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L'Espagnole - Août 2006

 
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MessagePosté le: 20 Aoû 2006, 21:20    Sujet du message: L'Espagnole - Août 2006 Répondre en citant

 
 

L'espagnole
(Cordillera Central) 

Par
Ninou
Du 13 au 19 août 2006

"Je vous invite à venir parcourir les fabuleuses routes qui sillonnent la cordilière centrale, le massif montagneux s'étendant à l'ouest de Madrid et séparant la région de Castilla y Leon au nord de celles de Castilla la Mancha et d'Extremadura au sud. Venez découvrir les sauvages paysages des sierras de Gredos, de Guadarrama, de Béjar, de Gata ou de Somosierra le long de routes désertes et viroleuses à souhait. 
Suivant le format Bitumeurs, il y aura 4 jours de roulage et un jour de repos le mercredi. Bien évidemment, les gourmands pourront choisir de rouler aussi le mercredi s'ils le désirent."

Telle était la proposition de Ninou et c'est ainsi que 7 Bitumeurs mâles se retrouvèrent dans une "casa Rural" au fin fond de l'Espagne profonde.
Ce ne fut pas triste ... .

Les PARTICIPANTS

David Ordure
Ben et son Bistrot
Glotton
748R
Jef.ch
Chebello
Ninou


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MessagePosté le: 20 Aoû 2006, 21:31    Sujet du message: Répondre en citant

 


Les CR

 

David Ordure
 
Ca faisait bien quarantes bornes qu'on enquillait sur des routes à chèvres - superbes au demeurant - avec des conditions de roulages idéales. Il faisait bon, le bitume était sec, pas un chat sur les routes, et un bon esprit au sein du groupe, tout allait bien, nikel,  je me disais  qu'avec 4 jours de roulage comme ça Etienne allait me retrouver transformé  pour la fin de la saison dans les Alpes. Je jetais de temps en temps un oeil en contrebas, sur les flancs de la Sierra qu'on dévallait, où je voyais Ninou monté sur son verrin hydraulique qui se promenait  à un rythme que je n'avais toutefois pas envie de suivre. Derrière moi, à quelques encablures,  la boîte à ressorts de jipé avait rendu la main depuis déjà quelques kilomètres, mais j'avais pas l'impression de forcer, je déhanchais même plus du tout depuis un bon moment, voulant sans doute me garder des forces pour la fin du parcours qui s'annoncait certainement plus roulant et plus rapide. J'étais sur un rythme sympathique bien en dedans de mes possibilités, du moins je le pensais.

Arrive ce putain de gauche avec un gros rocher qui masquait bien ce qui arrivait derrière, toutefois, la route était loin d'être piégeuse, aucun virage et pas même celui-là ne refermait de façon vicieuse et tout ce serait aussi bien passé s'il n'y avait pas eu cette putain de caisse qui surgisse du virage en plein milieu de la route, route sans aucun marquage au sol pour la séparation des voies, certes ...

Je dois être à 90, 100 tout au plus et avec 5° d'angle maxi, pas de quoi fouetter un chat, sauf que cette foutue bagnole me donne l"impression d'être pile là où je voulais passer, et pris de panique, je chope mon levier de frein façon grosse brute.

La sanction est immédiate, avant que je dise ouf, j'entends le bruit désormais célèbre de l'impact du cax sur la chaussée suivi du raclement de ce dernier qui résonne dans ma tête comme un mauvais accord de trash métal.

Je reprends mes esprits alors que je n'arrive plus à respirer, comme si un putain d'étau me broyait les poumons, j'ouvre en grand les poumons, la bouche le nez, rien, toujours pas d'air qui veut entrer, la grosse panique !!!

Je me mets debout sur mes pieds, des fois qu'il y ait un peu plus d'air 1m75 plus haut, et je vois le RSV posé comme une merde entre deux arbres, je lève la tête, il semblerait que la chaussée soit facilement 10 mètres plus haut que depuis mon point de vue actuel.

Premier objectif, remonter sur la chaussée, je grimpe tel un caterpillar direction le bitume, au passage je chope le petit bras menu de jipé qui du coup se vautre quelques mètres plus bas avec moi, fallait vraiment que je manque de lucidité pour croire qu'une crevette puisse sortir un cachalot d'un trou, m'enfin, on arrive à rejoindre fissa la chaussée.

Enlever le cax, le blouson et respirer, respirer à grosse goulées.

Etat des lieux : mon falzar est ruiné. La doublure au niveau des genoux semble servir de carton à pizza, ça picote. Les bottes que j'ai -heureusement - empruntées à Jeff, les miennes ayant rendu l'âme de vieillesse à l'Ardéchoise - sont ruinées, je pressens une entorse du côté gauche vraissemblablement occasioné par le selecteur qui a fait levier sur ma carcasse au moment de l'impact.

Mon pouce droit sens aussi le truc pas net, pas de bobo à la tête, toute façon de ce côté là ça a déjà été moult fois éprouvé et ça a toujours tenu.

Par contre la douleur aux côtes et au dos me rappelle l'épisode de la Vosgienne de sinistre mémoire, je sens que je vais avoir du mal à me retourner dans mon pieu pour les semaines à venir.

J'arrête pas de faire l'aller retour entre le point de départ de ma chute et ce foutu trou, ignorant au passage les "Como té vas ?" de l'autochtone sans doute  au volant de la caisse de mes effrois. Une  femme entre deux âges me baragouine  le désormais  sermont universel  version espingouine du chapelet sur la route qui n'est pas un circuit de course.

Je fatigue.

Jeff me dis : mets toi à l'ombre et me montre  5 cm2 de truc  à l'abris  du soleil derrière un rocher. Je bois un coup de flotte et vais pour m'exécuter, quand tout à coup, le gros voile noir, les voix autour de moi sont passées dans un flanger digne de la période psyché des pink floyd, mon champ de vision n'est plus qu'une succession de tâches noires, je me sens partir, le dis à Jeff qui prévient les autres et là j'ai la trouille de ma vie, je penses aux pentes du Vercors que j'ai descendues avec Polo cet hiver et j'ai en cinémascope la bouille de mon gamin qui se marre avant de m'affaler contre le bord de la route.

"Finalement appelez-là cette ambulance, chuis pas au top les gars ..." dois-je baragouiner alors que les copains sont en train de faire un goute à goute avec fioles de flottes bien fraîches sur mon crâne rasé de près.

Ca fait du bien, je me remets à respirer presque normalement, l'ambulance est venue en un temps record, il semblerait qu'elle ait été dépêchée à l'insu de mon plein gré.

Je me sens presque mieux, alors qu'on mets déjà sur le brancard, les mecs en chient pour me fourrer dans l'ambulance, ça me fait doucement marrer. J'en profite pour lâcher un "Et dis leur bien de mettre la sirène et le gyro" à Ninou, lorsque les portes de l'ambulance se referment.

P1010256_resize Au fond du ravin, c'est le rsv

Ceci n'est pas une photo de paysage, hélàs ...


Facile 80 bornes pour aller jusqu'à l'hosto d'Avila.

Le conducteur est un enculé du style qui te ferait passer Jipé pour un conducteur "tout en souplesse". La moindre bosse sur la chaussé est en prise directe avec mes douleurs intercostales et le poignard qui me rentre dans le dos à chaque fois.

"Mas tranquille Gorje" braille l'infirmier au boucher qui est derrière le volant, et il faut que je trouve les forces pour brailler un "Tu condusces como un carnero" -qui ne doit pas vouloir dire grand chose- pour qu'il daigne tout de même se calmer 30 secondes avant de rouler comme si j'étais à nouveau un sac à patates.
 
Dingue !

Moi qui m'étais dis "Prends l'ambulance, au moins ça t'évitera de revenir au gîte dans la Polo avec Jipé au volant qui ignore le sens du mot "doucement", et le souvenir d'un dépassement de 2 motards hollandais dans la montée de la Schlucht avec moi en vrac comme passager et la voxan sur la remorque attelée : Bitumeurs = never rendre la main".

Bref, l'arrivée à l'hosto est comme une délivrance, l'autre enculé a de la chance que je puisse pas bouger et que je sois pris dans une minerve qui ne me permette de voir que le ciel comme plan unique, mes maigres rudiments d'espingouin lui auraient suffi à lui faire connaître mon opinion sur sa façon de conduire des blessés.

Après, c'est comme dans les films où t'as une caméra subjective placée donc à la place du blessé dans le brancard. Tu vois défiler des tas de têtes au dessus de la tienne, des couloirs de plein de couleur, des infirmières qui viennent te mettre une poche de glucose à ta potence, et pis t'attends.

A un moment je comprends qu'une infirmière en chef veut savoir si je suis solvable au cas où je devrais rester ici longtemps. Je lui claque un "no tengo mucho dinero" qui visiblement fait mouche, pis suivi d'un "tengo una carda de seguridad social fransesca" qui a l'air de lui plaire tout autant.

Bref, chuis soulagé que même si je vais pas avoir ma chambre avec télé et infirmières en tenue de soubrettes, au moins je ne serais pas reclus au abattoirs du bled en question.

S'ensuit alors un chapelet d'infirmières qui me posent à toute vitesse tout un tas de questions en espingouin où j'entrave que dalle. Je finis pas demander s'il n'y a pas quelqu'un dans cette turne qui cause "inglese", et miracle, il n'y a visiblement qu'une seule petite mexicana interne qui soit capable de causer Shakespeare avec ma pomme. L'anglais n'est visiblement pas trop au programme des cycles secondaires universitaires espingouins, à savoir lors d'une prochaine incursion, vaut mieux réviser son espingouin que son anglais ...

Et pis je comprend qu'on va me faire des radios (sans blague, je suis venu exprès pour ça moi), mais putain, l'hosto est blindé ce Lundi, et j'ai poirauté au moins deux heures avant qu'on m'emmène sous la machine à rayons X.

Rien de cassé, et vi, si les RSV étaient aussi solides que le mastard quercynois, ces enculés de ritals se feraient moins de blé en pièces détachées.

Bon, maintenant que je sais que tout va bien, je voudrais bien me casser, mais ma traductrice me fait comprendre que je vais rester un peu en observaçion (y crouton) le temps que mes amigos ils reviennent me chercher pour me ramener à la casa rural.

J'ai attendu, pis j'ai fini par voir arriver Ninou toujours aussi calme, je venais juste de me lever avec mes petits bras du brancard non sans quelques picotements à la limite de me renvoyer directos dans les pommes. Bref, comme je me sentais pas de traverser l'hosto à pingos, c'est emmené -en douceur- dans un fauteuil roulant que je suis rentré dans la tuture à Daniel au chausse pied direction le gîte.

La montée depuis la cours du gîte jusqu'à mon lit a été épique tellement le moindre mouvement m'en faisait chier, mais j'y suis arrivé. Quelques piglus récupérées par le zélé Ninou chez l'apothicaire de garde d'Avila m'ont envoyé direct dans les bras de morphée.
 
P1010324_resize intermède studieux pour Jef et David
 
"Récoupéraçion ..."

Bon je vais abréger là ...

J'ai somme toute pas mal récupéré (mesdames dites le autour de vous : je suis une bêêête) vu qu'aujourd'hui je suis même arrivé à trimballer tout seul mon sac à dos depuis le terminal de l'aéroport jusqu'à l'endroit ou cet enculé de taxi mandaté par l'assistance pour me ramener à Voreppe depuis l'aéroport de Lyon s'était garré, sans bien sûr me proposer de me le trimballer.

Bilan,

- Quasiment plus de bobos côté physique (même si des fois ça pique un peu quand je rie)
- Un RSV à priori pas trop touché d'après ce qu'on vu les potos.
- Le bonhomme et la moto rappatriés GRATOS par l'assistance et ce sans déclarer le moindre sinistre, résolvant ainsi de cruels problèmes de logistique qui se seraient posés pour le retour de la fine équipe vu que le régulateur de la CB500 de jipé a rendu l'âme avant hier.
- Je dois être inconscient, mais on a quand même bien rigolé une fois revenus au gîte.
- De sérieuses interrogations métaphysiques malgré tout à l'ordre du jour pour ce qui concerne moi et la moto à court et moyen terme ...


748R

Samedi, l'aller :
Lévé à 07h00 à Aubenas, couché à 06h40 le lendemain au gîte en Espagne, 21 heures de route, et quasiment un tour de compteur, ARRGGGHHHHHH !  des bouchons, comme on voit à la TV mais qu'on imagine pas ce que c'est en vrai.
Relayé au volant tour à tour par Glotton et BD, j'ai quand même passé l'âge de ce genre d'exercice et c'est quasiment tout habillé que je me jette sur mon pieux une fois arrivée à la Casa Rural de ce village dont je ne retiendrai probablement jamais le nom, tant il compte plus de mots  que ce qu'il contient d'habitants. Mais dès ce départ, le ton est donné : l'Espagnole ne sera pas triste vu l'ambiance pendant les 21 heures passées dans la Polo.
Vers la fin, épuisés mais conscients, nous remarquons le billard qui nous attend avec BD, nous prenons des notes, des repères de freinage, les dernières petites routes qui nous ammènent au gîte nous prédisent une belle Espagnole, même qu'on fera 40 bornes de plus que prévu juste pour le plaisir, merci Ninou, un organisateur qui sait vraiment organiser !!!

Dimanche : "Récoupéraçion".
Réveil vers 11h00, quelques courses pour le petit déj, déballage des motos, prise de contact avec les lieux et repos.

1° jour : Le trou.
Et hop, c'est parti. Dès les premiers Kms, nous avons du beau goudron, que ça se tortille ou que ce soit plus roulant, rien que du plaisir, KANTOUTACOU : le trou.
Ca fait un petit moment que je suis dans la roue de Ninou dans cette descente aussi superbe qu'interminable. Même si on est sur une petite route de montagne, le goudron est nickel et j'en profite un max. Mais bon, la journée va être longue et il faut que je m'économise, derrière moi, j'entends le ron ron de la RSV, place aux d'jeunes, je fais signe à BD de passer et je rends la main. Au détour les lacets, je vois à quelques centaines de mètres Ninou et BD enrouler du cable; il fait bon, beau, je viens de passer sur le rythme "touriste", bref tousspassebien jusqu'au moment où à l'abord d'un gauche je vois une p'tite dame agiter les bras de façon frénétique, sa bagnole garée sur le bas coté. Puis immédiatement, j'apperçois une trace de freinage qui se dirige vers un  trou.
"Ca y est", que je me dis, "y en a un dans l'trou !"
Et ça ne loupe pas, je jette un coup d'oeil et je vois le BD et la RSV dans le trou.
David vient visiblement de se relever, il bouge : si c'est pas une bonne nouvelle, c'est déjà ça. Je garre la moto un peu plus bas pour signaler et éviter le stike, la caisse et la p'tite dame sont en amont pour la circu, les autres ne vont pas tarder et je me précipite vers le Gravos qu'est 5 à 7 métres en contrebas dans ce trou avec une pente genre tobogan de compétition.
Je l'aide à remonter tant bien que mal, il raconte la suite, on le récupère le soir même.
La balade a été écourtée, du coup, nos compteurs n'accuseront que 180 kms à la fin de la journée.

P1010320_resize notre maison est colorée elle aussi

Notre p'tite piaule : trés chouette.

2° jour : La popotte.
Comme on pouvait s'en douter, au lendemain d'une chute ayant entrainé "des contusions multiples mais sans conséquences", BD a du mal à bouger. Je vais donc rester au gîte avec lui "si en cas que ...". Toutes façons, Glotton a déclaré pour moi cette journée "Journée de travaux d'intérêt général", j'en profiterai pour faire quelques courses et la popotte (immangeable) du soir, graisser ma chaine, bref, m'occuper à "des choses et d'autres".

3° jour : La balade.
De nouveau, du super goudron à "en veux-tu en voilà". Même sur sol "frippé", la p'tite CB dont les suspensions ne fonctionne plus qu'avec les ressorts passe bien et se permet d'ouvrir la route, les "grosses motos" préférant s'exprimer sur des espaces mieux revétus et plus à leur dimentions, ce qui ne manque pas au programme.
KANTOUTACOU, première alerte : Au départ d'un regroupement, la CB ne veut pas repartir à moins d'un  coup de poussette, évènement de mauvaise augure ... Plus tard aprés un ravitaillement essence, c'est la panne : plus rien. Coup de fil à mon mécano, description des symptômes : c'est le régulateur. On laisse la CB sur place, je parcours les derniers 80 kms en duo avec Ben, puis aprés le repas avec Chebello.
Demain, c'est repos, il fera jour et on avisera.

4° jour : Repos.
Repos agité cependant : Aller chercher la CB avec Jef. Ninou et Ben partent à Avila régler des problèmes de pneumatique, Glotton et Chebello les accompagnent pour faire du tourisme dans cette ville où, à leur dire, il n'y a pas grand chose à voir.
En même temps, Ninou cherche à Avila une casse ou un concess Honda qui pourraient me dépanner d'un régulateur : Y a pas de casse à Avila et le concess Honda est fermé pour cause de congés. Les casses les plus proches sont à Madrid : 180 kms, ce qui fait que le voyage va me coûter plus cher que la pièce et le temps d'avoir l'info, il est de toutes façons trop tard pour penser à cette solution.

5° jour : J'me casse.
Pas de moto, pas de balade.
David part ce matin, je me retrouve seul au gîte ... je vais donc en profiter pour m'éclipser prématurément également ce qui me permettra au moins d'éviter les bouchons annoncés pour ce week end, maigre consolation.

Le Retour :
Quelques bouchons tout de même à la Frontière, aux péages et vers Saint Jean de Védas. Parti à 9h10 de la "Estaçion" d'essence prés du camp de base, arrivé à 22h30 à Marseille, avec les arrêts "minimum syndical" : 3 pipis, 3 pleins d'essence, une p'tite bouffe et quelques minutes de micro sieste.
1300 bornes au compteur, tout de même !

P1010318_resize très mignons

Il y avait des chats partout à la Casa Rural, sympathique compagnie.

En conclusion :
Et contrairement aux apparences, cette Espagnole fut un vrai régal, la bonne humeur générale l'emportant haut la main envers et contre toutes les péripéties que nous avons pu connaitre.
Notons la formation de couples au gré des évènements que d'autres ne manqueront pas de nous raconter :
- Néan et Derthal : Ninou et Ben.
- Tif et Tondu : Ninou et Glotton
- Laurel et Hardi : BD et 748R
- Bouton et Pression : Jef et Chebello
Etc ...
Retenons également LA phrase de cette Espagnole : "Finalement, on a bien mangé ici".
Opinion toute personnelle que nous devons à Chebello.
Fallait oser !!

Je vous l'ai dis, le rire était le fil conducteur de cette balade Hibérique.

Merci Ninou pour cette bonne tranche qui restera dans les mémoires, assurément.




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Dernière édition par Les Animateurs le 22 Aoû 2006, 11:25; édité 1 fois
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MessagePosté le: 20 Aoû 2006, 21:36    Sujet du message: Répondre en citant

Chebello
 
Je suis incapable de faire un compte rendu chronologique exact. je vous livre ces quelques flashs.

SAMEDI

C'est la liaison en voiture. 21 heures de voiture. Terrible.

DIMANCHE : ON RECUPERE

Et il y a de quoi, après un voyage bien éprouvant. Apéritif sous la tonelle, on cause.

Le soir tombe, je monte me coucher. Je m'endors tandis que monte dans le crépuscule étoilé, le coassement puissant du crapaud buffle qui hurle sa solitude.

Le lendemain je comprends que je n'ai entendu en fait que le rot vespéral d'un des participants. Par politesse et à cause de l'admiration que m'inspire sa virtuosité à emmener le R1 qu'il a fait venir de Californie, je me permettrai de taire le nom du dit participant.

Toujours est il qu'on digérait bien mieux en Ardèche, quand Maco et Sophie étaient là, allez comprendre pourquoi Smile))

LUNDI : Y A URGENCE

Pour lundi, David vous a raconté. J' ajouterai juste que David s'est très vite remis de sa chute. Le soir même, il avait la présence d'esprit de préciser que ce n'était pas JP qui devait venir le récupérer. Le lendemain il arpentait l'appartement. Et jeudi, il me proposait aimablement de sortir le multi pour la dernière journée si par hasard j'avais un coup de fatigue.

MARDI : LE TOURISME SELON NINOU

Ninou nous emmène aujourd' hui voir le palais de l'Escorial, haut lieu de l'histoire d' Espagne.

Bien sûr, il s'agit de tourisme façon bitumeur, et il n'y a pas d'arrêt paysage. Tout occupé à rattraper Ben qui s'est échappé, le rascal, alors que j'ai eu du mal à dépasser un camion, je ne vois rien, ni palais ni jardin ni fontaine... Jef n'a rien vu non plus.

Je devrais avoir honte de l'avouer, mais les routes que nous avons empruntées, parfaitement revêtues et viroleuses à souhait, ont suffi à mon bonheur.

Le soir je tombe de sommeil, je m'endors en croyant percevoir, dans le dernier éclair de la conscience, le grondement rauque de la mise à feu des orgues de Staline, que l'armée russe déploie pour semer la mort dans les rangs allemands au cours du long hiver 1942. ( Des brûlures d'estomac, ce soir, Ninou ? )

MERCREDI : LA FRENESIE MENAGERE DE JIPE

La balade est très réussie, comme à l'accoutumée. A l'occasion d'un échange de moto avec Ben, j'ai l'occasion de voir une fois de plus l'effet " multistrada " sur le motard qui sait y faire.

Ben me rend ma moto après 25 kilomètres d'arabesques jouissives dans les virages où Ninou nous a emmenés, avec de grands yeux étonnés et le traditionnel sourire jusqu'aux oreilles qu'on a du mal à chasser lorsqu'on descend d'un multi. Y a pas à dire, c'est une super moto, même si je ne sais pas bien m'en servir, et même si Jef hier m'a semblé un peu moins convaincu.

Pour ce qui me concerne, j'avoue avoir moi aussi apprécié la gertrude,si facile à emmener malgré son embonpoint, et assez joueuse, sous des dehors un peu trop sérieux.

Ce qui me sidère, c'est le comportement de Jean Pierre. Qu'il soit resté avec David toute la journée d' hier, ça ne m'étonne pas, je connais sa gentillesse. Qu'il ait profité de cette journée pour mijoter une sauce à la tomate et au sel , ça inspire le respect. Le soir, carrément, je ne reconnais plus le Jipé. En un rien de temps, il a débarassé la table, fait la vaisselle, rangé chaque ustensile à sa place.

Ce soir, tu poses 20 secondes la cuiller avec laquelle tu remues ton café, pour te gratter la tête par exemple, et quand tu veux la reprendre, elle a déjà été subtilisée, lavée, essuyée, et mise dans le tiroir avec ses copines toutes propres. A 23 heures, Jean Pierre a déjà mis la table pour le petit déjeuner du lendemain, avec un petit carré de sopalin roulé dans chaque mug pour faire serviette de table !

Je m'endors. Dans la pièce à côté, à la scala de Milan en 1955, le ténor Giuseppe di Stefano eructe sa colère: Maria Callas, pour la seconde fois en cet après midi de répétition de la Traviata, vient de postillonner sur son menton maquillé. ( Je t'avais bien dit, Ninou, qu'il était un peu fait, le fromage. )

JEUDI, JOUR DE REPOS: LA VISION EXTATIQUE DE SAINT GLOTTON

Avec Olivier, nous partons faire un peu de tourisme à Avila. C'est à Avila qu'a vécu aux alentours des années 1550, Sainte Thérèse ( d' Avila ), connue pour sa vie exemplaire et pour les visions qu'elle a eues de Jesus, lors de ses transes d'extase religieuse.

Promenade tranquille avec Olivier, que je quitte des yeux un instant.

Quand mon attention se porte à nouveau sur Olivier, je ne le reconnais plus. Le regard fixe et illuminé, un sourire d'intense bonheur sur le visage, la lévre inférieure légèrement pendante, mon pote d'arsouille est dans la posture classique de vision extatique, telle que nous la montrent les peintres flamands du seizième.

P1010263_resize on admire les motos
 
Entre deux églises, nous admirons les motos

Le vertige me saisit. Jesus ou la Sainte Vierge auraient ils à nouveau choisi d'apparaître ici ? Et aux yeux du Glottton ? Viendrons nous dans quelques années prier ici même dans la basilique Saint Glotton de l' Apparition, qu'on aura érigée sur les lieux mêmes du miracle dont je suis le témoin ? Je ne sais que penser.

Puis très rapidement le mystère se dissipe. Olivier n' a pas vu une apparition. Olivier, en gourmet confirmé, vient juste de s'arrêter pour lire le menu d'un restaurant où il semble découvrir des plats qui le comblent de ravissement.

Nous nous attablons.

Il attaque le serveur : " hablo spagnol "

" We both are french ", je préfère préciser .

L'autre ne se laisse pas démonter et revient avec deux cartes, une en français pour Olivier, et une autre en anglais pour moi !

Puis Ben et Ninou nous rejoignent, repas joyeux.

Juste avant de m'endormir, j'entends les soldats de Hannibal hurler leur enthousiasme : ils viennent de traverser les Alpes et s'apprêtent à aller conquérir Rome.

VENDREDI : GUADALUPE

C'est dans ce haut lieu de pélerinage que Ninou nous emmène aujourd'hui.

Après 70 km, Jef nous quitte pour prendre le chemin du retour. Trajet hyper roulant ensuite, de grandes courbes avec des ralentisseurs pour imposer une vitesse raisonnable ( sous les 170 )

De superbes panoramas. Dans une longue descente, Ben me plante un freinage qui l'amène instantanément ou presque de 160 à 30 km/h, puis il met son clignotant à droite, et repart tout aussitôt grand gaz, l'angle de la photo qu'il avait envisagé de prendre n'étant finalement pas tout à fait satisfaisant. Bref, faut être vigilant.

Repas à Guadalupe, au pied du célèbre monastère, sur une terrasse en pente. On a mis des cales à deux des pieds de la table pour qu'elle soit horizontale , mais pas aux pieds des chaises.Assis trente centimètres plus bas que les autres, le visage au ras de la nappe, j'ai l'impression de voir le monde avec les yeux de Jean Pierre. Faut que je fasse gaffe, je ne voudrais pas attraper une envie d'acheter un cb 500.

P1010350_resize Ca c'est moi, ils ont mis toutes les assiettes devant moi

Chebello : "Finalement, on a bien mangé ici ..."

Ben, qui a appris les rudiments de l'espagnol culinaire avec une rapidité qui a étonné tout le monde ( Quand on est motivé... ), se désespère de n'avoir pas assez de place dans son top case blindé pour emporter un jambon.

Petite visite de l'église avant de repartir. Je ne peux m'empêcher de soupçonner mes trois compagnons d'avoir oublié de faire une prière à la Sainte Vierge. Après dix minutes de route, le déluge s'abat en effet sur nous. Le retour, c'est 100 bornes sous une pluie d'apocalypse.

Au gîte, faut tordre les t shirts pour les essorer, on tremble tous de froid, faut aider Ninou à s'extraire de sa combinaison tellement elle est mouillée... Un vrai désastre.

On charge les motos.

Dernier repas à quatre, dans l'auberge habituelle, puis c'est le départ.

Après deux semaines de vie bitumeuse, je vais retrouver ma famille. Dans le silence de la nuit, alors qu'Olivier emmène la focus vers Paris, je repense à tout ce que j'ai vécu ces quinze derniers jours, je vous dis un grand merci à tous, j'ai beaucoup de chance de vous connaître.

EN VRAC ET POUR FINIR

J'espère que ceux de mes camarades qui n'avaient d'yeux que pour la serveuse me pardonneront d'avoir, bien involontairement, accaparé son attention soir après soir.

Bravo à Ninou pour son organisation, sa patience aussi . Et pour sa maîtrise de l'espagnol.

Et également pour la façon magistrale dont il utilise le fait qu'il est végétarien pour excuser ses lacunes en vocabulaire quand il en a . Tu demandes à Ninou la signification d'un mot sur la carte du restaurant où tu choisis ton repas, et Ninou te répond : " Ca doit être de la viande, alors tu sais, la viande, moi, je connais pas trop. " Tu demandes à Ninou ce qui est écrit sur l'affiche à l'entrée du centre culturel, et si il ne sait pas traduire, Ninou te répond " Ben tu sais, moi, tout ce qui concerne la viande... "

Un autre truc qui m'a fait beaucoup rire, c'est l'accablement d' Olivier. Olivier prêtait son téléphone à David, pour les formalités vis à vis de l'assurance, de l'assistance... Et David, des coups de téléphone, il en a donné des dizaines. Quand tu sais que le prix d'un appel téléphonique avec un portable français, c'est tellement cher qu' on n' accepte de te le dire que si tu présentes un certificat médical qui assure que tu es capable de supporter les chocs émotionnels violents...

Voilà. Je vous remercie tous de m'avoir supporté, de m'avoir attendu tant de fois....Et j'espère qu'on aura à nouveau l'occasion de se retrouver.



 

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MessagePosté le: 05 Déc 2006, 23:53    Sujet du message: Répondre en citant

 Jef.Ch

L’Espingouine à Ninou, c’était du 13 au 18 août 2006.

Enfin en théorie, pask’avec la route à faire, pour moi ça a commencé le vendredi déjà. Le 11 août donc, après une pénible journée de boulot entamée aux aurores, je me prépare à partir. La CBR est chargée depuis la veille, je n’attends plus que le coup-de-téléphone de Ben qui doit me confirmer que oui, y’aura la place pour le thon de Glotton à côté de Gertrüd dans son fourgon et que par conséquent je pourrai remonter la CBR sur la remorque de Chebello.

Mauvaise pioche garçon, quand Ben-et-son-fourgon appelle enfin, c’est pour infirmer la chose. Fourgon trop petit, Gertrüd trop grosse, ça va pas. Merde!

Et quoi que je fais main’nant? Descendre à Aubenas, 4 jours de balade en Espagne et retour en moto, ça fait bien 3000/3200 bornes et c’est –hélas- hors de portée des Michelin Power de la CBR. Faut dire qu’ils ont bientôt 6000 bornes quand même…

Reste 2 options: la Pan, oui mais elle est trop lourde pour la remorque de Daniel et ça veut dire aller et retour en bécane, soit 4800 à 5000 bornes au lieu des 1600 initialement prévues pour la CBR. Reste le «compromis»: la NTV de Régine. Un rapide calcul: la seule économie sur l’essence entre 3000 bornes en NTV et 5000 en Pan se chiffre à 175 Euros… Sad Sans compter les pneus, le tarif des révisons, la location du canote pour les prochaines vacances d’automne, etc, etc… Si même les Suisses doivent se mettre à compter, où va-t-on… Sad Régine? Tu me prêtes ta mob’? Voui, zut!

La mort dans l’âme, je transfère mon paquetage de la CBR à la NTV. En plus il pleuvine, il va bientôt faire nuit, et va falloir gazer pour arriver à Aubenas avant minuit. Tu parles d’un bonheur! Positivons: j’ai une moto, une semaine de vacances et je vais rouler avec des potes, y’a pire perspective, non? Confused

Contre toute attente, la NTV m’amène à Aubenas dans les temps. Y’a bien quelques inconvénients, comme le confort –selle trop étroite, jambes trop pliées- et la protection en retrait par rapport à la Pan. Et ce faisceau de phare puissant mais trop étroit qui m’handicape dans les passages «techniques» comme le col de la Placette ou la spéciale Privas-Aubenas.

Quand j’arrive à Aubenas peu avant minuit, mes petits camarades de jeu sont encore en train de charger les machines. La NTV va rejoindre la Multistrada de Daniel sur sa remorque, et vite au lit, paraît qu’on part demain à 7:00 pour éviter les bouchons (le week-end qui précède le pont du 15 août, tu m’étonnes!)

 

Le samedi 12 donc, départ. Oui mais entre le petit-déj’, les adieux humides aux dames, le contrôle des bagages et tout et tout, il est 10:30 lorsqu’on vient grossir le bouchon sur l’autoroute à Montélimar… Sad Je sais qu’on peut compter sur les bitumeurs pour les plans foireux, et là ça s’annonce grandiose! J’ai de la chance dans mon malheur, puisque la NTV est sur sa remorque je co-pilote Daniel, seul père de famille et chauffeur prudent de la bande. A preuve le fait qu’on perd rapidement le contact avec la Polo de JiPé, les 115 cv de sa G40 –et sa conception personnelle du respect des distances de sécurité…- ont vite fait de nous mettre hors-jeu. On a bien gardé le fourgon de Ninou 30 secondes de plus en visuel, mais c’est uniquement parce qu’il est plus grand. Décidément, le 1600 de la Focus semble particulièrement mou, et la démultiplication hyper-longue est très handicapante, qui plus est lorsqu’il faut tracter 500 kilos.

On rattrape le fourgon à un péage, la carte bancaire de Daniel est un atout majeur dans notre progression, alors que ces bêtes de touristes espagnols restent dans les plus longues files pour payer en liquide. Fou d’optimiste, Daniel s’arrête à la première station pour un plein (et quelques saloperies hautement caloriques pour tenir le coup). Un appel sur son portable: JiPé et Ninou se sont aussi arrêté, oui mais dans la station suivante, 30 km plus loin…

Pour une raison qui m’échappe complètement, Daniel me cède le volant. Le professeur de mathématiques a-t-il jugé que ses chances de survie étaient statistiquement suffisantes sur 30 bornes? la présence de la NTV sur sa remorque a certainement fait pencher la balance au-delà des 51%... On retrouve nos copains et on paume près d’une heure, non seulement ils nous attendent depuis 45 minutes mais en plus ils n’ont pas encore fini de brouter leurs frites.

On repart. Il est 13:40, et on n’est pas encore à Montpellier! Sans doute sujet à de graves tendances suicidaires, Daniel insiste pour que je conduise, c’est bien la première fois que ça m’arrive!

Trafic très dense, ralentissements, bouchons, on mettra plus de 4 heures pour 250 bornes. On a de nouveau perdu JiPé et Ninou, cette fois c’est nous qui sommes devant alors qu’il nous croyaient derrière… et on re-paume 3 quarts d’heure pour se «groupir». Daniel reprend le volant, on va assurer nos relais comme ça avec changement de pilote à chaque plein, soit à peine toutes les 300 bornes vu l’autonomie limitée de la Polo. Péage avant Barcelone, la CB de Daniel refait l’extérieur au paiement en liquide des 2 étrangers (Marseillais et Espagnol.. Wink ). Sauf que JiPé ne nous a pas vu et qu’il bouchonne Ninou ensuite pendant des kilomètres à 40 km/h sur l’autoroute pour nous attendre… Alors qu’on se traîne devant à 80 dans l’espoir qu’ils arrivent…

Encore un plein dans un endroit désert mais balayé par un vent violent, vu l’heure va falloir songer au repas des fauves… On s’arrête sur le coup de minuit dans une réplique de château médiéval de très mauvais goût. David adopte une carte et apprend les rudiments d’espagnol indispensable à sa survie (magros de pato confitados). J’ai un intéressant échange de point-de-vue avec Ninou qui tente de nous faire croire qu’on n’a plus que 2-3 heures de route, alors que je viens de compter près de 400 bornes sur la carte. Végétarien pur et dur, il ne mange même pas de poisson, et c’est un lamentable exemple des effets redoutables du manque de phosphore sur les opérations arithmétiques pourtant simples…

Niveau physique par contre, Ninou est imbattable et increvable, il conduira seul son fourgon jusqu’à… 6:30 du matin, quand on arrive enfin au gîte. Qui plus est en ouvrant la route, et en nous offrant un ch’tit détour de 50 bornes au moins, l’a confondu la 502 et la 403 en sortant d’Avila. Le phosphore, décidément… Wink Pour ma part, j’en ai écrasé une entre 3 et 4 heures du mat’, avant d’assurer le dernier relais.

 

On fonce au plume dormir un chouia. Couché à 7 heures du mat', j'avais prévu de dormir jusqu'à midi, mais à l'instar de nombre de mes petits camarades, j'ai été réveillé par le tremblement de terre de 11:30 et par les cris d'horreur des victimes. En fait c'est David qui s'est levé un peu vite, en oubliant que le plafond de nos chambres à l'étage est honteusement bas -tu penses, même JiPé doit se baisser!-  et une poutre taquine a joyeusement fait la connaissance du front du jouvenceau. BAOUM! suivi de Meeeeerdeuuuu... On rigole mais la calvitie de BD s'orne d'une profonde coupure qui saigne un-peu-pas-mal...

Hommes de –peu de- foi, on consacre –néanmoins- notre dimanche au repos. Sauf qu’il faut décharger les meules, avec dans les rôles principaux Chebello, Prince de la sangle à cliquet, et Ben doué au point qu'on jurerait qu'il a pris des leçons de soutien chez Daniel... Wink Tenter d’organiser l’intendance pour la survie des troupes, tester les apéritifs locaux, mission toujours dangereuse en territoire estranger, donc hostile, et… assister JiPé qui nous fait le coup du niveau d'huile sur son véhicule léger de reconnaissance. Un litre complet pour refaire le niveau sur une CB500, y’a peut-être un problème(?) JiPé toujours prompt à sentir l’arnaque accuse l’arpette qui n’aurait pas été foutu de faire correctement la dernière vidange…

P1010262_resize on se détend

Puisqu'on  est entre mecs,
je vais vous en raconter une bien baveuse !

Lundi 14, les choses sérieuses commencent. David, qui s’est décidé au dernier moment, est venu comme il était à Aubenas, c’est-à-dire sans rien d’autre que sa tenue de combat. Vu l’état de ses bottes, aux semelles «légèrement» décollées (tu parles: elles ne tiennent par miracle plus que sur 2-3 cm!), je lui prête les miennes. Ben voui, moi ch’uis prévoyant, j’ai mes godasses légères pour le beau temps, et mes grosses bottes Gore-Tex renforcées et tout s’il pleut. Dans un excès de générosité sans doute coupable, je lui laisse donc mes meilleures bottes.

Et on décolle… La NTV sans ses bagages me semble avoir une direction particulièrement légère. Dans un premier droite en sortant du village, je n’ai pas le temps de regarder où est la corde que la miss a déjà plongé. Curieux –et-désagréable- de se retrouver à la corde en début de virage. Y’a pas, Pan et CBR sont moins volages. Je mets ça sur le compte des nouveaux roulements de direction –à rouleaux-, trop efficaces. Et comme j’ose toujours aussi peu angler, surtout dans les droits depuis mon accident, je me traîne… Sad Dès les premières spéciales, la NTV est larguée. C’est en partie de sa faute aussi, passk’en sortie de virage, même dans les tours, les misérables 40 à 50 CV disponibles n’arrivent pas à lutter avec les 90 à 140 des gros cubes devant.

Et la CB500 de JiPé? L’est bien plus agile, avec des pneus plus étroits, l’équipage pèse au bas-mot un demi-quintal de moins, lui il ramènera sa brèle sur la remorque et il s’en fout s’il se vautre, et… je viens de te dire que je suis un plomb, alors insiste pas, merde! Sad

Alors tant pis, me reste à déguster les routes et les paysages, loin derrière. Sur qu’avec la Pan j’aurais été parfois tenté de faire sonner la charge des 100 cv, ou qu’avec la CBR j’aurais plus de risques. Mais là vu l’engin et les impératifs du retour, on va la jouer «touriste».

Après une petite pause Coca/clope en fin de matinée, on repart sur les routes de montagnes. Ninou nous a averti ce matin que ça serait étroit et qu’il faudrait rester bien à droite. A la sortie d’une épingle à gauche (je penche quand même un peu dans les gauches...), mon casque se retrouve sur la trajectoire d’un rétroviseur. J’ai beau être komi-lady-Ninou (bien à droite!), y’a des voitures qui prennent beaucoup de place… avertissement sans frais, j’ai redressé à temps mais ça fait bizarre… Confused

Encore plus bizarre, quelques kilomètres plus loin, la grosse trace de freinage presque au milieu de la route. Et les marques d’abrasion blanches et rouges sur le bitume, juste avant le ravin. J’ai pas besoin de longues explications, y’en a un qui s’est vautré… je passe le virage au ralenti, les copains sont tous là, mais il manque une moto. Je fais demi-tour et vais positionner la NTV, cligno allumé AVANT le virage, pas la peine d’en rajouter.

Mes bottes! C’est évidemment BD qui s’est planté. Sa meule est plus bas, 4-5 m plus bas, dans le trou. Glotton et moi avons la même idée, on descend pour la positionner plus à plat, éviter que le réservoir ne se vide dans la nature, et/ou que la RSV décide de s’immoler par le feu. BD est miraculeusement debout, l’est passé dans un trou de souris, juste au-dessus d’un rocher, freiné par un arbrisseau mort, et s’est arrêté un petit mètre avant un arbre. L’est debout mais pas vraiment fringant, et vu l’état des bottes, c’était peut-être mieux avec les miennes. On ne parle pas du reste de la tenue, déjà mise à mal lors de précédentes sorties. Faudrait d’ailleurs peut-être lui esspliker au David que quand on dit «sortie», ça doit pas obligatoirement être une sortie de route… Confused Y’en a, faut toujours qu’ils fassent du zèle…

On est évidemment arrêté en plein cagnard, y’a pratiquement pas d’ombre, le David commence à accuser le coup et se fait des vapeurs comme une midinette au 1er rang d’un concert de Pas-brique Truel.

On l’allonge sous les seuls 50 cm2 d’ombre à 8 km à la ronde, et je vais chercher de l’eau. J’ai acheté 3 petites bouteilles de 5 dl de flotte à la station-service ce matin. Ça devait être ma ration pour la journée, là ça va partir plus vite que prévu (y pensent à quoi les autres? Ah ch’uis kon, c’est des motards, y pensent pas… Sad ). Une demi-bouteille pour humecter le gosier du gros, l’autre moitié sur sa nuque, et le reste à se partager à 6, ayé, c’est vide.

Médecin, ambulance, flics, on a droit à la totale. Les ambulanciers évacuent notre premier soldat touché sur l’hôpital militaire le plus proche, yapluka attendre la dépanneuse, passke remonter le RSV du fond de son trou, même à 6 c’est impossible.

On se sépare. Ben, Daniel et moi partons en reconnaissance dans le village suivant, on trouvera contre toute attente un rade ouvert qui nous servira des salades et des sandwiches corrects. Ninou, JiPé et Glotton nous rejoignent, l’épave a été treuillée et évacuée. Sûr qu’on peut oublier le road-book, notre mission désormais c’est d’aller aux urgences à Avila prendre des nouvelles du blessé.

Quand on le trouve, après quelques détours, il est toujours en attente sur une civière dans un couloir de l’hosto… On lui laisse de quoi nous appeler au besoin, les coordonnées du gîte, et on rentre. Ninou se goure une fois de plus –jamais 2 sans 3- et on se fait une boucle de 3-4 km avant de partir enfin dans la bonne direction. Là on roule en convoi, y’a une rectiligne interminable. JiPé espiègle en profite pour exercer ses fameux «dépassements par la droite en toute sécurité». 2 fois ça va mais la 3ème je ne l’avais pas du tout vu venir et il commence à me gonfler grave avec ses con… Un blessé c’est pas assez pour la journée???

Au gîte, JiPé ravive ses souvenirs de la campagne d’Alsace, et nous explique comment le même blessé déjà lui avait pourri la vie en râlant toute la nuit… «pourvu qu’ils le gardent en observation, au moins pour cette nuit!»

Même pas… Sad David prévient qu’on peut venir le chercher. L’est froissé de partout mais l’a rien de cassé. Les anti-douleurs lui laissent un soupçon de lucidité: «pas JiPé, pas la Polo!». Daniel, sa Focus et Ninou-l’interprète s’y collent. Et les 4 qui restent, quoi qu’on fait? J’argue qu’étant donné l’état des stocks, le fait qu’on ne sait pas quand la Focus-ambulance va rentrer, qu’ils auront sûrement faim et qu’on a un micro-onde, bref, envoyer une patrouille de 4 hommes au maximum pour acheter des plats à l’emporter dans le bistrot de la veille me semble tout indiqué!

Le souvenir de la zoulie serveuse fait le reste, ma proposition est adoptée à l’unanimité. Lorsqu’on revient enfin, les mains pleines de victuailles, nos 3 héros sont là. Et content d’avoir à manger.

Dernier événement marquant de la journée: comme on enclenche la télé pour voir la météo –et tenir compagnie à David qui squatte le canapé alors qu’on est à table-, les premières images sont celles… d’un spot de la sécurité routière où on voit un 4x4 plonger dans un ravin… C’en est trop, l’éclat-de-rire est général! Sauf David qui lance de timides «hahaa, hahaaa…» en se tenant les côtes passke ça fait mal… La tension retombe, ça a parfois du bon d’être irresponsable et complètement immature. Wink


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MessagePosté le: 05 Déc 2006, 23:56    Sujet du message: Répondre en citant

Mardi 15

 

Après un lundi pareil, on se dit que les jours suivants vont paraître bien fades. Ben non! L’Espagne c’est plein de surprises: c’est d’abord la flotte qui n’arrive plus aux robinets. Plus de flotte dans tout le bled! Ça veut dire plus de douche, impossibilité de tirer la chasse (c’est plus emm…bêtant Confused ), se faire des cafés à l’eau minérale pour les amateurs –dont je ne suis pas dieu merci!- et on ne se lave même pas les dents après le p’tit déj’… Sad

L’avantage par contre, c’est que la balade du jour accède à un statut un peu particulier, que je nommerai le «cagoince run». Enfin c’est ce que je crois, au début, et ce que certains participants espèrent. Sauf que Ninou arrive à se passer aussi bien de chiottes que de sommeil, et qu’on va faire pas-mal-beaucoup de kilomètres à bien se tasser les intestins avant d’accéder au saint-siège…

JiPé lui est resté au gîte à surveiller son gros canard, il passera sa journée à tenter de remplir bassines et saladiers avec le maigre filet d’eau qui daigne couler par intermittence. Enfin faut être compréhensif, vu son grand âge, ça doit faire des années qu’il n’a pas joué avec un p’tit robinet et des trucs à remplir… Razz

Bref, enfin posés dans un rade, les 5 mercenaires de l’étape du jour passent à tour-de-rôle, discrètement et l’air de rien par les lieux. Glotton mettra un point d’honneur à y passer en dernier, comme quoi y’a pas besoin de rouler en japonaise pour ne pas aimer perdre la face. Et tant pis pour lui, il apprendra à ses dépends ce que signifie «être au bout du rouleau»!!! Razz

Au moment de repartir, j’en viens une fois de plus à douter de la santé mentale de Daniel. Il insiste pour que j’essaye son Multiplat, et VEUT prendre la NTV!!! Comme quoi y’a 4 ans encore il roulait en veau-d’ville, c’est le même moteur, ça lui rappellera des souvenirs, tout ça… J’hésite un peu, puis bon prince, je cède. Après tout, si je suis capable d’envoyer une Clio sur le toit avec une Fazer 600, je dois pouvoir faire des choses intéressantes avec une grosse meule comme ça. Et une digression, une!.

L’essai de la Multistrada à Daniel que c’est moi qu’était dessus:

Bon j’ai pas fait le kakou et y’avait pas de Clio en face. J’ai sagement suivi Daniel sur la NTV, bizarrement c’est plus facile de le suivre quand on échange les motos. Comme quoi je suis un pilote exceptionnel et je m’adapte rapidement à un nouvel engin. Wink Et surtout la pêche du 1000 DS de la Ducati permet de recoller à volonté à la NTV en sortie de virage, niveau moulbif y’a pas photo. Sad

Moteur toujours: il est incroyablement souple pour un twin de grosse cylindrée, et monte à volonté dans les tours. Quoique je ne suis pas allé bien loin, y’avait une NTV qui bouchonnait, c’est bien la moto et pas le mec dessus qui fait la différence. Wink

La position est par contre un poil trop figée à mon goût, c’est comme c’est prévu et pas autrement. Pas question de se reculer sur la selle par exemple. La protection n’est correcte que jusqu’à 120 environ, même le saute-vent de la NTV fait mieux.

Enfin, à enrouler peinard comme ça, je remarque sur les freinages moyens que le guidon joue les marteaux-piqueurs. Bizarre que Daniel n’ait rien senti(?). Disques voilés ou autre chose? Et puisqu’on parle de freins, l’arrière fait partie des accessoires montés en série, mais est purement décoratif. Pédale trop haute et inatteignable à moins de lever toute la jambe. Chose que j’ai fait une fois pour constater que même debout sur la pédale, le ralentissement est nul!

L’échange ne dure pas longtemps, on est déjà au premier plein de la journée. Enfin: pour les autres passke l’autonomie de la NTV lui permet de ne ravitailler qu’une fois sur 2, et encore, sans même entamer la réserve. Qu’est-ce qu’ils consomment les autres!!! Wink On repart sur nos meules respectives, et je me retrouve tout seul. Boaf, y’a qu’à enrouler. Même en rythme balade, ça nous fait encore pas mal de dépassements, et les 50 petits bourrins de la NTV sont bien moins à l’aise dans cet exercice que ne le seraient les 100 de la Pan ou les 140 de la CBR…

Là on est sur les spéciale à Ninou, y’a des routes grandioses. Le bitume est par endroit si beau qu'on ne regarde plus rien d'autre, de toutes façons les paysages, quand on en a vu un, on les a tous vus… Wink On termine la boucle et on se retrouve sur la terrasse qu’on vient de quitter, y’a quoi, une heure(?). Salades, sandwiches, c’est juste un plein pour l’hygiène, pas question de trop charger les motos, ça nous ralentirait… Wink Bizarrement, y’a un serveur qui se marre et l’autre qui fait franchement la gueule. C’est sûrement celui qui est allé aux chiottes après Glotton, et l’autre n’arrête pas de se marrer depuis qu’il a vu sa tête quand il est sorti… Wink

Revenons aux choses sérieuses: Daniel a lui-aussi trouvé la direction de la NTV légère, et qu’elle était bien vaillante comparée à la Deauville de ses souvenirs. Logique, avec le même moteur et 50 kilos de moins... Sur son «MST» par contre, il n’a rien remarqué de spécial aux freins(?), de toute façon il n’utilise jamais l’arrière… Faudra qu’un autre essaye.

Nouvel échange, entre Ben et Olivier cette fois. Ben est très prudent avec le Tuono, ce qui me permet, une fois n’est pas coutume, de ne pas rouler seul. Puis ils reprennent leurs jouets et la NTV retrouve sa solitude. Boaf, c’est encore mieux comme ça. Ben est resté un moment derrière moi, et je me suis mis un peu la pression pour pas trop bouchonner. Trajectoires hachées, freinages tardifs, aiguille constamment à 2000 tr/min maxi de la zone rouge… La NTV est à contre-emploi et moi pas à l’aise.

On rentre au gîte. Un dernier plein, le premier de la journée pour moi. Hier j’avais remis 14 litres pour 240 bornes, cette fois je remets 14 litres pour… 265 km, c’est pas la ruine. Si on trouve de l’essence, y’a toujours pas d’eau dans le village. Glotton, Ninou et moi, on se vote une séance à la piscine du village, les autres en vrais motards préférant rester dans leur crasse. Checrado, généreux nous prête sa caisse.

A la piscine, y’a personne à part 2 pingouins au bar. On se change, on raque 2,7 € par personne, et… normalement, dans les pays civilisés, une piscine est chauffée. Là non. J’ose un orteil prudent sous la douche, c’est glacé! Et dans la piscine? c’est encore plus froid! Ninou dégoûté renonce, alors qu’Olivier et moi nageons une –petite- longueur. L’avantage c’est que la douche paraît presque chaude après, et j’en profite pour me laver consciencieusement. C’est que Régine m’a aussi prêté son nouveau sac de couchage, et j’ai intérêt à lui ramener tout son matos en bon état. Voui, la NTV aussi… Confused

Un petit vent frais finit de nous sécher (décidément, la piscine à 1600 m. d’altitude, c’est pas ça…), et les 2 courageux du jours regagne la tanière des fauves. Accompagnés de Ninou-la-tafiole, on ne se prive pas de soigner sa réputation de gros dur aux petits oignons… aux tout petits petits petits oignons même Wink

Puisqu’on est dans la cuisine, saluons l’effort méritoire de JiPé qui nous a préparé le repas du soir. Des pâtes sauce tomate d’après lui, sauf qu’il fait la cuisine comme il conduit et que la salière a manifestement fait l’intérieur aux tomates et aux pâtes. Gros gaz ou gros sel, JiPé c’est tout en finesse… Wink

David va déjà un peu mieux. Hier encore il parlait de liquider toutes ses épaves pour prendre un abonnement SNCF, ce soir il se demande si la RSV est réparable… Incorrigible! Wink

Mercredi 16

 

Aujourd’hui on va à l’ouest. Je me réapproprie ma place stratégique en queue de peloton, au grand dam de JiPé qui me fait plusieurs fois signe de passer. Je refuse poliment (Watt-fair-phoutreWink ) je me suis juré de ne plus subir un seul de ses «dépassements par la droite en toute sécurité» et la seule solution pour en être sûr, c’est de le garder dans la ligne de mire…

C’est de la bonne route, très roulante mais pas ennuyeuse, avec des séries de virolos qui viennent judicieusement interrompre les rectilignes. Sauf que JiPé prend un malin plaisir à me bouchonner dans les lignes droites justement (l’a peur des radars? on n’en verra pas un!), et me largue sans pitié dans le sinueux. Boaf, ce doit être le saute-vent de la CB500 qui est trop petit pour ses cervicales… Wink

Barco de Avilla, on traverse Bejar, qui peut sans problème concourir dans la catégorie des villes les plus moches d’Europe. Puis on va faire du tourisme à el Alberca. Cité médiévale avec ses vieilles rues pavées interdites à la circulation, et envahies de touristes à pied évidemment. Sauf que Ninou a décidé qu’il voulait nous montrer le centre historique, qu’il sait très bien que certaine(s) personne(s) parmi nous ne marche(nt) pas volontiers, et donc… on suit tous Ninou comme s’il n’y avait jamais eu de panneaux d’interdic-quoi?, on se faufile au milieu de la foule étonnamment complaisante: si tu essayes de faire la même chose en Suisse, tu pourras t’estimer heureux si les flics arrivent assez vite pour te mettre une prune AVANT que la populace en colère aie fini de te lapider… Sad

2-3 photos, y’a rien à voir à part des vieux cailloux et le bitume va refroidir… Gaazzz! On passe par un col qui serait très joli si la route n’était pas si étroite et mal revêtue, et on s’arrête dans un bled pour faire le point (meuh non on n’est pas perdu, c’est juste qu’on sait pas où on est… Wink ). Ben et Chebello en profitent pour échanger leurs montures, et JiPé me propose d’en faire de même avec la CB500 et la NTV. Aie! D’un côté j’ai promis à Régine, mais faut pas vexer le chef et j’aimerais bien avoir son avis sur cette direction si légère sur la NTV. Ainsi soit-il. J’insiste comme un BD –lourdement- sur le fait que c’est celle de Régine et que si… mes chères prunelles comme mes «cojones» risqueraient d’en souffrir.

Je m’assoie donc sur le proto-en-cours-de-développement, et… allez-Louya! la CB refuse de démarrer! Démarreur? Batterie? Si c’est la moto qui veut pas… je rends son piège à Jipé et reprends mes aises sur la NTV. La CB daigne s’ébrouer avec une belle séance de poussette, mais n’ira plus très loin.

Une petite dizaine de kilomètres jusqu’à la station-service suivante, et la CB se met en rideau. On appelle un véto ou on l’achève?

Petite séance de démontage, Sir Oliver du Glottenstock manque de brûler ses nobles phalanges en touchant la batterie. Régulateur, batterie ou les 2? Quoiqu’il en soit, il ne reste plus qu’à abandonner l’épave du proto. Panne à la con à Punte de Allagon, ça fait assez titre de polar… Wink Evidemment, les plaisanteries fusent au sujet de la légendaire fiabilité des Honda en général et des CB500 en particulier. Disons pour être simplement objectif –et cela n’a absolument rien à voir avec le fait que j’ai 4 Honda dans mon garage… Wink - que la CB500 de JiPé souffre surtout du retard pris dans le développement du proto, et que sur une CB500 d’origine, la batterie ne se balade pas aussi librement dans son logement –par exemple. Ou que normalement, la borne positive dispose d’une protection et ne flirte pas constamment avec le cadre, au gré des secousses et virages. La NTV est là pour prouver qu’une Honda «normale», même de 10 ans, s’en sort très bien, et AMHA, il est miraculeux que la CB500 soit arrivée aussi loin, avec ces quelques lacunes qui ont hélas échappées à la sagacité du bricoleur en chef… (tu parles: il est pourri son os! Même motif et même punition que pour une ex-bitumeuse-râleuse, quand t’achètes une épave pour 1000 Euros, t’en as pour ton argent, et ne t’attends pas à rouler aussi sereinement si tu avais une Pan neuve…). Na!

Ben et Daniel reprennent leurs montures respectives, j’en profite pour demander au bistrotier comment était le freinage: il confirme mon diagnostique de la veille, les freins du Multiplat sont bel et bien voilés. Ben hérite d’un petit passager, et on repart. Comme d’habitude, je me fais larguer, même en duo les reprises de Gertrüd sont largement supérieures à celles de ma mob.

Je tente de m’appliquer, et miracle, je rattrape une moto! Fausse joie: ce sont des touristes en duo sur une Béhème, que je laisse à leurs interrogations existentielles. Ils viennent de se faire enrhumés par la «furia francese», et le p’tit Suisse passe la dernière couche avec sa mobylette… C’est un coup à se mettre au pédalo! Je distingue une dernière fois mes petits camarades à la faveur d’une très longue ligne droite, mais tu crois qu’ils m’attendraient? Je suis pratiquement au maxi à 170 (avec ce vent…) et ils s’éloignent…

Les péripéties de la journée nous ont mis à l’heure espagnole, on s’arrête en milieu d’après-midi pour le repas. On détonne un peu dans un bistrot chicos et encore plein malgré l’heure tardive, c’est bien la première fois que je fais un repas gastronomique avec les bitumeurs!

Comme on est généreux et qu’on pense à ce pauvre David, on fait des photos des plats pour qu’il puisse en profiter un peu… Razz

P1010298_resize le dessert, avec cadrage artistique par jean Pierre

Le dessert

Et on rentre au bercail. JiPé teste le confort de selle de la Multistrada, je n’ai pas très bien compris si c’était la selle –trop large- de la GS qui ne lui convenait pas ou si c’est Ben qui n’apprécie pas que JiPé, taquin, lui ait fait «coucou-qui-est-là», les 2 mains sur la visière pour voir s’il avait bien mémorisé la trajectoire pour le virage suivant...

Daniel est très prudent en duo, et je reste plus ou moins au contact, mais je remarque que je perds facilement 50 mètres à chaque sortie de virage: même dans les tours la NTV ne peut lutter en reprise, c’est pô juste… La NTV s’en fout, elle ne me réclamera pour les 285 km du jour qu’encore et toujours ses 14 litres de SP95. Avec ces kilométrages de tafioles, on n’arrive même pô à entamer la réserve! Wink

Rien de spécial à signaler le soir, sauf que, médicalement, la situation de David est désespérée. Il envisage la greffe d’une fourche Öhlins sur sa RSV. J’ai un flash dans ma tête, je vois la moto, le ravin, la fourche, et je demande innocemment –tu me connais…- si «ça existe une Öhlins avec 4 mètres de débattement???» L’assemblée est pliée, sauf David qui se tient les côtes… («hahaa, hahaaa… fais mal… hahaaaa»)

Jeudi 17

Journée de repos qu’ils disaient! En fait, le programme de chacun sera chargé. Ben et Ninou vont essayer de changer les pneus arrières de leurs montures. Chebello et Glotton vont faire du tourisme à Avilla, alors que David doit être rapatrié. Et mécolle? je vais me taper 190 bornes en Polo avec le chauffeur fou pour aller rechercher le cadavre de la CB500. J’apprendrai ce que «remorque racing» veut dire… Wink En fait, à partir du moment où tu es satisfait de ta vie, que tu t’en fous de mourir, accompagner JiPé c’est pas si catastrophique. Y’a bien un ou 2 trucs bizarres, comme ces problèmes de CDI qui font que le moteur ratatouille parfois, et qu’alors le païlotte débraye et coupe le contact pendant une seconde, avant de le remettre et de relancer le moteur la foulée. Si, si, aussi en pleine circulation en ville. Ça pourrait devenir gênant suivant la situation, du fait par exemple de l’absence d’assistance (direction?, freinage?). Bon, apparemment ça ne bloque pas un antivol de direction, donc pour JiPé c’est la routine.

Mais sinon, force m’est de reconnaître que je ne suis pas beaucoup plus secoué que mes propres passagers quand c’est moi qui conduit. C’est plutôt la différence de style de conduite qui impressionne au début. La Polo G40 est un véritable kart, collé au sol sur son train avant. Alors que j’ai l’habitude des propulsions, volages de l’arrière et que j’aime mettre en glisse (si, si, même mon p’tit bus, et même sur le sec, demande à Cendrillon si tu m’crois pas!). Tout est affaire de sensations donc, et je ne suis pas surpris d’apprendre que ceux qui n’aiment pas mes glissades ne sont pas fans du style de conduite de JiPé non plus… :-O

Surprise au retour, David est encore là! Le taxi a confondu l’heure, l’est viendu le chercher à 14:00 au gîte alors que c’est l’avion qui décolle de Madrid à 14:00…

Sinon, Ben s’est trouvé un peu-nœud plaqué or (vu le tarif…), et Ninou a récupéré un ancien pneu d’Olivier qui suffira pour finir la semaine.

J’ai une attaque de paupières, alors que les morfals ont l’ennui de leur petite serveuse, on aurait du mettre plus de bromure dans leurs rations, chef. Boaf, amusez-vous-la-bien, moi je vais me coucher. J’essuie 2-3 quolibets même pas méchants, c’est que j’ai de la route à faire pour rentrer demain et après-demain. David toujours en short et tongs plastiques regarde mon pantalon comme si c’était une paire de jarretelles sur les jambes de Sharon Stone. NON!!! L’est trop petit pour toi et on arrête de se prêter des choses, ça finit toujours mal… Tu serais foutu de te choper une tourista galopante que t’aurais même pas le temps de l’enlever, et c’est mon seul habit civil…

 

Vendredi 18

 

Cette fois le taxi vient en temps et heure chercher David. JiPé n’a pas envie de se faire les spéciales du jour comme passager, et préfère rouler sans les bouchons du ouiquande. Tant qu’à faire, je suis plus ou moins son exemple. Je charge la NTV et j’accompagnerai les rares survivants de l’expédition pendant les 80 premiers kilomètres seulement, jusqu’à Talavera. De là j’ai l’autoroute pour Madrid, ça m’arrange.

Contournement de Madrid sans difficulté, puis je m’arrête pour un premier plein après 270 km environ, alors que j’ai même pas entamé la réserve. J’irais bien plus loin, la NTV a largement 300 km d’autonomie, mais il n’y a pas de signalisation indiquant la distance jusqu’à la station suivante comme en Suisse ou en France. C’est un peu con, et sur une journée de route correcte, ça t’oblige à faire un voire 2 arrêts de trop.

Je sais que certains n’aiment pas l’autoroute, mais moi ça ne me dérange pas, j’aime bien voir défiler les kilomètres, les paysages, et savoir que je fais de l’avance. En plus, il y a quelques chouettes passages sinueux comme des petits cols. La miss fait preuve de bonne volonté et tient le 150 compteur dans les montées, malgré un revêtement qui est par moment bien strié, comme s’ils allaient refaire la route bientôt. Sauf que si les stries sont bien visibles, la roue avant n’engage pas. C’est là que je trouve enfin LE truc. J’ai toujours aussi peur de pencher dans les droits, mais j’ai pas peur de déhancher, non? Banco! J’arrive enfin à conserver une vitesse décente sur le sinueux, au grand étonnement des automobilistes qui doivent se demander ce qu’un touriste suisse fait là à côté de sa mobylette…

Vers la Muela, je traverse, impressionné, la plus grande forêt d’éoliennes d’Europe. Deuxième plein avant Zaragosa, troisième peu avant Barcelone, un beau bouchon m’indique qu’il ne reste plus beaucoup de route avant la frontière. J’emprunte la BAU à vitesse réduite tant que je peux, puis retourne entre les files de voitures à l’arrêt pour les dernières centaines de mètres, en moto tu perds quoi? 3 minutes?

4ème et dernier plein du jour vers Montpellier. Je regarde la carte et décide de me trouver un toit pour la nuit. Sûr que si j’étais parti plus tôt, ça aurait été marrant de faire ça d’une traite. Une balade de santé en Pan, mais la NTV est un peu moins confortable, moins rapide et protège moins. La somme des moins se traduit par un gros plus en fatigue à la fin de la journée… J’avis Lunel, doit bien y avoir quelque chose à boire… Wink Y’a une chambre dans mes tarifs, un box fermé pour la mob’, pas besoin d’autre chose.

J’ai de la peine à m’endormir, les oreilles bourdonnent. Avec la Pan, je ne mets jamais de bouchons dans les oreilles, avec la NTV j’aurais du… Sad

 

Samedi 19

 

P’tit déj’ copieux pour nourrir le fauve, sortir la mob du garage, charger le paquetage, ne pas oublier les bouchons pour les oreilles… un premier plein pour avoir l’autonomie maximale, et roule… Y’a pas mal de trafic déjà. Les automobilistes français sont dans l’ensemble assez sympas et s’écartent souvent pour me laisser passer. Les Allemands ou les Suisses par contre ont plus de peine, et je dois parfois forcer un peu le passage. Un Allemand mal luné me prend en chasse, juste quand je remarque un motard sur la BAU. En panne? Pas vraiment, vu l’uniforme et les jumelles. Boaf, j’espère qu’il a pu faire une belle photo de face, et ça suffit pour que mon «cousin germain» me lâche la grappe.

A Valence, je quitte l’A7 direction Grenoble. Un Valaisan m’ouvre la route avec un cabriolet Honda S2000, à 170/180 ça fait déjà une belle vitesse de croisière. J’essaie d’être raisonnable, je sais qu’en tant que Suisse j’ai droit à +39 km/h sur les autoroutes françaises. Donc 169 km/h réels, au-delà ce ne serait plus 90 euros de prune, mais une dénonciation à la justice suisse, et là…

Sortie Voreppe, c’est mon raccourci par le col de la Placette pour Chambéry. Un plein, et comme je suis sur place, j’en profite pour aller contrôler l’état de santé de David. C’est que c’est dangereux l’avion, les sorties de route ne pardonnent pas… Wink L’est pas chez lui, je le trouve au coin de la rue, il revient de la boulangerie. Il m’invite chez lui, je vide un verre d’eau en vitesse. Hier matin encore on était en Espagne, ce midi je passe lui faire la bise, et 3 heures plus tard je serai à Bienne…

Il fait beau depuis le départ, la route est belle, le moteur ronronne, en fait y’a rien à raconter… Wink

La maison enfin, La NTV a bien mérité un p'tit coup de chiffon sur le pare-brise.

C’est où qu’on va l’année prochaine?

Amitiés,

A+,

Le Jef-l’est-pas-belle-la-vie? Wink

 

Encore mes remerciements à:

Ninou, brillant organisateur de cette Espingouine qui restera dans les an(n)ales… Wink Sauf que c’est loin l’Espagne, alors la prochaine fois tu nous amène tes routes, mettons quelque part entre Marseille et Paris et ce sera parfait! Wink

JiPé, c’qu’ya de bien avec lui, c’est qu’on a pas besoin d’inventer des anecdotes improbables, tout est «incroyable mais vrai», garanti Marseillais pure souche. L’a encore un peu de travail pour peaufiner la mise-au-point de son proto, mais c’est des détails… Wink

David, qui nous a bien fait comprendre qu’il était venu contre son gré. Mais une sortie bitumeurs sans David, ce serait comme une danse du ventre sans nombril, un gâteau de mariage sans chantilly, un bar sans putes, une partie de pétanque sans cochonnet… Wink Bon rétablissement, faudra bien un jour que la scoumoune s’arrête.

Daniel, auteur involontaire de LA phrase clé de cette Espingouine: «finalement, j’trouve qu’on mangé pas mal ici». Fallait oser!!!! Sinon particulièrement discret cette année, la faute à des parents qui ne se portent pas mieux avec l’âge. Merci encore d’avoir accepté de nous trimballer, la NTV et moi à l’aller, ce fut un voyage d’anthologie…

Olivier cache non sans mal un cœur d’or gros comme une facture de téléphone. On le croit râleur, mal-luné, constipé chronique, alors que ce n’est que de la pudeur… Wink

Ben-et-son-fourgon. Epicurien, c’est bien le seul que j’ai vu s’arrêter pour prendre une photo de PAYSAGE, faut pas le dire au chef… il n’avait pas particulièrement envie de venir en Espagne, mais qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour que Ninou change enfin sa signature… Wink


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MessagePosté le: 14 Jan 2007, 15:57    Sujet du message: Répondre en citant

Glotton
(En attendant la suite)
 
Bon, là j'ai pas trop le temps, alors je ferai pas de CR ce soir, ya la Maco qui me hurle "Houhouuuuu ! mi amor !! come here mein liebe !" du
fin fond de la chambre...(Ben, tu peux pas comprendre Wink)

Donc je reviendrai vous raconter les conneries des uns des autres, les grandes phrases mémorables, ceux que certains
ont omis de préciser, le tout un peu plus tard cette semaine

Sachez messieurs les espingouins que, malgrè mes gueulantes concernant 2 3 points de la vie quotidienne en groupe,
j'ai adoré cette Espagnole (pas la serveuse, j'ai laissé une chance à Ninou, mais il semblerait qu'il ne la saisissasse pas...),
l'ambiance, pardon, l'excellente ambiance, les fous rires, les grosses conneries....et.....et.....et les excellents RB de Ninou,
des routes viroleuses de folies, ca monte, grd gauche, paf, ca vire a droite en redescendant, pas ca repart à gauche,
etc etc etc....sans cesse, pdt des centaines de kilometres, un bitume digne des circuits, des paysages grandioses,
l'Escorial tres joli (honte à ceux qui ne l'ont pas vu, alors que devant avec Derthal, pardon, Ninou, à 180, on
l'a quand meme vu Wink), bref, que du bon....

Je reviendrai donc sur l'histoire des T.I.G de Jipé, sur les grandes pensées culinaires du Chebello, sur cette superbe
tranche de vie d'une semaine parmi 6 marrants (même avec l'humour suisse façon Almanach Vermot cru 1870)

là je pars rejoindre la madame, il parait qu'il y a des araisgnées dans la maison...

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MessagePosté le: 14 Jan 2007, 16:03    Sujet du message: Répondre en citant

NINOU
 
SAMEDI
 
C'est en Ardèche que commence l'Espingouine, première édition. Nos bonnes intentions ne résistent pas à la volupté du sommeil matinal et il est 9h du matin lorsque nous nous levons et commençons à nous affairer. Heureusement que nous avions chargé les motos la veille.

Après le petit déjeuner nous sommes au complet. JP est là avec la polomobile. Jef va faire la route avec Chebello, BD le "malgrè-nous" moderne monte avec moi dans la fourgonnette et Glotton monte avec Maco qui va nous accompagner jusqu'à l'autoroute car elle redescend sur Perpignan. Nous nous séparons de nos compagnons d'Ardèchoise qui ne font pas le voyage ibérique et il est plus de 10h lorsque nous partons. Avec plus de 1200 bornes à faire, on ne va pas arriver tôt au gîte ce soir.

Et ce fait devient très clair dès les premiers hectomètres et encore plus dès la sortie d'Aubenas: trafic dense. Arrivé à l'entrée de l'autoroute, nous nous arrêtons pour dire au revoir à Maco et Glotton, n'écoutant que son courage (inconscience), monte avec JP. Sur l'autoroute, de dense, le trafic passe à l'état de bouchon. Et là commence notre lente agonie routière vers la frontière.

Souvent en première, des fois en seconde, exceptionnellement en troisième nous progressons péniblement au milieu du flot de voitures. Mais il fait beau et l'humeur est au diapason. BD et moi en profitons pour écouter de la vraie musique à tue-tête. Nous nous passons et repassons au grè de l'avancement chaotique des différentes files. Nous en profitons pour draguer Maco quand elle passe à notre hauteur sur la voie de gauche et faire des gestes obscènes à JP et Glotton lorsque ceux-ci passent à notre hauteur sur la voie de droite. BD en profite aussi pour leur faire sa meilleure rendition des Ramones live pendant que les haut-parleurs braillent à tue-tête "He! Ho! Let's go!" ou "Judy is a punk!".

Notre lente progression continue, ponctuée de péages infernaux. Chebello et Jef en profite d'ailleurs pour nous faire l'exter en passant par la voie réservée aux carte de crédit et qui avance beaucoup plus vite. Mais nous les repassons alors qu'ils sont arrêtés à une station service.

Nous finissons tout de même par nous regrouper dans la station suivant. Nous faisons le plein et en profitons pour manger un méchant bout dans cette station pleine à craquer et balayée par un vent violent. Puis nous reprenons notre lent périple après que Glotton ait échangé sa place avec BD. J'ai pitié de lui et change le repertoire musical pour quelque chose un peu plus "easy listening".

Il est prêt de 17 heures lorsque nous passons enfin la frontière! Nous nous arrêtons juste après la frontière pour faire le point et nous regrouper, puis
repartons. Cette fois nous sommes en Espagne!

Le trafic est un peu meilleur mais encore dense. Mais maintenant il s'agit de ne pas se perdre de vue.

Après Barcelone nous prenons la direction de Saragosse. Il commence à se faire tard, et pépé veut manger. On se met d'accord pour s'arrêter manger à Saragosse. De toute façon il est temps de se mettre à l'heure espagnole, donc le dîner, pas avant 10h, au grand dam du JP... et de BD qui doit endurer ses incessantes jérémiades et non moins incessants borborygmes.

Maintenant que le trafic est moins dense, JP se lâche et sa conduite redevient typique, erratique. Nous rions de la tête que fait BD lorsque nous les passons ou qu'ils nous passent au hasard des humeurs de JP.
 
P1010251_resize le voilà à son aise
 
Voilà l'Ombre
 
Lors d'un arrêt dans une station service, JP s'achète un paquet de Pimkies. Nous lui sautons dessus et lui volons son paquet de gâteaux! Il se dirige alors vers la polo, ouvre le coffre et sort un katana en bois! Et le voila en train de courir en brandissant son katana après Glotton et son paquet de Pimkies sous l'oeil médusé des clients de la station. Glotton choisi de se défaire de l'encombrant paquet et le jette en l'air en espérant que cela détournera JP, un peu comme les leurres que lâchent les avions de chasse pour tromper les missiles. Le stratagème fonctionne et voila Glotton sauvé et JP en possession de nouveau de son paquet de Pimkies. Dans sa grande magnanimité, sensei JP, ou le fou avec le bâton, c'est selon, partagera ses Pimkies avec nous. Nous repartons après cette épisode burlesque.

Il souffle un vent violent alors que le soleil se couche.

À Saragosse nous quittons l'autoroute pour de bon. Nous nous arrêtons enfin pour manger après quelques dizaines de kilomètres, dans un hotel restaurant en forme d'immense château fort. Il semble sorti de Disneyworld ou Las Vegas. Le repas est bon, mais la fatigue commence à se faire sentir chez les participants. Heureusement, JP et BD ont pu se relayer pour conduire, de même que Chebello et Jef. Je les remotive en leur présentant une estimation un peu optimiste des kilomètres qu'il nous reste à parcourir, sous l'oeil sceptique de Jef avec sa carte routière à la main.

Il est plus de minuit quand nous repartons, après que j'aie appelé le gîte pour leur dire que nous serions VRAIMENT en retard. Le convoi fend la nuit sur les routes souvent tortueuses qui s'enfoncent au coeur de l'Espagne. La nuit est noire et tout et calme. Glotton dort à côté de moi, bercé par le ronronnement du moteur et un fond de Depeche Mode.

Une fois passé Soria, nous obliquons au sud en direction d'Ávila. Les heures défilent sur les routes sombres et desertes. Nous réussissons tout de même à trouver une station ouverte pour ravitailler la Polo qui commençait à taper dans sa réserve. Les conducteurs se relaient quand ils en ont la possibilité.

Nous finissons pas arriver à Ávila. Nous contournons la ville mais la zone est en travaux et j'ai dû mal à me repérer. Je demande à Glotton de jeter un coup d'oeil sur la carte pour vérifier la direction à prendre. C'est donc avec son assentiment que je m'engage sur la route de San Martin de Valdeiglesias... au lieu de prendre la route vers Plasencia.

Je finis par me rendre compte de mon erreur en arrivant sur Barraco. Faire demi-tour ou rejoindre la bonne route par les petites routes, c'est kif-kif
maintenant, je continues donc et oblique à l'ouest vers Burgohondo. Nous nous sommes rajoutés une bonne soixantaine de kilomètres sur des routes extrêmement viroleuses, qui forment d'ailleurs quelques spéciales de cette Espingouine. Je dis à Glotton d'en profiter pour prendre des notes et des repères de freinage.
 
Les routes sont tellement tortueuses qu'il nous faudra une bonne heure et demie pour enfin rejoindre le gîte. Il est bientôt de 7h du matin et les premières lueurs du jour commencent à poindre au-dessus de la ligne orientale de la Sierra de Gredos.

La proprio vient gentiment nous ouvrir et nous prenons possession des lieux, et surtout des lits, sans prendre la peine de décharger les motos. Quel délice de s'étendre après 21h de route.
 
Ninou

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MessagePosté le: 14 Jan 2007, 16:11    Sujet du message: Répondre en citant

DIMANCHE
 
Vers 10h30 il me semble entendre du bruit dans la maison et un timide "Ninou?". Je me lève et tombe sur Ben qui vient d'arriver. Il est descendu directement de Paris avec sa nouvelle fourgonnette VW et Gertrude dedans. Nous voici donc au complet pour l'Espingouine. Je lui explique que nous tout le monde dort car nous sommes arrivés il y a moins de 4 heures. Je lui dit de prendre un lit, mais il préfère aller se reposer dans la fourgonnette pour ne réveiller personne. Soit! Je retourne donc finir ma nuit.
 
Vers midi tout le monde commence à émerger et à s'activer. Il fait beau et les participants peuvent découvrir la vue sur la Sierra de Gredos depuis le
balcon. Le mur entourant la cour plonge JP dans une transe martiale et il commence à prendre des dispositions pour la défense de notre fort contre les autochtones et à aboyer des ordres.
 
La première priorité est de faire quelques courses pour avoir de quoi se sustenter. Sous les ordres de l'adjudant JP, BD et moi-même partons en mission de ravitaillement. Nous progressons de coin de maison en coin de maison, toujours à couvert, rasant les murs, tous les sens aux aguets. Nous repèrons l'épicerie locale et la prenons d'assaut avec succès et sans pertes. La mission de ravitaillement se terminera triomphalement, le butin bientôt rangé dans notre petit fort.
 
P1010268_resize l'épicerie du village
 
A manger ici !
 
Après avoir mangé un bout, nous nous occupons de décharger les motos, y compris la Gertrude qui prend tout l'espace dans la fourgonnette de Ben. Après ça la journée sera dédiée au farniente sous la tonnelle pour récupérer de l'épreuve de la veille. En milieu d'après-midi un collègue à moi vient récupérer la fourgonnette. L'après midi se terminera aussi paresseusement qu'il a commencé.
 
Le soir nous décidons d'aller dîner à Hoyos del Espino, un village à quelques kilomètres d'où nous sommes. Nous jetons notre dévolu sur un bar, "le drakar" pour un dîner tout simple mais agrémenté d'une fort charmante serveuse. JP et BD nous sortent leur meilleur espagnol... à moins que ce ne soit ce qu'on appelle "parler français comme une vache espagnole". Toujours est-il que le français se transforme en espagnol par la simple transformation des mots en "-tion" en mots en "-çione" (avec le cheveu sur la langue!) et l'ajout de "a" ou "o" aux autres mots.
 
Après avoir bien ri, nous rentrons au gîte et ne tardons pas à aller nous coucher, car demain nous attend la première journée de cette Espingouine 1. Ceci dit, nous somme à l'heure espagnole, alors il n'est pas prévu de réveil "au clique". Un départ à 10h est suffisant pour faire les 300 km prévus, surtout avec un groupe de 7 motos seulement.
 
Ninou

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MessagePosté le: 14 Jan 2007, 16:13    Sujet du message: Répondre en citant

LUNDI
 
Le lendemain matin tout le monde semble prendre plaisir à trainasser au lit, moi y compris. Je laisse donc tout ce beau monde en profiter. Relax, on est en vacances, en Espagne en plus!
 
BD finit quand même par se lever et cette fois-ci il n'essaye pas de reveiller tout le monde avec un grand boum, c'est à dire en s'explosant la tronche contre l'arête de la poutre qui domine son lit. Car la veille c'est ainsi qu'il s'était levé, du bon pied, mais de la mauvaise tête. Il porte depuis un très seyant pansement sur son crâne rasé.
 
Cette fois il recourt à une méthode plus conventionnelle et qui a fait ses preuves. Mes CD sont là, et à défaut de "Nelly the Elephant", il a le bon goût de choisir le morceau que j'aurais moi-même choisi pour reveiller la maisonnée: "You can't bring me down" par les excellents "Suicidal Tendencies".
 
Tout le monde est bientôt levé et s'affaire, qui à la toilette, qui au petit-déjeuner. Seul Glotton fait de la résistance et finit par se lever juste pour montrer une sale tête de ronchon, arrêter la musique et retourner se coucher. Pas doute sur l'identité, on ne s'est pas trompé, c'est bien notre Glotton qu'on a amené à l'Espingouine!
Il faut donc recourir à un réveil à la "folie des grandeurs" pour que Glotton daigne venir nous rejoindre pour le petit-déjeuner: "MonseignOR, il est l'OR..." ou plutôt "Mon Glottuono, y al tuono, qui attenduono..."
 
On déjeune et on s'equipe tranquillement. Il est bientôt 11h quand nous mettons les moteurs en marche. Et quand je dis "nous", c'est tout le monde sauf BD, dont la RSV refuse de demarrer. Allons bon! Rien à faire elle refuse de démarrer. Nous essayons de la démarrer à la poussette dans la descente qui mène à la route principale mais c'est raté, pas assez de pente. On essaye encore une ou 2 fois en poussant sur le bord de la route, mais rien à faire.
 
Je pars à la station service un peu plus loin pour voir s'ils ont des cables. Malheureusement ils n'en ont pas, même pas à vendre. J'avise un local avec un 4x4 et lui demande s'il a des cables. Il en a et me demande où est la moto qui ne démarre pas. Il me dit qu'il va passer par là dans 10 minutes et qu'il s'arrêtera pour nous aider si on est toujours là.
 
Je repars annoncer ça aux autres et quand je reviens la RSV tourne. Glotton à tiré la RSV jusqu'à une descente un peu plus prononcée et la moto a enfin pu démarrer. Bon! Ben il n'y a plus qu'à se mettre en route alors!
 
Cette journée s'appelle "Ávila", car c'est là que nous mangerons à midi, sous ses formidables remparts classés au patrimoine de l'humanité. Cette journée est aussi la journée "routes à chèvres", les seules de cette Espingouine et que j'ai regroupées pour cette première journée. Il convient de préciser que ce sont tout de même des routes à chèvres très convenables et qui méritent ce qualificatif plus pour la présence de troupeaux de chèvres et leur isolement total que pour leur état.
 
Ceci dit, il n'y a pas que des routes à chèvres, et dès le départ du gîte, après être sorti du village, c'est de suite 13 km de circuit qui s'offrent à nous sur la C500. Le revêtement, refait il y a moins d'un an, est tellement lisse qu'on est surpris de la facilité avec laquelle la moto se met sur l'angle ou change d'angle. On a l'impression d'avoir une autre moto. BD n'est pas loin derrière alors que les autres s'échauffent tranquillement.
 
Nous prenons la N502 pour de nouveau rejoindre la C500 2km plus loin et c'est reparti pour 12 km de plus de circuit, toujours avec BD pas loin derrière. Je laisse le groupe se reformer en arrivant sur Hoyocasero car nous allons tourner un peu après la sortie du village pour prendre la première route à chèvre qui nous conduira au col de Serranillos.
 
Nous attaquons donc le col de Serranillos. Nous passons une moto dans les premiers virages et c'est parti. BD est en grande forme, il s'accroche comme un morpion en hiver et il faut que j'augmente le rythme pour le distancer un tant soit peu. Il fait beau et bon, et la route monte et serpente au milieu des pins.
 
Au détour d'un virage je freine pour m'arrêter devant le troupeau de chèvres qui occupe la route. Le groupe se reforme et nous passons au milieu de tous ces caprins. Puis ça repart de plus belle, le BD toujours aussi pugnace mais aussi un peu tricheur d'après ce que me dira Glotton. Quel sournois ce BD, il cache bien son jeu et fait mine de ne pas couper ses virages quand je l'ai dans mes rétros. Toujours est-il qu'il m'oblige à forcer le rythme et il ne rendra la main qu'après avoir failli être désarçonné par une bosse un peu avant l'embranchement vers Pedro Bernardo. Nous attendons le reste du groupe et rejoignons Pedro Bernardo à un rythme plus tranquille car la route est plus dégradée.
 
Une fois passé Pedro Bernardo, la route a été refaite et c'est un véritable circuit sur 6 ou 7 km jusqu'a la route de Arenas de San Pedro. BD s'en donne à coeur joie sur le RSV et reste dans ma roue. Nous prenons la C501 sur quelques km pour rejoindre une petite route qui nous doit nous amener à Gavilanes d'où nous attaquerons le col de Mijares. Malheureusement la route est fermée pour cause de travaux. Ça n'est pas grave, il y a 2 autres routes qui mènent à Gavilanes un peu plus loin. Nous continuons donc sur la C501, qui ressemble à une nationale, et après quelques km nous prenons une petite route sur la gauche. Je mène le groupe à un rythme tranquille sur cette petite route au milieu des pins à l'odeur entêtante. Ces 6 ou 7 km ne sont qu'une liaison, mais il semble que JP décrète que c'est une spéciale et le voila qui soudainement s'énerve à 1km à peine du village. Il nous passe et nous le rejoignons, penaud à l'entrée du village, 30 secondes plus tard.
 
Nous nous arrêtons sur la terrasse d'un petit bistrot au milieu du village. Glotton se voit décerné le "AK d'Or" après avoir mis son inhibition arsouillesque du matin sur le fait qu'il a été "réveillé par de la musique de sauvage".
 
Après cette pause nous reprenons la route, puis après avoir passé Mijares à 15km de là, nous entamons la montée du col éponyme. Dans la montée, BD, encore une fois, m'oblige à hausser le rythme pour prendre un peu de distance. Une fois arrivée au sommet, on laisse le groupe se reformer et c'est reparti pour la descente.
 
Cette fois-ci JP a su faire la différence entre une liaison et une spéciale et prend ma roue sur sa CB 500 en cours de developpement et dont la molesse (absence?) de suspensions fait merveille sur cette petite route un peu bosselée. JP me garde en visuel pendant une bonne partie de la descente et sur la fin je décide d'en remettre une couche en utilisant une plage plus élevée de régimes. Il lâche un peu prise puis finit par rendre la main et laisser passer BD, le mort de faim, qui était dans sa roue. Je ne vois pas cet épisode car il n'était alors plus dans mes rétros après une série de quasi-épingles.
 
 En arrivant en bas, je m'arrête pour attendre le groupe à une intersection un peu avant le village de Villanueva de Ávila. Le temps passe et personne n'apparaît. Je commence à m'inquiéter pour JP (car je pense alors qu'il était celui juste derrière moi) car je ne peux pas avoir plus de 30 secondes d'avance. Au bout de 2 ou 3 minutes je fais demi-tour et remonte la route.
 
Au bout d'un km je vois des motos garées sur le bord de la route ainsi qu'une voiture. La moto de JP est là et je me rends vite compte que c'est la RSV qui est tombée dans le ravin. BD est déjà remonté, il est debout, ce qui me rassure. Il souffre des côtes et peut s'estimer très heureux d'avoir emprunté les bottes de Jeff ce matin au lieu de mettre les anciennes de bottes de son paternel qui tombaient en lambeaux. Celles de Jeff aussi tombent en lambeaux maintenant, mais elles ont rempli leur fonction.
 
On commence à aviser de ce qu'il faut faire pour récupérer la moto, alors qu'une autre voiture s'arrête. Le téléphone de Glotton sera mis à contribution pour appeler l'assistance de BD pour qu'ils nous envoient une dépanneuse. Nous appelons aussi une ambulance, avec la complicité des espagnols qui s'étaient arrêtés, malgrè les récriminations de BD.
 
Entre-temps, BD subit le contre-coup du choc et faiblit. On l'installe dans le seul coin d'ombre que l'on trouve au pied du rocher et on s'occupe de lui. Une dame descend de la maison située un peu plus haut et nous amène une grande bouteille d'eau tirèe de la source qui coule à côté de sa maison. Elle est très gentille, mais nous fait un petit sermon comme quoi on roule trop vite, et pourquoi on roule si vite, etc...
 
La guardia civil arrive ainsi que l'ambulance. Tout le monde fait son boulot. Le docteur examine BD puis il est chargé dans l'ambulance qui l'amènera à l'hopital d'Ávila. La guardia civil vérifie les papiers de BD et de la RSV, prends des mesurements et nous interroge pour comprendre ce qui s'est passé.
 
Ce qui s'est passé est assez simple à deviner. Il y a une trace de freinage à l'entrée du virage à gauche, puis la trace de l'impact, rouge, sur la route, puis la trainée laissée par la RSV et BD qui mène au ravin où la moto repose encore 7 ou 8 mètres plus bas. La trace de freinage de BD est au quasiment au milieu de la route, alors qu'à cet endroit il aurait dû être sur la droite de sa voie pour ouvrir son virage. Je repense alors à l'observation que je lui avais faite à l'Ardèchoise quand je lui avais dit que j'avais noté qu'il n'ouvrait pas assez ses virages à gauche et que je l'avais vu en attaquer plusieurs depuis la ligne médiane plutôt que depuis le bord droit de la route. Il me dira plus tard, que ça n'est pas ce qu'il avait compris et qu'il avait compris que je disais qu'il n'attaquait pas assez ses virages à gauche!
 
Toujours est-il que quand il à découvert la voiture en face de lui, du fait qu'il était lui-même au milieu de la route à l'entrée de ce gauche, il a eu l'impression qu'elle était en plein milieu de la route et donc en plein milieu de sa trajectoire. Un instant de panique, un frein avant saisi dans l'urgence et c'est le classique low-side, moto et pilote tombe sur le côté gauche et glisse dans le ravin.
 
P1010257_resize ça s'est passé dans un gauche anodin
 
La police arrive, on est sauvés ...
 
L'ambulance emmène BD vers Ávila et la guardia civil quitte aussi les lieux satisfait du scénario: la voiture a surpris BD, il a paniqué, freiné trop fort et est tombé.
 
Il ne nous reste plus qu'à attendre la dépanneuse pour sortir le RSV du trou. Pas besoin que l'on soit 6 à attendre. Chebello, Ben et Jef partent donc nous attendre à Villanueva de Ávila pendant que JP, Glotton et moi attendons la dépanneuse. Nous cherchons les rares endroits d'ombre sous ce soleil qui est à son zénith et il est difficile de s'extraire tout à fait à ses rayons dardants.
 
La dépanneuse finira par arriver et nous remonterons la RSV en la tirant avec un treuil. Elle ira chez le dépanneur jusqu'à ce qu'on lui dise ce qu'il faut faire avec la moto, selon ce que dira l'assistance de BD.
 
Nous rejoignons le reste de la troupe dans un petit bar où nous mangeons à notre tour. Le programme de l'après-midi est bien évidemment annulé et nous allons aller voir BD à l'hosto d'Ávila. Comme Ávila faisait partie du road-book nous aurons l'occasion de finir le trajet prévu pour la matinée en prenant la AV900 pour passer le col de Navalmoral et rejoindre ainsi Ávila.
 
En arrivant à Ávila nous passons le long des remparts puis nous mettons en quête de l'hopital. C'est là que ça se complique. Entre les panneaux contradictoires, les indications variées et confuses des autochtones et le GPS de Ben qui veut absolument l'envoyer dans une autre direction que toutes celles qui nous ont été données jusque là, la tâche n'est pas aisée. Après plusieurs demi-tours et enquête auprès des locaux, j'arriverai à la conclusion qu'il y a en fait plus d'un hopital à Ávila. Ben lui est parti de son côté, faisant confiance à son GPS plutôt qu'à nos atermoiements. Il en sera quitte pour nous rejoindre tout penaud 2 heures plus tard au bon hopital.
 
Car nous avons de la chance et le premier hopital où nous arrivons est le bon. Je n'aime pas les hopitaux, et encore moins le service des urgences. Alors que j'entre dans la reception, un vigile me suit et me dis de faire attention et de ne pas bouger. Il s'approche et d'un mouvement rapide de la main il fait tomber une guêpe au sol et l'écrase sans pitié. Allons bon! C'était peut-être pas la peine d'occire la pauvre bête pour si peu. Je le remercie tout de même de son geste heroique et me dirige vers la receptionniste. Elle nous confirme que c'est le bon hopital, seulement nous ne pouvons pas voir BD car il est encore en train d'attendre son tour.
 
Le vigile nous entend alors converser en français et s'approche de nous, trop heureux de pouvoir parler lui aussi français. Il est suisse. Il discute un peu avec nous puis nous dit qu'il va voir ce qu'il peut faire pour nous aider. Il revient quelques minutes plus tard et nous dit qu'il peut laisser entre un de nous pour voir BD. Je vais donc avec lui et rejoins BD, étendu sur son brancard-lit, dans une salle, au milieu d'internes et d'autres patient. Ça a l'air d'aller à peu près. Il s'impatiente et il a faim! Bon, quand l'appétit va, tout va, paraît-il. On parle pendant quelques minutes, puis il est temps de partir, car je ne suis pas censé être là.
 
Une fois dehors, je briefe le reste de la troupe, puis nous attendons encore un moment. Nous prenons la décision de rentrer au gîte, car si ça se trouve ils vont le garder en observation. D'ailleurs JP pense que l'observation est la meilleure solution "sinon il va râler toute la nuit, comme après sa chute avec la Voxan". Tels les enfoirés moyens nous nous décidons donc à abandonner lâchement BD aux mains des bouchers locaux. Pour pas être trop enfoiré quand même, on s'arrange avec le vigile pour qu'il lui apporte de la monnaie pour pouvoir appeler ainsi que nos différents numéros de portable.
 
Nous partons donc d'Ávila, non sans faire un tour pour rien grâce à mon prodigieux sens de l'orientation. Le retour se fera par la N502, très rectiligne au départ mais beaucoup plus amusante ensuite, avec notamment le passage du col de Menga à 1600 mètres.
 
Nous sommes à peine arrivés au gîte que nous recevons un coup de fil de BD. Ça y est, ils lui ont fait les radios. Rien de cassé, juste une grosse contusion au niveau de côtes. Il voudrait qu'on aille le chercher car il ne veut pas rester la nuit à l'hopital. Il a aussi la présence d'esprit de préciser: pas JP, n'importe qui mais pas JP!
 
Chebello et moi repartons donc à Ávila pour aller chercher le Roudoudou du Pépé. Une fois arrivé, je pars chercher BD alors que Chebello reste à la voiture. Le docteur qui s'est occupé de lui vient me voir et m'explique le diagnostic ainsi que l'ordonnance. Elle me dit qu'il va avoir mal pendant une bonne quinzaine de jours, mais que c'est normal. Elle m'explique l'ordonnance, la posologie, les choses à faire et ne pas faire, les choses à surveiller.
 
BD n'est pas dans un état très brillant. La douleur aux côtes est maintenant bien établie, les muscles se sont refroidis, l'adrénaline est dissipée et ils ne lui ont filé aucun anti-douleur. Il peine à faire le moindre mouvement. Il réussit à s'asseoir sur le lit. Je l'aide à s'habiller, un strict minimum tant tout mouvement lui est insuportable. D'ailleurs il ne pourra pas se lever, la douleur étant trop forte. J'avise une infirmière qui nous procure bien obligeamment une chaise roulante. Nous y installons BD, je récupère ses affaires dans un grand sac poubelle et nous sortons ainsi de l'hopital. Chebello amène la voiture devant la sortie et nous réussissons à transférer BD de la chaise roulante à la Ford Focus en 2 ou 3 minutes ponctuées de "Aïe!" de "Ouille!" et autres "pffffffffffffffffff!". Bon, la priorité, c'est les anti-douleurs. Nous repartons donc vers le centre ville, essayer de trouver une pharmacie de garde.
 
Chebello se gare le long d'une longue place toute recouverte de l'abondante frondaison d'immenses platanes. Il doit y avoir plusieurs milliers d'oiseaux dans ces branches à en juger par le vacarme assourdissant dont ils accompagnent le coucher de soleil. Je me mets en quête d'une pharmacie, n'importe laquelle, même si elle n'est pas de garde elle aura la liste des pharmacies de garde affichée sur sa porte. Un couple me dit qu'il y a une pharmacie un peu plus loin dans la même rue. Un petit jogging jusque là et je trouve la pharmacie, fermée mais malheureusement. Je relève l'adresse de la première pharmacie de garde sur la liste et demande mon chemin. Ça semble assez clair. Autant y aller à pied, ça sera plus rapide et plus facile qu'en voiture. Un autre petit jogging et je trouve la pharmacie de garde. Ils ont tout ce qu'il me faut et je retourne à la voiture au petit trot.
 
Entre temps les oiseaux ont décidé de dormir et la place est beaucoup plus silencieuse quand j'arrive à la voiture. On donne immédiatement un cacheton à BD et nous nous mettons en route, Chebello faisant son maximum pour ménager le grand blessé. Le temps de faire la route et l'anti-douleur semble commencer à faire effet. BD est un peu plus détendu et moins sensible aux mouvements de la voiture. Il sera même capable de s'extraire de la voiture et de monter les escaliers qui montent au gîte.
 
Entre temps les autres sont partis chercher de la bouffe à emporter dans le petit bar où nous avons dîné la veille. Ces enfoirés, ils sont allés voir la serveuse sans nous.
 
 Ils reviennent enfin avec des victuailles et nous dînons avec appétit, notamment BD qui n'a rien mangé depuis le matin même. La télé est allumée pour que l'on voit la météo. Arrive un clip de la prévention routière régionale où une caméra subjective suit une route viroleuse et... se sort dans le ravin dans un virage à gauche. C'est l'éclat de rire général, celui de BD étant tout de même entrecoupé de râles de douleur.
 
Il va être temps d'aller au lit pour se remettre de toutes ces émotions. Je file ma chambre avec le grand lit à BD et m'installe avec Glotton, le seul non ronfleur de la bande. Demain est un autre jour et demain l'Escorial nous attend... mais il n'est qu'un prétexte pour faire une large boucle sur des routes fabuleuses.
 
Ninou

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MessagePosté le: 14 Jan 2007, 16:16    Sujet du message: Répondre en citant

MARDI
 
Réveil tardif et relax aujourd'hui encore. JP se dévoue gentiment pour faire l'impasse sur la journée de roulage et rester à la maison pour s'occuper de son Roudoudou au cas où. Une bonne nuit de repos a fait du bien à BD et une journée à se reposer et se faire gâter (ça change de pourrir) par JP contribueront à l'amélioration de son état.
 
Par contre, événement fâcheux, il n'y a plus d'eau courante! Allons bon! Renseignements pris auprès de la proprio, il semble que tout le village souffre de cette avarie. Elle m'assure qu'ils sont en train de réparer et qu'on devrait de nouveau avoir de l'eau dans la journée.
 
Après le petit-déjeuner c'est donc à 5 que nous partons pour l'Escorial. Le début du parcours est le même que la veille, pourquoi se priver de 25 km de circuit? Mais à la différence de la veille, au lieu de quitter le circuit après Hoyocasero pour de pittoresques routes à chèvres, on reste sur le circuit
pour 30 km de plus!
 
Ça monte, ça descend, ça vire à droite, à gauche... Le bitume est parfait et l'on côtoie le rail et la ligne médiane sur le fil de trajectoires diverses et variées, au grè des enchaînements capricieux de virages. Glotton sera mon compagnon d'équipée, ayant le bon goût de rester scrupuleusement dans sa voie et de ne pas me passer quand il revient sur moi dans les bouts de droit. On s'amuse bien.
 
Je laisse le groupe se reformer lors de la traversée des villages. Après une indigestion de 55 km de virolos non-stop, nous arrivons à Navaredondilla. Après ça une liaison de 12 km nous permet de nous reposer un peu et de rouler tranquille en groupe pour rallier la N403 à San Juan de las Navas.
 
Une nationale, mais une nationale comme on les aime! Revêtement de rêve et superbes virages pour les 6 km qui constituent la fin de la descente du col de la Paramera, puis une petit ligne droite pour se regrouper avant d'attaquer 6 km de plus se tortillant le long du reservoir de Burgo.
 
Après 14 km sur la nationale, il est temps de prendre la AV504, une charmante petite route étroite et un peu bosselée qui nous amènera sur 8 km à travers les champs d'oliviers et de vignes basses (qui croissent à même le sol, sans être supportées par des tuteurs) jusqu'à Cebreros.
 
Nous ferons halte à Cebreros, charmant petit village au milieu de la montagne, entourés de champs d'oliviers et de vignes basses. Nous avisons une terrasse et nous y asseyons pour nous rafraîchir. Mes compagnons s'absentent à tour de rôle pour s'acquitter de leurs dûs matinaux dont il n'ont pu s'acquitter au gîte, faute d'eau courante.
 
Glotton se sent beaucoup plus en forme que la veille. Il se plaint d'ailleurs que je le bouchonne en entrées de virages quand il est derrière moi car je
freine progressivement plutôt que fort et tard. Qu'à cela ne tienne mon petit Glotton... En partant d'ici on attaque ce que j'ai pompeusement décrété être "mon circuit personnel" et je lui promet de faire en sorte de ne le bouchonner ni en entrée ni en sortie de virage. Non mais!
 
Nous repartons donc de Cebreros par l'excellentissime AV502 dont le départ est marqué par un panneau donnant une vitesse conseillée de 70 km/h sur les prochains 20 km. Fidèle à ma promesse. je laisse Glotton un peu en retrait de façon à le laisser freiner aussi tard et aussi fort qu'il le désire en entrée de virage. La route serpente au milieu des rochers et des pins parasols puis finira par s'élever pour déboucher sur une végétation plus clairsemée mais toujours aussi rocheuse.
 
Après cette super-spéciale, nous attendons que le groupe se reforme puis prenons la route de l'Escorial, la C505 qui se transforme en M505 en arrivant dans la province de Madrid. La première partie est très roulante et nous permet de nous relaxer et rouler en groupe au milieu des pins pendant une quinzaine de km.
 
Dès qu'on entre dans la province de Madrid, la forêt se fait plus serrée, l'ombre envahit la route et commence une série de longues courbes relativement serrées pour descendre jusqu'à un viaduc enjambant une étroite vallée une centaine de mètre plus bas. Après cela, la route continue de tourner un petit moment dans la forêt puis la quitte pour recommencer à grimper vers le col de la Cruz Verde.
 
Glotton et moi nous en donnons à coeur joie sur cette portion assez rapide, puis en arrivant sur le col de la Cruz Verde je lui montre la superbe vue sur l'Escorial que la route domine à ce moment là. Nous nous arrêtons ensuite au col de la Cruz Verde pour attendre nos petits camarade. Nous ne sommes à l'évidence pas les seuls à nous être amusés sur cette route car Ben et Chebello qui arrivent peu après nous, n'ont carrément pas vu l'Escorial! Manquer un monument classé dans la liste du patrimoine de l'humanité par l'UNESCO!
 
Jef nous rejoint et nous prenons la M512 sur la droite pour entamer le chemin du retour qui passera de nouveau par Cebreros, mais par une autre route, et où nous mangerons. Cette route aussi est un véritable régal, superbement revêtue et très technique. Nous la délaissons cependant après une quinzaine de km pour obliquer sur la droite et prendre la M539 qui nous ramènera, le long de ses 22 km, sur Cebreros et dans la province d'Ávila. Elle changera d'ailleurs de nom en chemin pour devenir la AV539.
 
P1010305_resize les célèbres remparts
 
Les célèbres remparts d'Avila
(désolé, on n'a pas de photos de l'Hopital)
 
Sur sa première partie et jusqu'au célèbre radiotelescope de Cebreros, propriété de l'ESA, la route est superbement revêtue et serpente au milieu de pin parasols parsemés sur une herbe dorée ponctué de gros rochers ronds et gris. Puis sitôt après l'entrée du radiotelescope, la route se rétrécit, le revêtement se fait plus rugueux et les pin parasols se pressent et viennent etreindre la route. De cette etreinte la route ne se tire pas indemne car les racines de ses fougueux amants la violente et lui occasionne de nombreuses bosses à sa surface. Nous rejoignons donc Cebreros à un rythme tranquille sur cette dernière portion, ce qui nous permet d'admirer le paysage et d'arriver calmes et sereins, prêts à nous sustenter.
 
Le déjeuner sera fort simple, composé d'une salade et de sandwichs, et le serveur fort antipathique. Tellement que c'en est d'ailleurs très drôle. Nous nous relaxons. Nous avons parcouru 170 km et il nous reste à peine à peine 120 km pour finir cette journée Escorial. Mais il faut bien repartir à un moment ou un autre! Au moment du départ Glotton et Ben échange leurs montures. Sacré Ben! Il arrive toujours à ces fins!
 
Nous repartons donc de Cebreros. Je voulais rejoindre la N403 par une autre route que la AV504 que nous avions prise tout à l'heure mais le centre du village est interdit à la cirulation pour les fêtes du 15 août. Tant pis pour la AV511. Demi-tour donc et nous reprenons la AV504. Après tout elle est tout à fait charmante cette petite route!
 
Glotton et Ben étant prudents sur leur nouvelles montures, je les laisse un peu en retrait et les attend à la jonction avec la nationale. Nous reprenons les même virages qui longe le reservoir de Burgo et enjambons un des ses bras, qui est toutefois à sec, au coeur de ce chaud été. En bas les vaches paissent l'herbe verte qu'a laissé l'eau en se retirant il y a quelque semaines.
 
Juste après le pont, je m'arrête sur le côté de la route pour dire à Glotton qu'il ferait peut-être bien de reprendre son Tuono car nous sommes sur le point de commencer une super-spéciale pas piquée des hannetons. Tout le monde reprend donc sa monture et nous repartons sur la nationale que nous quittons 3 km plus loin pour prendre sur notre gauche la AV902 qui suit les bords forts capricieux du bras principal du réservoir de Burgo. Le revêtement est parfait, mais c'est du serré, de l'enchaînement rapproché, des changements de denivellations incessants... du très technique.
 
Coincés entre les rochers, les pins et l'eau du réservoir en contrebas nous traçons une route fort tourmentée sur une vingtaine de km jusqu'à Navaluenga. Les quelques km de roulant qui nous attendent ensuite jusqu'à Navalmoral de la Sierra sont les bienvenus pour se remettre et se préparer pour la dernière super-spéciale de la journée, une super-spéciale de 55 km, la même qu'au départ ce matin, mais dans l'autre sens. Comme toujours, je laisse le groupe se reformer à chaque fois que nous traversons un village, à savoir 3 fois.
 
Le dernier virolo nous amène à l'entrée du village du gîte où nous retrouvons bientôt JP et BD. BD va mieux, il s'est bien reposé et les anti-douleurs font bien leur effet. JP lui est méconnaissable: il s'est transformé en petite femme d'intérieur! Il s'est occupé de BD, il a fait des courses, il a fait la vaisselle, il a récupéré des récipients d'eau quand celle-ci daignait couler à mince filet et il s'affaire pour préparer la bouffe du soir! Nous sommes tous ébahis et personne autant que Glotton!
 
Il n'y a toujours pas d'eau courante, ce qui est assez fâcheux. Il est encore tôt et Jef, Glotton et moi partons voir ce que donne la piscine municipale. La piscine municipale est ouverte mais déserte, on se demande bien pourquoi avec ce temps. Le pourquoi c'est qu'il est certes plus de 18h mais surtout que la piscine est alimentée directement avec l'eau du torrent qui ne doit pas être à plus de 15 degrès. Très peu pour moi. Je me repose au soleil alors que Jef et Glotton la jouent kamikaze et piquent une tête. Ils n'y resteront cependant pas plus de 2 ou 3 minutes. Jef a amené son gel douche ce qui permet de prendre une douche, sommaire pour moi car l'eau de la douche est aussi froide que celle de la piscine.
 
Pendant ce temps, JP s'affaire et nous prépare avec amour des pates au sel! À moins que ce ne soit du sel au pates! enfin bon, ça a été préparé avec tellement de gentillesse que j'en mangerai une pleine assiette, un peu comme Thérèse dans "le père Noel est une ordure" avec les fameux "Dubiccu de Sofia", "roulés à la main sous les aisselles".
 
La météo annonce de la pluie pour le jeudi et nous décidons donc que demain nous roulerons plutôt que d'avoir la journée de repos. Nous allons ensuite prendre un verre au Drakar, à Hoyos del Espino, autant pour la serveuse que pour le verre d'ailleurs. Puis nous rentrons au gîte pour goûter à un repos bien mérité, surtout que le lendemain nous attend La Alberca, un village médieval au coeur de la Sierra de Francia et surtout entouré de routes absolument fabuleuses.
Ninou

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MessagePosté le: 14 Jan 2007, 16:18    Sujet du message: Répondre en citant

Mercredi:
 
Réveil sans eau ce matin encore, ou si peu, à peine un petit filet! Espérons que ce sera réparé pour ce soir, comme me l'assure la proprio. Un petit
déjeuner, on s'équipe et nous sommes bientôt prêts à partir. Nous laissons BD seul car il a bien récupéré et peut se débrouiller comme un grand, il ne mourra pas de faim. Et puis il faut qu'il s'occuper de rapatrier sa moto... et sa personne.
 
Le ciel est bleu mais on devine de lourds nuage à l'ouest, qui est justement la direction que nous allons prendre aujourd'hui. En partant du gîte,
contrairement aux 2 journée précédentes, nous prenons donc à droite sur la C500 qui nous offre dans cette direction aussi un revêtement superbe et des virolos à gogo. Je m'échappe bien vite avec Glotton, mon compagnon de jeu habituel depuis la veille. Nous laissons les autres finir de se réveiller
tranquillement derrière.
 
Dans un double gauche nous nous retrouvons nez à nez avec un camion qui a dérivé carrément dans notre voie. Heureusement que nous gardons de la marge et nous pouvons ralentir et passer tranquillement sur la droite alors que le conducteur du camion rectifie un peu sa trajectoire en s'excusant. Nous reprenons ensuite notre progression à bon rythme.
 
Sur la fin des 45 km qui séparent le gîte de El Barco de Ávila, les lignes droite se font plus longues et nous coupons pour laisser revenir les autres. Ils ne nous rejoindrons que lorsque nous nous arrêterons à l'entrée de El Barco de Ávila.
 
Nous laissons le vieux château et le pont romain sur notre gauche et continuons sur la C500 en direction de Béjar à une trentaine de km de là. La première dizaine de km est un peu rectiligne, bien que certaines courbes peuvent être amusantes à une certaine vitesse. À partir de Becedas cependant nous sommes de nouveau dans le royaume du virolo à gogo en longeant le versant nord de la Sierra de Candelario.
 
Nous traversons Béjar et prenons la SA220 en direction de Cristobal. Quelques épingles et virages serrés nous permettent de monter sur le plateau qui domine Bejar à l'ouest, puis nous avons droit à une grande ligne droite de 7 ou 8 km. Autant en profiter car quand celle-ci se termine, par un gauche en montée, c'en est fini des lignes doites jusqu'à Sequeros! C'est du "schlaaa! schlaaa" sans discontinuer sur 30 km et sur un revêtement de rêve. Pas le temps de se reposer, c'est changement d'appuis sur changement d'appuis sans discontinuer. Un nirvana motard... Peu m'importe les nuages noirs qui s'ammoncellent au-dessus de nous, je suis bien trop occupé à tracer ma route. Glotton n'est pas bien loin et je suis sûr qu'il apprécie lui aussi cette route de rêve.
 
Nous finissons par arriver à Sequeros où nous ferons une petite pause impromptue pour laisser Ben fumer sa clope et apprécier le temps. C'est nuageux, c'est menaçant, mais il ne pleut pas. À l'est c'est encore relativement dégagé. Je décide donc de faire l'impasse sur la Peña de Francia, un point de vue en haut d'un mont, que l'on atteint par 12 km d'une petite route défoncée et de tirer directement sur l'Alberca. Nous jetterons un coup d'oeil à ce charmant petit village médiéval, puis, au lieu de s'y arrêter manger, nous commencerons la boucle de retour qui nous ramènera à l'est, fuyant autant que faire se peut la pluie qui arrive de l'ouest.
 
Nous atteignons La Alberca après une douzaine de km un peu plus tranquilles. Normalement le centre du village est interdit à la circulation, mais comme je sais que JP refusera de faire les 300 mètres à pied qui nous séparent de la place du village, je m'engage dans la petite rue pavée qui y mène. Au pas, au milieu des locaux et des touristes, nous arrivons sur la place centrale où nous ferons une petite pause photo. C'est dommage, la place est un peu défigurée car ce sont les fêtes estivales et ils ont installé les barrières de protection qui contiennent les vachettes pour l'encierro local.
 
Après cette petite pause nous faisons demi-tour tant bien que mal au milieu de tout ce monde puis reprenons la petite rue en sens inverse pour sortir du village. De là nous partons à l'assaut du col de las Batuecas que nous atteignons après quelques virages sympathiques.
 
De l'autre côté ça descend à pic, ce qui se traduit par une superbe vue sur la Sierra de Francia et par une série de lacets: ligne droite, épingle super serrée. De plus la route est bosselée. J'adopte donc un rythme touristique. À mi-chemin, JP se découvre un amour soudain pour les petites routes bosselées farcies d'épingles et nous passent dans une des lignes doites pour adopter un rythme plus rapide. La CB 500 ça vous change son homme! On ne le retrouvera même pas coincé contre un rail de sécurité, tel que l'a immortalisé une célèbre photo prise sur le mont Faron!
 
Pour ma part, je ne vois que peu d'intérêt à cette série de lignes droites bosselée entrecoupée d'épingles qui s'apparente à des demi-tours dans un mouchoir de poche, à prendre en première donc, et je continue à un rythme tranquille, de même que les autres derrière moi.
 
Nous retrouvons JP qui nous attend à l'entrée du village de Las Mestas, situé juste dans la province d'Extremadura. À la sortie du village, JP a encore envie de jouer et se cale dans ma roue sur les 4 ou 5 km qui nous séparent de la EX204. Arrivé à cette intersection la route est de nouveau large est superbement revêtue. JP rend la main et laisse passser Glotton alors que nous prenons la direction de Sotoserrano.
 
Nous repassons bientôt dans la province de Castille et la route devient la C512. Son changement de nom n'affecte pas sa topologie, c'est à dire un régal de virages.Arrivés à Sotoserrano je m'arrête pour m'enquerir du niveau d'essence de chacun. Glotton et moi venons de passer en réserve, mais il y a une station à une vingtaine de km à peine sur notre chemin, donc pas de problème.
 
P1010313_resize à Avila, encore
 
Vous connaissez pas Avila ???
 
Je repars avec Glotton dans ma roue, mais à la sortie du village je ne vois personne d'autre derrière nous. Nous attendons un peu, puis faisons demi-tour pour voir ce qui se passe. Nous croisons le reste de la troupe. Allons bon! Un nouveau demi-tour et nous rejoignons le groupe que nous dépassons. Les virages reprennent car cette C512 est non seulement aussi tortueuse et bien revêtue que la SA220 mais nous ramène directement sur la... SA220!
 
Orgie de virages jusqu'à la station service, perdue au milieu de nulle part. Nous nous arrêtons pour faire le plein, et alors que nous nous apprêtons à repartir, la CB 500 refuse de démarrer. C'est aussi ce qui c'était passé en partant de Sotoserrano. Mais cette fois, rien à faire elle ne veut pas démarrer. Un coup d'oeil à la batterie nous dévoile qu'elle n'était pas fixée et qu'elle se balade de droite à gauche au fil des virages. Et avec les routes qu'on a prises, elle a cogné sans arrêt. Elle est brûlante. Le régulateur n'a pas dû apprécier le traitement non plus... Nous décidons donc de laisser la moto sur-place, avec l'accord du pompiste. JP reviendra la chercher avec la remorque. En attendant il rentre en tant que passager avec Chebello.
 
Nous repartons donc avec une moto de moins. La station est située au milieu des virolos. Ça repart donc de suite de plus belle. Le mec en duo sur la grosse BM doit encore halluciner, surtout qu'on l'avait passé avant de s'arrêter pour prendre de l'essence. Glotton et moi le passons de nouveau. Puis nous nous arrêtons à une intersection pour attendre le reste de la troupe. Il nous repasse donc. Ce qui fait qu'on le repassera une 3eme fois peu de temps après!
 
Quoi qu'il en soit, la super-spéciale continue jusqu'à la grande ligne droite qui va nous ramener à Béjar. Elle est bienvenue et nous permet de nous reposer et de laisser le groupe se reformer.Le ciel est toujours aussi menaçant et progresse dans la même direction que nous, mais pour l'instant, pas de pluie.
 
Après avoir passé Béjar, c'est reparti pour une spéciale d'une quinzaine de km jusqu'à Becedas, puis nous enroulons tranquillement jusqu'à El Barco de Ávila. Nous ne sommes plus qu'à une quarantaine de km du gîte mais nous nous arrêtons pour manger, car nous n'avons pas encore déjeuner!
 
Quelques gouttes commencent à tomber alors que nous garons les motos à côté de la petite place centrale dont l'un des coins est occupée par la maison natale d'un compagnon de voyage de Christophe Colomb. Nous nous retrouvons dans un restaurant plutôt chic et gastronomique. Il est plus de 15h mais c'est l'heure espagnole et le restau est plein. Les mets ont l'air tous plus délicieux les uns que les autres. Nous faisons notre choix. C'est très bon et très bien présenté. Nous ferons même des photos pour montrer à BD, car, il ne faut pas l'oublier, nous sommes avant tout des enfoirés de première!
 
Quand nous sortons du resto, il pleuviote un peu mais c'est très localisé et la route est sèche en sortant du village. JP change de cavalier et monte avec Ben sur la Gertrude. Je lance la dernière spéciale de 30 km avant le gîte. Mes pneus sont en train de vraiment rendre l'âme après cette journée tout en virolos. Ils étaient déjà limites en repartant de l'Ardéchoise, mais là, après 3 jours et près de 900 km de roulage ils sont complètement finis.
 
Depuis la veille déjà, je compose avec eux en dosant mes freinages et accélérations sur l'angle, mais là c'est vraiment la fin. La moto vibre et mes trajectoires se font imprécises. Je ne peux les assurer qu'avec une marge de 50 cm. C'est trop pour rouler vite tout en se gardant une marge. Je décide donc de laisser passer Glotton pour ne pas le bouchonner et le laisse s'éloigner un petit peu. Je le rejoins à l'entrée du village suivant, puis me met dans sa roue pour finir cette journée intense de roulage jusqu'au gîte à une douzaine de km de là.
 
Nous voici de retour au gîte où nous retrouvons BD, qui continue de se rétablir à vue d'oeil. Il y a enfin de l'eau et la douche est la bienvenue. Un peu de farniente, un peu de télé pour vérifier la météo et puis nous allons casser la graine au Drakar et faire du charme à la serveuse.
 
Retour tranquille au gîte. Demain c'est jour de repos, mais il y a des choses à faire. JP doit aller chercher sa moto et Ben et moi devons aller faire changer le pneu arrière de nos montures. Je vais faire monter le vieux Pilot Power que Glotton avait changé pendant l'Ardèchoise et que je lui avais demandé d'amener, au cas où. Il a largement de quoi faire la dernière journée et mon retour sur Madrid. Le pneu avant aussi est bien usé, mais il faudra faire avec.
 
Il est temps d'aller dormir. Demain est un autre jour...
 
Ninou

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MessagePosté le: 14 Jan 2007, 16:18    Sujet du message: Répondre en citant

Jeudi:
 
Réveil encore plus paresseux que d'habitude aujourd'hui, puisque c'est journée de repos. Il faut cependant que je m'occupe de mon pneu. Je tente de voir s'il y a un garagiste dans le coin qui pourrait changer mon pneu, mais ça ne semble pas être le cas. Comme Ben doit de toutes façons aussi changer de pneu et que lui doit acheter son pneu, autant l'accompagner à Ávila l'endroit le plus proche où trouver un concessionnaire ou garagiste moto.
 
Le temps est menaçant, très noir sur les cimes au sud, mais il ne pleut pas. Ceci dit, je ne peux pas rouler avec les pneus dans l'état où ils sont, encore moins s'il commence à pleuvoir, et il faut que je trimballe le Pilot Power de Glotton pour le faire poser à la place du mien. Nous décidons donc de charger la R1 dans le combi VW de Ben. Ben ira à Ávila avec la Gertrude et je conduirai son combi tout neuf.
 
JP va lui aller avec Jef chercher la pauvre CB 500 abandonnée dans un station service à une centaine de km de là. Quant à Chebello et Glotton, n'ayant rien de spécial à faire, ils vont nous accompagner à Ávila pour faire du tourisme.
 
Arrivés à Ávila nous nous séparons et nous donnons un vague rendez-vous. Ben et moi partons en quête d'un concessionnaire. La tâche sera ardue. Nous tournerons pendant plusieurs heures. Les concessionnaires ou garagistes qui ne sont pas fermés pour les vacances d'août,n'ont pas de pneu pourla Gertrude. Faut dire qu'elle est équipée d'une taille de pneu pas très standard la grosse teutonne qui louche. Nous finissons par trouver un petit garage moto qui accepte de changer mon pneu pour y mettre le vieux pneu du Glotton. Cette dèche!
 
La moto sera prête ce soir. Nous déchargeons la R1 et la laissons avec ce sympathique garagiste. Par contre il n'a pas de pneus en stock pour Gertrude. C'est maintenant l'heure de la pause déjeuner et tout est fermé et nous ne sommes pas plus avancés. Autant retourner vers la partie historique de la ville pour déjeuner et peut-être retrouver Chebello et Glotton.
 
Nous les retrouvons attablés en terrasse sous les remparts. Les nuages sont bloqués sur les hautes cimes au sud de la Sierra et à Àvila il fait beau. Nous les joignons donc pour un sympathique déjeuner. Glotton tombe amoureux des bouteilles d'eau qui nous sont servies et achètera les bouteilles vides 2 euros pièce. Le temps de prendre 2 ou 3 photos et nous quittons nos compagnons, pour repartir en quête d'un pneu pour Gertrude.
 
Après de nombreux essais infructueux nous finissons pas trouver un grossiste en pneu qui à un Pilot Road à la bonne taille en stock, mais pas à Ávila, à San Martin de Valdeiglesias, à 60 km de là. Bon, y a pas vraiment d'autre solution et de toutes façons il faut attendre jusqu'à ce soir que la R1 soit prête. Nous lui disons de nous garder le pneu et nous mettons en route avec le combi pour San Martin de Valdeiglesias.
 
Il fait beau et la nationale monte, descend et serpente pour passer le col de Paramera puis longer le réservoir de Burgo. De robustes petit chênes au
feuillage foncé parsèment l'herbe dorée par le chaud soleil estival et les gros rochers gris.
 
P1010312_resize Olivier, il adore, il va en emporter deux
 
Les fameuses bouteille d'eau d'Avila
 
Nous arrivons à San Martin de Valdeiglesias et trouvons l'endroit sans trop de problème. Le pneu est prêt et nous attend. Ils ne nous font pas payer, nous paierons le garagiste directement. Nous repartons donc pour Ávila avec le précieux pneu. Nous retournons chez le garagiste. La R1 est prête et le garagiste se met de suite en besogne pour changer le pneu de la Gertrude.
 
Le temps de charger la R1 dans le combi et la Gertrude est prête. Le garagiste ne nous fera même pas payer le changement de pneu sur la Gertrude. Par contre c'est un Pilot Road plaqué or qui a été réservé à la Gertrude: 237 euros le Pilot Road! Mon cher pneu!
 
Enfin bon, il est 19h et nous repartons pour le gîte. Ben décolle avec la Gertrude pour pouvoir s'amuser avec son nouveau pneu dans le col de Menga. Je me dis que ça serait amusant que la R1 le pourrisse en étant dans le combi VW. Mais il met direct gros gaz dans la grande ligne droite à la sortie d'Ávila.
 
Quand j'arrive au gîte tout le monde est là. La CB 500 a été rapatriée, mais elle n'est pas réparable. Nous avons cherché un régulateur dans un concessionnaire honda à Ávila mais ils n'en avaient pas en stock. Nous avons aussi cherché une casse, mais il n'y a pas de casse à Ávila.
 
Dans ces conditions, comme il ne peut pas rouler, JP repartira demain matin, ce qui lui permettra d'éviter le gros des bouchons du week-end. BD lui aussi a arrangé son rapatriement en avion de même que celui de sa moto. Après un départ avorté aujourd'hui pour cause d'incompréhension avec le taxi qui devait l'amener à l'aéroport de Madrid, rendez-vous est pris pour le lendemain matin.
 
Il est bientôt 9h et c'est l'heure de notre dose de charme féminin quotidien. Direction le Drakar donc, pour le dîner. Jef ne nous accompagne pas, il est fatigué et part se coucher à l'heure des poules suisses plutôt qu'espagnoles.
 
Une fois de retour nous regardons un peu la télé espagnole. La météo est mitigée pour le lendemain, une journée qui doit nous conduire à Guadalupe lovée au coeur de la Sierra du même nom et dont le monastère est classé au patrimoine de l'humanité de l'UNESCO. Et puis surtout, les routes qui l'entourent sont un véritable régal! On verra bien si nous avons de la chance avec le temps. En attendant, tout le monde au lit!
 
Ninou

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MessagePosté le: 14 Jan 2007, 16:20    Sujet du message: Répondre en citant

Vendredi:
 
BD est déjà parti lorsque nous nous levons. Il est parti sans dire au revoir à personne cette espèce d'ours mal léché!
 
JP prépare son départ. Jeff lui, a étudié le road-book et, voyant que nous croisons l'autoroute de Madrid à Talavera la Reina décide lui aussi de tracer aujourd'hui vers sa Suisse natale. Il est le seul à rentrer à moto et il a plus de 1600 km à faire! Il nous accompagnera donc pour la première partie de la matinée, puis prendra l'autoroute à Talavera de la Reina. Nous finirons donc ensuite cette Espingouine à 4 motos.
 
Le temps est toujours menaçant au sud, derrière les hauts pics de la Sierra. Or c'est au sud que nous allons justement. Ésperons que nous continuerons à avoir de la chance et qu'après avoir passé la Sierra de Gredos le ciel soit plus clair.
 
Nous disons au revoir à JP et nous mettons en route pour cette dernière journée de roulage de l'Espingouine, la plus longue aussi puisqu'est elle fait 400 km. Dès le départ c'est notre circuit, maintenant habituel, de la C500 sur 13 km. Puis nous prenons à droite sur la N502 pour le premier morceau de bravoure de la journée: le col du Pico!
 
Le ciel est menaçant mais la route est sèche quasiment partout. Je distance rapidement Glotton qui semble avoir du mal à se réveiller. Ma moto marche beaucoup mieux avec le "nouveau" pneu mis la veille.
 
Après ces superbes 20 km, le fun continue pendant 7 km de plus jusqu'à Ramacastañas. Après ça, arrive la partie ennuyeuse de la journée, une cinquantaine de km sur le plat. Pas moyen d'y échapper, il faut bien passer de la Sierra de Gredos à la Sierra de Guadalupe, et, pour ce faire, traverser le plateau, au coeur duquel se trouve Talavera de la Reina. Le ciel se dégage sur le plateau.
 
Après une trentaine de km, un peu avant l'entrée de Talavera, nous croisons l'autoroute de Madrid. C'est là que Jef va nous quitter. Nous nous arrêtons pour lui dire au revoir et lui souhaiter bonne route sur la vaillante NTV, chargée jusqu'à la gueule.
 
Après ça, les 4 rescapés que nous sommes continuons notre route vers la Sierra de Guadalupe après avoir traversé Talavera de la Reina et ses ruines romaines. Plus qu'une vingtaine de km un peu chiants et à peine agrémentées de quelques courbes... en guise d'apéritif à ce qui va suivre.
 
À partir de Alcaudete de la Jarra les choses changent. Nous attaquons les premières rampes de la Sierra de Guadalupe par l'intermédiaire de grandes courbes rapides. Il convient toutefois de modérer son enthousiasme car la route, bien que fort bien revêtue en général, est barrée de raccords assez proéminents en plein milieu des grandes courbes, probablement le résultat de drains ayant été installés après que la route ait été terminée. Attention donc car ces raccords sont suffisamment grossiers pour destabiliser la moto alors en plein angle. Même si ça pourrait passer à 220, nous nous contentons d'un petit 180, beaucoup plus gérable.
 
À la fin de ces grandes courbes nous nous arrêtons boire un coup dans le petit village de La Nava de Ricomalillo. La Sierra de Guadalupe est elle aussi couronnée de nuages menaçants mais ils sont entrecoupés de coins de ciel bleu. L'espoir est permis. La pause nous permet de nous préparer pour ce qui suit et qui est la récompense de la cinquantaine de km un peu chiants que nous avons dû subir pour arriver là.
 
Et ce qui suit c'est 70 km de super-spéciale jusqu'à Guadalupe! Le revêtement est superbe, ça tourne sans arrêt dans tous les sens, le paysage est sauvage et grandiose. Nous nous en donnons à coeur joie. Je laisse Glotton recoller les quelques fois où il décroche un peu et nous dévorons ces 70 km en ouvrant la poignée de gaz avec gourmandise mais avec des trajectoires de fins gourmets. Rhâââaaaa! Lovely!
 
Nous arrivons ainsi à Guadalupe et garons les motos sous l'un des pans de l'imposant monastère dont nous ferons le tour à pied. On peut bien s'adonner à un peu de culturel après avoir assouvi nos instincts motards les plus bestiaux.
 
Nous nous installons à la terrasse d'un petit restaurant à côté du monastère et de la place centrale. Le ciel se fait de plus en plus menaçant mais il ne
pleut toujours pas. Chebello fait un repas pantagruelique, ce que nous pouvons prouver, photos à l'appui.
 
Nous visitons la cathédrale avant de repartir. Elle est d'ailleurs enjolivée de grandes orgues fort belles et j'ai une pensée pour BB en les admirant.
Il faut pourtant bien repartir car il nous reste 210 km dont 180 de spéciales! Dès la sortie de Guadalupe commence d'ailleurs une fantastique spéciale de 45 km!
 
Il a légérement plu récemment et la route est un peu humide par endroits. Cela semble poser problème à Glotton et je m'échappe donc pour me délecter de cette spéciale. Il n'est cependant pas loin et me rejoint dans les rares bouts de droit. Le ciel s'éclaircit alors que nous descendons en altitude et progressons vers le plateau qui nous sépare de la Sierra de Gredos.
 
Nous sortons bientôt de la Sierra de Guadalupe par une longue descente qui nous amènera le long du reservoir de Valdecañas qui emprisonne les eaux du Tage que nous passons sur un pont à fleur d'eau.
 
Après avoir passé Navalmoral de la Mata nous avalons une vingtaine de km un peu ennuyeux jusqu'à Talayuela, après quoi nous attaquerons les basses rampes de la Sierra de Gredos pour aboutir à Jarandilla de la Vera. Après quoi nous longerons le versant sud de cette Sierra pendant 70 km pour rejoindre le Col du Pico.
 
Le ciel est cependant on ne peut plus noir sur Jarandilla. Nous prenons le risque en comptant sur notre bonne étoile qui ne nous a pas abandonné tout au long de cette Espingouine.
 
P1010326_resize a Guadalupe
 
Guadaloupe dernière escale avant la douche
Ca change d'Avila hein ...
 
Las! Les premières gouttes commencent à tomber dès après Talayuela et nous finissons par nous retrouver sous un déluge en arrivant à Jarandilla. Il faut faire contre mauvaise fortune bon coeur et continuer notre route. Il n'y a pas d'autre solution pour rentrer au gîte, il faut passer par le col du Pico,
c'est le seul endroit pour passer du versant sud au versant nord de la Sierra. Il nous faut donc longer ce versant sud auquel sont accrochés ces lourds
nuages noirs qui deversent sur nous leur humide frustration de voir leur chemin barré par ces impudentes montagnes. Ils mourront sur place mais non sans avoir épanché leur amertume sur nous.
 
Nous sommes vite trempés sous ce déluge. On y voit pas à 20 mètres. Nous nous efforçons de rester en groupe. Je roule sur des oeufs avec mes pneus usés, notamment le pneu avant. Il pleut tellement fort que les disques de freins sont trempés et qu'il faut d'abord qu'ils sèchent avant de commencer à freiner. À tel point que en rentrant dans les courbes sur un filet de freins en fait on ne freine pas et la moto semble se refuser à tourner. Je pense même avoir crevé et m'arrête pour vérifier avant de comprendre ce qui se passe.
 
Et puis peu après il me semble perdre en puissance moteur: j'accélère et rien ne se passe ou si peu. Voila qui est inquiètant! Un problème d'injection? Et puis je comprends ce qui se passe: j'ai régulièrement enduit mes gants de crème hydratante pour les assouplir et éviter qu'ils ne se craquèlent en séchant car je transpire des mains et ils passent donc par un cycle mouillé-sec à chaque fois que je les utilise pour une balade, c'est à dire souvent. Toujours est-il qu'il sont maintenant plein d'eau et que l'eau fait ressortir la crème hydratante: le résultat, ce sont des gants aussi glissants que des "gants en peau de pêche" pour reprendre une expression chère à Jean-Michel Larqué quand un ballon s'échappe des mains d'un gardien de but. Me voila quasiment incapable d'accélerer, et même lorsque que j'y arrive l'accélerateur glisse tout seul dans ma main pour retourner à sa position initiale!
 
Bref, entre ça, les disques de freins mouillés en permanence, les torrents d'eau sur la route, les pneus usés et la visibilité quasiment nulle c'est à un véritable numéro d'équilibriste qu'il faut s'adonner. Sans compter que cela nous gâche une superbe spéciale de 45 km!
 
La pluie cesse enfin un peu après Candeleda. Ça nous permet de profiter un peu mieux de la mini-spéciale de un peu avant Arenas de San Pedro. Je fais halte à Arenas de San Pedro. Mais Glotton veut continuer. Nous sommes trempés, autant rentrer le plus vite possible. Le temps pour Ben de griller une demi-clope et nous repartons pour le col du Pico.
 
Malheureusement la pluie reprend alors que nous abordons le col, ce qui nous prive d'une autre super-spéciale, la même que le matin mais dans l'autre sens. Après avoir redescendu le col nous arrivons enfin à la jonction avec la C500 qui nous ramènera au gîte. Plus que 13 km donc.
 
Oui mais voila, nous arrivons juste derrière une course cycliste! Nous voila donc coincés derrière la fourgonnette balai de la course et 2 motards de la Guardia Civil! Il pleuviote, nous sommes trempés, il fait froid et nous voila forcés d'aller au rythme des plus boulets d'une course cycliste amateur dans une montée de col!
 
Glotton bout! Ben s'arrête au bout d'un moment pour griller une clope. De temps à autre la fourgonnette s'arrête et receuille un des cyclistes qui a décrété qu'il en avait assez de pédaler comme un con. Les portes s'ouvrent et les autres infortunés qui avait abandonné avant font une place au nouveau venu et à son vélo. Ils commencent d'ailleurs à être serrés là dedans!
 
Au bout de 7 ou 8 km, un des motards nous laissent finalement passer et nous dit de le suivre pour doubler les attardés. Nous arrivons enfin au gîte, trempés et transis! Quelle fin apocalyptique à cette Espingouine!
 
J'ai du mal à m'extraire de ma combi et Chebello m'aide. Je me sèche et part me réchauffer au lit en attendant que Glotton ait fini de prendre une douche chaude et réconfortante. Chebello et Ben se partageront de même la salle de bain du haut. Quand Glotton a fini c'est avec délice que je reste sous l'eau chaude pendant une bonne vingtaine de minutes. Quel bien ça fait!
 
Les douches chaudes ont effacé en un rien de temps l'epreuve subie. Mes compagnons ont décidé de repartir ce soir et rouler de nuit pour éviter les bouchons du week-end. On charge donc les motos et les affaires. Puis il est temps pour un dernier dîner au Drakar.
 
Retour à la maison et il est l'heure de se séparer. Je souhaite donc bonne route à mes compagnons d'Espingouine qui vont remonter sur Paris au milieu de la nuit. Pour ma part je mets du bois dans le poêle et commence un feu pour aider à sécher mes affaires trempées. Elle n'ont que la nuit pour sécher car je repars chez moi le lendemain matin.
 
Je regarde un peu la télé enrobé de la douce chaleur que dégage le poële, puis part me coucher, la tête plein de souvenirs de cette Espingouine 1 qui s'achève à peine.
 
Ninou

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MessagePosté le: 14 Jan 2007, 16:21    Sujet du message: Répondre en citant

Samedi:
 
Je traîne au lit ce matin. Quand je me lève enfin c'est un superbe soleil qui m'accueille et le ciel, lavé de toutes ses impuretés, est clair est bleu. Quel
plaisir de pouvoir rentrer sous ce beau soleil, d'autant que mes affaires sont quasiment sèches.
 
Je fais un peu de rangement dans le gîte, prépare mes affaires et charge la moto. Puis je vais dire au revoir aux proprios, si gentils et discrets. Il est un
peu plus de midi quand je pars. Une douce chaleur tombe déjà sur la Sierra après le froid de la veille.
 
Mon retour à Madrid me mènera sur 200 km sur les mêmes routes que nous avons prises pour la journée de l'Escorial. J'enroule sous le beau soleil et je croiserai pas mal de moto, week-end estival oblige. C'est sur ces dernier 200 km de virolos que s'achève cette Espingouine pour moi et que s'achèvent aussi 2 superbes semaines de roulage, de complicité, de mauvaise foi et de fous rires.
 

mini-P8170606 on n'ose pas les déranger
 
Ciao les chats ...
 
Il me reste à remercier les courageux participants à cette aventure que fût l'Espingouine. Je crois qu'ils ont été récompensés de leurs efforts par des routes et paysages qui valent un petit détour.
 
Merci à BD de s'être laissé convaincre de nous accompagner pour notre plus grand plaisir (egoïste) d'avoir sa compagnie. Quel enthousiasme dès la première journée de roulage! Peut-être un petit peut trop... Quel dommage qu'il ait raté les plus belles routes. J'espère qu'il aura l'occasion de faire toutes ces routes qu'il a ratées lors de cette première Espingouine.
 
Merci à JP aussi pour être venu avec son CB 500 en développement, de s'être dévoué pour dorloter son roudoudou le mardi, d'avoir enervé le Glotton avec toute la finesse de l'orient et de nous avoir fait découvert les pates au sel! On a bien ri avec l'adjudant JP! Dommage qu'il n'ait fait que la moitié des roulages. J'espère que lui aussi pour faire ce qu'il n'a pas fait lors de cette édition.
 
Merci à Jef, recipiendaire du "Ninou d'Or de la Liaison pas de Pédé". Suisse - Ardèche un vendredi soir après le boulot. Ardèche - Espagne en voiture le lendemain. Puis retour à moto Espagne - Suisse! Bravo pour l'effort. J'espère qu'il aura été récompensé de ses efforts même si ces liaisons l'ont forcé à prendre la NTV plutôt que la CBR avec laquelle il se serait beaucoup plus amusé sur les superbes routes bien revêtues. D'autant que la NTV semblait souffrir d'une direction exagérément vive. Enfin, il a évité la saucée du vendredi!
 
Merci à Ben d'avoir décidé de roder son nouveau combi VW en descendant rouler avec nous en Espagne. Un combi plus grand ou une moto moins monstrueuse et il aurait même pu en faire profiter un petit copain!´Enfin, on le croyait perdu pour la moto, mais il a ressuscité en Espagne. Ça mérite bien que la Gertrude Grise de Gredos devienne aussi célèbre que la Vierge Noire de Guadalupe!
 
Merci à Chebello, toujours partant pour aller rouler avec les potes, du fin fond de son est lointain et froid. Il s'est fourvoyé sur la voie du twin poussif mais on lui pardonnera cet écart qu'il rattrape par sa gentillesse et sa disponibilité de tous les instants. Il aura bien profité des routes et de la gastronomie locale. C'est bien simple, quand Chebello ne mange pas c'est qu'il a faim! Ça n'est pas le bruit du twin qu'on entend en le suivant, mais son estomac reclamant pitance!
 
Et puis merci à Glotton,  Un peu maniaque avec son étron poussif mais tellement généreux avec son forfait téléphonique, même s'il veut s'en cacher.
Merci à lui pour m'avoir attendu de derrière tout ce temps! Un trésor de patience ce Glotton! Des trajectoires de plus en plus fignolées, un respect scrupuleux de la ligne médiane, une retenue de bon aloi dans les bouts de droit... ce fut un plaisir de rouler avec lui!
 
Merci à tous et j'espère que l'appel des routes que nous avons partagées sera assez fort pour me donner l'occasion de rouler de nouveau avec vous dans les sierras de la Cordillière centrale.
 
Ninou

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MessagePosté le: 08 Fév 2007, 21:19    Sujet du message: Répondre en citant

 
 
 

Des photos dans l'album
 
P1010310_resize Il y en a fallu du temps, pour qu'on pense à utiliser le retardateur
 
Ben, Ninou, Glotton et Chebello
Derrière, devinez quoi :
Les Remparts d'Avila !!
 
 
 
 
 
 

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