade: pluie et brume. Du coup je décide de laisser les suspensions sur leurs réglages route.

Le temps d'enfiler la combinaison de cuir et la combinaison de pluie et nous sommes prêts à partir pour la première session. Je garde cependant mes bottes et gants de routes, étanches. La premiére session doit se faire à la suite du Chevalier, histoire de découvrir le circuit.
 
Le circuit de Pau Arnos est un petit circuit ma foi fort sympathique, plus technique que rapide, la ligne droite étant courte. On entre sur le circuit à la fin de la ligne droite et on plonge directement dans la chicane rapide, droite/gauche en descente, qui termine cette ligne droite. Vient ensuite un long droit à double point de corde qui referme. On enchaîne ensuite avec un gauche rapide puis on commence à monter vers un droite. On arrive ensuite dans un droite relativement serré qui mène à une parabolique à droite très rapide car ouverte et en descente avant de remonter pour un gauche lent et serré. On continue de monter à la sortie de ce gauche serré, on passe une crête et c'est alors une courte descente vers le "Laguna Seca", une chicane lente gauche/droite en descente fort bien nommée car reproduisant en plus petit et moins extrême le fameux "tire-bouchon" de Laguna Seca. C'est ensuite un droite très ouvert qui remonte vers un droite beaucoup plus fermé menant sur la ligne droite.

Je pars parmi les derniers et découvre le circuit à la suite des mes petits camarades, notamment le fameux "Laguna Seca" dont je ne savais pas encore qu'il était ainsi surnommé, et qui me rappelle immédiatement l'original. Après 2 ou 3 tours des espaces importants commencent à se créer et je décide de remonter un peu le groupe. Je passe mes petits camarades un à un au fil des tours et finit par arriver sur une R1 suivie de la 748. Je prends la R1 pour une des 2 R1 des stagiaires qui nous accompagnent et me fait la réflexion qu'il roule beaucoup mieux sur circuit que sur route... C'est alors que je m'apprête à les dépasser que je réalise que c'est le Chevalier himself qui est sur la R1! Oups! J'étais pas loin du crime de lèse majesté! Je me cale donc dans leur roue pour terminer cette première session de découverte d'un circuit de Pau Arnos détrempé.

Serge ne roulera avec nous que lors de cette première session puis lors de la dernière. Pour le reste des sessions il prendra une pit-bike et ira se placer dans un virage différent à chaque session. Il nous laissera faire 3 ou 4 tours puis nous arrêtera dans le virage en question pour nous expliquer une chose ou une autre: le freinage, la trajectoire, la position sur la moto... Il nous laisse ensuite repartir et à chaque passage dans ce virage il nous filme pour voir si nous mettons bien en application ce qu'il vient d'expliquer.
 
Entre chaque session de roulage il nous passe la vidéo, fait un arrêt sur image pour chacun à chaque passage et commente ce qui est bien et ce qui pourrait s'améliorer. C'est vraiment très instructif, notamment pour la position sur la moto. Cela m'aide beaucoup car c'est la première fois que je roule sur circuit avec autre chose qu'une sportive et la position de déhanché (beaucoup plus accentuée que sur route pour ma part) est différente notamment à cause du grand guidon. Il m'en coûtera d'exagérer suffisamment le mouvement pour obtenir un déhanché optimal. C'est d'ailleurs une constante pour tous les participants: en voyant la vidéo on se rend compte que l'on ne déhanche pas autant qu'on le pense.
 
Le matin comptera 4 sessions, toutes effectuées sous la pluie. Ça n'est en fait pas plus mal car les vitesses forcément limitées nous permettent de nous concentrer sur les différents exercices à travailler. Ça roule cependant à bon rythme et les Power Pure fonctionnent très bien sur le mouillé. Le gars en 748 m'informe même que je suis tout prêt de toucher le genou par terre alors que je me demande encore si j'y parviendrai même sur le sec vu le type de moto sur lequel je suis. Je préfère cependant ne pas toucher car la combi de pluie ferait sacrément la gueule sinon.
 
Le gars en 748 est le plus rapide des autres stagiaires sur le circuit et on s'arsouille un peu. Lors de la 3eme session il repart une vingtaine de secondes (le temps d'enfiler les gants et démarrer) avant moi après le briefing de Serge dans un des virages. Deux tours plus tard j'ai déjà bien remonté sur lui et il m'aperçoit du coin de l'oeil alors que je suis en plein dans la parabolique et qu'il prend le gauche lent qui suit cette parabolique. Pendant le tour qui suit je continue de remonter sur lui jusqu'à littéralement fondre sur lui dans la parabolique. J'hésite d'ailleurs à tenter de lui faire le freinage à l'entrée du gauche mais décide d'attendre. Il regarde du coin de l'oeil, s'attendant à me voir de nouveau dans la parabolique, à peu près à la même distance de lui qu'au tour précédent, et, ne me voyant pas, tourne la tête... pour me découvrir à à peine une mètre de lui!
Il en est tellement surpris qu'il fait une embardée et manque se sortir de la piste! J'en profite pour lui faire l'inter' et le distancerai pendant le reste de la session. Une fois sur le sec, l'après-midi, il sera plus à l'aise et pourra mieux utiliser ses Power Race ainsi que la garde au sol qu'offre une sportive et nous roulerons alors à peu près au même rythme.

Le mec en VFR ne s'est pas remis de ses aventures de la veille et est complètement à l'arrêt. Il finira même par s'eclipser durant la pause déjeuner sans rien dire, ratant ce faisant le meilleur: les sessions sur le sec de l'après-midi.

Quelques chutes à déplorer durant la matinée, notamment une fille (qui n'avait pas fait la journée route de la veille) et un ZRX, mais aussi le petit jeune du Doubs sur son ER6 lors de la dernière session matinale. Il a la malchance de tomber dans le gauche rapide. Lui n'a rien mais la moto est bien touchée, avec notamment une fourche tordue. Serge l'avait pourtant prévenu lors de la session vidéo précédente en lui disant qu'il mettait beaucoup d'angle au regard des conditions... Du coup lui aussi va rater les sessions sur le sec de l'après-midi. De plus il est venu du Doubs à moto! Mais dans son malheur il a de la chance: BD à de la place sur sa remorque et habite près de chez lui. Il lui propose donc fort gentiment de le ramener lui et sa moto.

Après les 4 sessions matinales il est temps d'aller déjeuner dans un petit resto à côté du circuit et BD et moi aurons la chance d'être placés à côté et en face du chevalier. Nous pourrons donc lui narrer les facéties du BD: retournage de remorque, varape à moto en Espagne... Il se marrera bien le Chevalier!

Après le déjeuner le plan était d'aller faire le plein des motos pour ceux qui en avaient besoin. Je suis partant car je sais que je ne vais pas pouvoir faire 7 sessions de circuit avec un plein, même si les 4 premières se sont faites sur le mouillé. Malheureusement la petite station à côté du circuit à un problème de pompe et la station la plus proche se trouve à près de 20km! C'est trop loin pour pouvoir revenir à temps pour la première session de l'après-midi. Certains, dont Serge, ayant des bidons d'essence il est décidé qu'on retournera directement au circuit et qu'on se débrouillerait pour l'essence pour ceux qui en auront besoin.

Pendant le repas il a cessé de pleuvoir complètement et nous avons la bonne surprise de voir que le circuit a séché lorsque nous y revenons. Je décide donc d'ôter ma combi de pluie, remettre les sliders sur la combi et prendre mes bottes et gants de circuit. J'en profite aussi pour passer les suspensions de la KTM sur leurs réglages sport et aussi rajouter un demi-litre d'huile.

C'est parti pour la première session sur le sec! Le rythme s'accélère et dès le deuxième tour j'ai le genou par terre. C'est quand même plus fun sur le sec!

Mon témoin de réserve s'allume à la fin de cette première session et Serge m'offre son bidon d'essence. Je pourrai donc rouler pour les 2 dernières sessions! Le soleil commence même à faire son apparition de temps en temps lorsque que nous nous élançons pour la deuxième session de l'après-midi.

Depuis que c'est sec le mec avec la Versys jaune, plutôt timide sur le mouillé, commence à se montrer. Il roule habituellement sur circuit en R1. Nous nous taperons une bourre mémorable au début de cette deuxième session.
Il part un peu devant moi. Je le rattrape et décide d'utiliser mon avantage de puissance pour le passer dans la ligne droite. J'y parviens mais en retardant mon freinage et comme en plus je ne veux pas lui planter un freinage de trappeur devant le nez il est très tard, beaucoup trop tard en fait, et je suis trop vite, lorsque je mets la moto sur l'angle pour le pif en descente qui termine la ligne droite. Et je ne vous parle même pas du paf! Une seule solution! Je redresse la moto, me mets debout sur les cale-pieds et passe tout droit en plein dans l'herbe et la terre de l'intérieur du paf dans le plus pur style Paris-Dakar! Ça a du bon un supermoto pour faire du circuit! Ça secoue un peu mais ça tient et je rejoins le circuit juste derrière la versys qui en a profité pour repasser devant. À peine revenu sur le bitume c'est gaz en grand, le couteau entre les dents! Pas le temps de gamberger! Never rendre la main! Ça me rappelle un peu, toutes proportions gardées, l'épisode Rossi-Stoner à Laguna Seca il y a 2 ans, sauf que Rossi était ressorti devant Stoner et que moi je ressors derrière la Versys. Je le reprends et lui fais le freinage à la fin de la parabolique. Il s'accroche pendant le tour suivant mais commence à perdre du terrain. Alors que nous arrivons à la fin de la parabolique je jauge la distance qui me sépare de lui et je sais qu'il va essayer de profiter des 2 freinages, celui de la fin de la parabolique et celui juste avant la chicane de Laguna Seca pour essayer reprendre du terrain. En sortant du Laguna Seca je jette un coup d'oeil furtif dans le rétro et voit mon lascar en train de passer entrer les bornes en béton qui jalonnent l'intérieur du paf de Laguna Seca. Il s'est fait un tout droit en essayant de récupérer du terrain au freinage! L'avantage de faire un tout droit à cet endroit là c'est qu'au moins c'est du bitume... et puis ça va beaucoup moins vite à cet endroit là. Je rigole bien tout de même dans mon casque. Je finis par le distancer, normal vu l'avantage de puissance que j'ai. Mais lorsque nous nous arrêtons pour le briefing de Serge dans un des virages nous sommes lui et moi morts de rire.

Dans la deuxième partie de cette session je remonte sur BD qui suit le R1 bleu. Arrivé dans la parabolique je m'apprête à leur faire l'exter aux 2 à la fois mais je préfère ne pas le risquer au cas où BD aurait la même idée que moi pour passer le R1. Je décide donc de leur faire les freins dans l'entrée du gauche et déjà je rigole car je sais que BD va faire les freins au R1. Ça ne loupe pas! BD se déporte sur l'intérieur et fait les freins au R1.
J'imagine sa surprise quand il me voit passer juste à sa gauche pour lui faire les freins à lui! Excellent! Quel dommage qu'il n'ait plus de place sur la mémoire de sa caméra depuis ce matin! En tous cas on rigole bien à l'arrêt suivant.
 
Je me divertis énormément sur ce circuit au guidon de la SMT. Je commence cependant à atteindre les limites de la moto dans cet environnement. Méme en déhanchant au maximum, la garde au sol commence à être un problème. Si je rentre un tant soit peu le genou pour pouvoir mettre un peu plus d'angle et passer un peu plus vite ou resserrer une trajectoire les cale-pieds frottent immédiatement. De plus, dans le grand gauche rapide, si j'appuie trop le genou ou laisse toucher le cale-pied, la moto se désunit, commence à louvoyer, la direction s'ouvre et élargit la trajectoire. Je me vois donc limité et dans plusieurs virages assez longs ça devient un peu un jeu de patience. Je voudrais passer plus vite mais il n'y a rien à faire, je ne peux pas.

C'est sous le soleil que nous effectuerons la dernière session, la cerise sur le gâteau, pour mettre un terme en beauté à ces 2 jours fantastiques. Serge enfile sa combi pour venir rouler avec nous lors de cette dernière session. Je le retrouve sur la piste alors qu'il ouvre pour la fille qui était tombée ce matin. Je passe la fille et m'apprête à passer le chevalier himself, mais en me voyant dans ses rétros il augmente le rythme et va m'ouvrir le circuit pendant plus de 4 tours! Je suis à la ramasse derrière mais il a le bon goût de m'attendre de temps en temps et de me divertir en m'offrant le spectacle de longs wheelies dans la ligne droite ou d'entrées en dérive dans le Laguna Seca.
Il y a aussi un ami de Serge qui est venu rouler avec son ER6 de piste lors des 2 dernières sessions et qui m'ouvrira la piste aussi pendant plusieurs tours. Bref, j'aurai pas chômé lors de cette dernière session et regretterai un peu le manque de garde au sol de la SMT.

Et voila, ça se termine. Un dernier petit inter' à AK avant la ligne droite et c'est le dernier tour. La ZRX, la MTS et la SMT sont intactes, leurs pilotes ravis et le soleil brille. Le temps de se changer et nous discutons un bon moment avec Serge avant de lui dire au revoir et de repartir vers l'hôtel. BD laisse sa moto à la sortie du circuit en compagnie du petit jeune et son ER6 et rentre en duo avec AK.

Une fois arrivés, BD part à Carrefour pour acheter des sangles pour fixer l'ER6 sur la remorque, prend une douche rapide dans ma chambre et repart pour le circuit pour aller chercher le petit jeune et sa moto et la MTS. De là il ira passer la nuit à Dax chez son frère avant de rentrer chez lui le lendemain. Nous nous séparons donc de BD. Ça m'a fait plaisir de le revoir. Vivement l'Espingouine cet été!

Après une petite douche, AK, Gérard et moi partons à Carrefour pour faire le plein en prévision du retour le lendemain. Gérard reste à Carrefour pour faire quelques courses, et AK ira passer le ZRX au jet afin de le nettoyer un petit peu. Je suis tenté de faire de même mais j'ai la flemme de sortir le porte-carte et puis demain je vais encore faire 600 km pleins de bestioles (c'est l'époque) alors je décide de repousser le lavage pour après mon retour à Madrid. Et puis la forte pluie de la veille sur l'autoroute et de ce matin sur le circuit ont pas mal nettoyé les motos qui la veille étaient littéralement pleines de merde (de vache, de brebis et de cheval) après avoir roulé sous la pluie sur les petites routes pyrénéennes.

Je rentre donc à l'hôtel et en profite pour repasser les suspensions en mode route puis graisser la chaîne lorsque AK revient. Nous passons un petit moment à discuter de choses et d'autres sur le parking dans l'agréable lumière du soleil déclinant. Nous parlons notamment du voyage de retour et j'en profite pour lui suggérer un roadbook. Quitte à rallonger un peu il y a tout de même de quoi faire entre Pau et Marseille, au moins sur la moitié du trajet, notamment le pays cathare en Languedoc. Je lui  prêterai ma carte de France pour qu'il se peaufine un petit roadbook. Nous faisons aussi la connaissance d'un motard bordelais en FZ6 qui arrive pour participer à une journée circuit FFM le lendemain.

Nous prendrons ensuite notre dîner à l'hôtel en compagnie de Gérard et de notre nouvelle connaissance bordelaise. Le repas est joyeux et nous nous ferons même mettre dehors à la fermeture, ce qui m'a rappelé la Jurassienne. Nous prenons congé de Gérard qui a prévu de partir à 5h30 du matin. J'ai pour ma part prévu de partir à 7h30 et je pense cependant pouvoir voir AK avant de partir.
 
Bien sûr je ne partirai pas à 7h30. C'est d'ailleurs plutôt l'heure à laquelle je me lève... Le temps de finir de ranger mes affaires et de charger la moto et AK émerge de sa chambre. Nous prenons le petit-déjeuner ensemble tranquillement. Le temps est de nouveau très couvert et je suis un peu inquiet pour la traversée des Pyrénées. Même inquiètude pour AK qui a prévu de passer par le contrefort Pyrénéen. Ceci dit les prévisions prévoyaient du beau temps à l'est, donc pour lui à devrait passer. Pour ma part je me demande si mon passage par le col de la Pierre Saint Martin se fera sous la pluie et dans le brouillard comme le dimanche ou sur le sec comme le samedi.

Nous nous disons au revoir et il est finalement 8h45 lorsque nous décollons. Au premier rond-point il prend à droite et moi à gauche en direction de Monein puis Oloron Sainte Marie. Plus j'avance vers les Pyrénées et plus le temps s'éclaircit. je peine un peu à trouver la route d'Arette dans Oloron mais je mets finalement le cap droit au sud et c'est un temps sec et agréable qui me verra franchir le massif pyrénéen. La vue depuis le Col de la Pierre Saint Martin est superbe et je profite des superbes routes du versant espagnol. Le soleil se fait de plus en plus franc et les températures montent. Les coquelicots refont leur apparition, accompagnés de toute une palette de petites fleurs printannières.

Après une petite halte à l'ombre des tours de la forteresse de Ruesta au bord du réservoir de Yesa, je reprends ma route vers le sud, passe Sos del Rey Católico et quitte les Pyrénées pour entrer dans le désert des Bardenas Reales.

Après quelques hésitations lors de la traversée de Tudela j'entame ma traversée de la Castille à bon rythme par Tarazona, Ólvega, Gómara, Almazán et Jadraque. L'air printannier castillan est plein d'insectes et je profite de chaque halte pour nettoyer ma visière.

C'est à Guadalajara que je rejoins la A2 pour les 45 km qui me séparent de la M40 qui me permettra de contourner Madrid par le nord et pousser jusqu'au boulot, au sud-ouest de la capitale. Ces 45 kilomètres sont une horreur, plein de camions, de travaux et de ralentissements, le tout sous une chaleur accablante de 35º! En 4 jours les températures sont passées de 20º à 35º.
 
La circulation sur la M40 est plus fluide et je finis par arriver à bon port à 15h45 après 7h de voyage. J'ai chaud et je suis content d'arriver certes, mais je ne peux pas dire que je suis fatigué. La SMT est vraiment superbe pour voyager vite et longtemps. C'est même avec grand plaisir que je la prendrai le soir même pour rentrer chez moi. Sur le chemin du retour, me remémorant ces 4 jours et 2000 kilomètres fantastiques, je ne peux m'empêcher de penser à quel point cette moto me ravit. Ça fait un moment que je lorgne sur la Ducati MTS 1200 et pourtant, lors des ces 2 journées avec BD, c'est à peine si j'ai porté attention à sa moto tant la mienne me comblait.
 
 
Et voila, la petite escapade pyrénéenne est terminée. La météo a beau avoir été pourrie pendant les 3/4 du stage il ne reste que des souvenirs joyeux et lumineux de cette escapade. Ça m'a fait énormément plaisir de revoir AK et BD et de passer 2 jours à rouler avec eux. Serge est un type super sympa et ce fut un honneur que de faire sa connaissance et rouler avec lui. En fait, les mots me manquent pour exprimer le bonheur de ces 4 jours... alors autant arrêter là, chérir ces souvenirs tout frais mais qui resteront avec moi et espérer avec impatience la prochaine opportunité d'être aussi heureux!
 

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